Attaque-surprise du Hamas: l'armée israélienne regardait ailleurs

Photo de couverture de l'AFP. Des soldats israéliens dans des véhicules blindés circulent près de la ville nord de Kiryat Shmona, près du Liban, le 10 octobre 2023.

Mardi le 10 octobre 2023, à 15:00

Pour mieux comprendre le conflit entre le Hamas et Israël, Jérôme Blanchet-Gravel s’est entretenu avec Alexandre Aoun, analyste géopolitique du Moyen-Orient. Selon lui, une offensive terrestre à Gaza n’est pas sans risque pour Israël.

 

«La violence appelle la violence», résume notre invité Alexandre Aoun. Analyste géopolitique indépendant du Moyen-Orient, il observe que plusieurs facteurs ont permis au Hamas de mener cette opération surprise sans que ses membres ne soient interceptés par les forces de sécurité israélienne.

 

«Israël va frapper fort»

 

«D’une part, il y avait la fête juive, durant laquelle les soldats israéliens ont une sorte de permission. Une partie du régiment n’était pas dans les casernes. […] D’autre part, l’actualité interne en Israël et en Palestine était focalisée sur la Cisjordanie où il y avait des heurts entre les colons israéliens et les Palestiniens […] Beaucoup de régiments basés à Gaza ont été dépêchés vers la Cisjordanie», explique Alexandre Aoun, qui insiste aussi sur l’actuelle concentration des services de renseignement américains en Ukraine.

 

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Pour le journaliste franco-libanais, les chances sont grandes que Tsahal intervienne rapidement par la voie terrestre à Gaza, mais l’opération ne serait pas sans risque pour Israël, qui courrait alors le risque de répéter des erreurs stratégiques commises en 2006 durant l’Opération Pluies d’été, l’une des rares incursions terrestres de l’armée israélienne sur ce territoire. 

 

Chose certaine, «Israël va frapper fort», anticipe notre invité, surtout que le Premier ministre Benjamin Netanyahu peut compter sur la recrudescence de ce conflit centenaire pour «refaire l’unité du pays».