Railler la famille avec l’argent des contribuables

Capture d'écran du Bye Bye 2025 de Radio-Canada.

Lundi le 5 janvier 2026, à 09:30

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Railler la famille avec l’argent des contribuables
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Guerre contre la famille: pourquoi l’État finance-t-il des contenus qui tendent à fragiliser ce qui assure la survie de notre propre peuple?

 

Je ne suis pas pour encadrer l’humour, encore moins pour censurer des humoristes. Je ne crois pas que l’État ou une autorité quelconque (religieuse, morale ou gouvernementale) doive déterminer ce dont on peut rire. À ce titre, les attentats de 2015 contre Charlie Hebdo restent tragiquement instructifs.

 

En revanche, je suis pour une saine gestion de notre argent.

 

Dans cette perspective, le sketch du Bye Bye 2025 consacré à la «famille traditionnelle» interpelle. On y moque la famille nombreuse, associée à la «femme au foyer» esclave de son péquenaud et «mâle alpha» de mari. 

 

Indépendamment de son efficacité humoristique (jugée très bonne par plusieurs internautes), il soulève un malaise dans le contexte d’une dénatalité marquée et, plus globalement, d’une perte de sens de la famille.

 

Dénatalité record

 

En 2024, le taux de fécondité au Québec a atteint un creux historique avec une moyenne de 1,33 enfant par femme. 

 

Dans une société confrontée à un tel déclin démographique, les messages transmis par les institutions – via l’humour ou des voies plus officielles – sont importants, voire déterminants. Le discours public influence les normes et les comportements.

 

Tant mieux si ce sketch du Bye Bye a pu faire rire dans un climat morose, mais il n’est pas innocent: il en dit long, hélas, sur la mentalité de notre petit establishment.

 

Guerre à Noël

 

On se souvient de cette publicité officielle du gouvernement du Québec mettant en scène l’humoriste François Bellefeuille. Dans cette pub de 2020, les rassemblements familiaux des Fêtes étaient présentés sous un jour essentiellement contraignant.

 

La préparation y apparaissait comme une corvée. Les proches étaient dépeints comme ringards, maladroits et pénibles. 

 

Capture d'écran.

 


Dernière tradition encore en vie au Québec, Noël devenait désuet et superflu dans cette guerre à peine dissimulée des grands médias et de l’État contre cette célébration.

 

Cette capsule n’est pas non plus idéologiquement neutre. En filigrane, le message est clair: la famille est un frein à l’épanouissement individuel et une source constante de malaise.

 

Distanciation sociale et familiale 

 

Il vaudrait mieux rester dans son safe space plutôt qu’être psychologiquement confronté aux membres de sa propre famille. Quelle épreuve!

 

Dans les médias subventionnés et le milieu artistique, bien sûr, on ne dit jamais explicitement qu’il ne faut pas avoir d’enfants et éviter de trop voir ses proches: on sape symboliquement ce qui rend souhaitable et agréable l’idée même de fonder une famille et d’entretenir des liens avec ses parents.

 

C’est un travail de démolition subliminal. 

 

Dans les salons du livre, des autrices amères sont invitées à partager leur rejet de la maternité à travers une myriade de titres dénotant leur mauvaise expérience. Glauque. 

 

Le legs de la Covid 

 

Durant la Covid, cette logique s’est radicalisée: méfiance envers les proches, limitation des contacts sociaux, suspicion à l’égard des rassemblements amicaux et familiaux, stérilité collective. Le tout encouragé par les autorités. 

 

Cet état d’exception a laissé des traces durables dans l’imaginaire collectif. Bref, un état d’exception plutôt permanent. 

 

Ensuite, les pouvoirs publics se diront préoccupés par le déclin démographique, le vieillissement de la population et l’isolement croissant… Hypocrisie ou incompréhension totale?

 

Encore une fois, il ne s’agit pas de remettre en cause la liberté artistique ni de baliser l’humour. Il n’en est pas question. Il s’agit d’interroger ces productions qui, grâce à notre propre argent, érodent les fondements de notre survie en tant que peuple.