Alors que la démocratie vacille un peu partout, le Québec s’apprête à voter au municipal. Plus qu’un simple scrutin local, c’est une occasion unique de renforcer notre culture démocratique, à une échelle humaine.
Par les temps qui courent, l’état de la démocratie inquiète. Et pour cause. Globalement, la liberté de presse recule. Elle atteint un nadir qui nous ramène un demi-siècle en arrière.
Chez nos voisins du Sud, la succession d’attaques, culminant avec l’assassinat de Charlie Kirk, montre que la violence politique y frappe de plein fouet.
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Comme au lendemain de la tragédie du 11 septembre, le monde retient son souffle. Pétris d’une étrange sensation qui prend aux tripes, plusieurs craignent un embrasement.
Et à l’aune des réactions claniques étalées avec une banalité déconcertante sur les réseaux, cette crainte n’est hélas pas complètement infondée.
Un climat mondial sous tension
Et le Québec dans tout ça?
Longtemps, le Québec s’est assimilé, plus ou moins consciemment, à la Comté de Tolkien, ce havre isolé, à l’abri du Mal.
Pourtant, toutes les nations démocratiques traversent un moment charnière. Toutes devront faire des choix face à la tentation totalitaire qui gagne du terrain sur tous les fronts.
Même relativement épargné, le Québec ne fait pas exception. La santé démocratique doit donc figurer sur notre radar collectif.
Ce constat tombe à point nommé: une élection d’importance est à nos portes. L’affirmation peut surprendre, voire amuser, mais nombreux sont ceux qui croient que c’est au municipal que se joue la consolidation démocratique. J’en suis.
Le rôle clé du palier municipal
Dans la foulée des événements récents, quand des voix comme celle du gouverneur Gavin Newsom exhortent les Américains à «se rencontrer au-delà des idéologies, dans la vivacité du débat», je pense spontanément aux conseils municipaux.
Ils constituent le lieu tout-indiqué pour apprendre — ou réapprendre — à se parler entre gens de tous les horizons et de tous les âges.
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Des chicanes de voisins aux poubelles, en passant par la mobilité, les sujets qui nous touchent de près sont aussi ceux qui peuvent le mieux nous rapprocher.
Vous me direz qu’à la lumière du nombre inédit de démissions d’élus qui a marqué le mandat qui s’achève, c’est manifestement raté. Certes, le dialogue a été ardu, à tel point qu’une loi est même venue l’encadrer.
Pas de solution miracle
Ne nous leurrons pas: cette loi ne règle pas tout. Deux raisons principales en attestent.
D’une part, les démissions et les défections s’expliquent moins par la tension avec les citoyens que par l’«impuissance» municipale et la «gouvernance» à revoir, tel qu’énoncé respectivement par François William Croteau et Évelyne Beaudin.
D’autre part, aucune loi ne pourra suppléer à l’introspection et au travail collectif qui s’imposent. La tentation totalitaire, le refus du dialogue et la propension à déshumaniser nos adversaires sommeillent en chacun de nous.
Il faut en prendre conscience pour mieux contribuer à la vie de la cité.
Et s’il est un lieu où nous avons des occasions de déjouer ces pièges, c’est bien au municipal. L’occasion de nous rappeler que derrière les souliers usés, le guidon ou le volant, nous ne sommes que des humains qui tentent de se déplacer d’un point A au point B de façon libre, sécuritaire et — idéalement — responsable.
L’occasion de nous remémorer que le bruit des enfants devrait être de la musique à oreilles. L’occasion de façonner notre territoire pour qu’il soit beau, sain, prospère et convivial.
Rehausser la participation citoyenne
Malgré la profondeur des enjeux, les acclamations sont légion et les taux de participation sont faméliques. Faudrait-il imiter la Suède et tenir tous les votes le même jour pour y remédier? Peut-être.
D’ici là, présentons-nous, engageons-nous et visons surtout à franchir la barre symbolique du 50% de taux de participation.
Après tout, le dernier rempart de la démocratie se trouve peut-être moins à Québec ou Washington, qu’au coin de la rue.













