En Espagne, une série de scandales de corruption éclabousse le gouvernement socialiste de Pedro Sánchez. L’avocate Nouna Lozano l’accuse de vouloir contrôler les médias et de mettre ses proches à l’abri de la justice.
Le gouvernement socialiste de Pedro Sánchez est dans la tourmente.
Une série de scandales frappe de plein fouet l’entourage du président du gouvernement espagnol, allant de sa propre épouse à ses collaborateurs les plus proches, en passant par les organes centraux du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE).
«La femme, le frère, les deux derniers secrétaires à l’organisation du parti socialiste, même le procureur général — tous sont visés par des enquêtes judiciaires», nous explique l’avocate Nouna Lozano, porte-parole de l’organisation Hazte Oír.
Parmi les affaires évoquées, l’«affaire Begoña» (du nom de l’épouse de Pedro Sánchez), les accusations de trafic d’influence, les soupçons de détournement de fonds publics et l’existence potentielle d’une organisation criminelle au sein même du PSOE.
Le tout sous l’œil bienveillant, voire complice, de certains procureurs, selon Mme Lozano: «Le procureur général a été choisi pour sa proximité politique. Il protège le pouvoir au lieu de l’enquêter.»
«Tout un système»
Hazte Oír, organisation conservatrice connue en Espagne, joue un rôle central dans les poursuites actuelles grâce à une disposition du droit espagnol appelée accusación popular, qui permet aux citoyens et aux associations de se constituer partie plaignante dans une procédure judiciaire.
«Ce n’est pas juste une affaire, c’est tout un système. Morale, économique, politique: la corruption est généralisée», dénonce Mme Lozano, évoquant aussi des cas de contrats publics attribués à des «amies spéciales» et des dépenses liées à des prostituées, le tout financé par des fonds publics.
Le Venezuela, les lingots d’or… et le silence des grands médias
L’un des volets les plus troubles concerne le Delcygate, du nom de la vice-présidente vénézuélienne Delcy Rodríguez, accueillie secrètement à Madrid malgré son interdiction d’entrée dans l’Union européenne.
«On parle ici de livraisons de lingots d’or dans des conditions obscures. Le tout, dans une relation très étroite entre le PSOE et le régime de Maduro», affirme Mme Lozano.
Longtemps ignorés par les grands médias, ces dossiers bénéficient aujourd’hui d’une couverture croissante en raison de leur ampleur. Mais le gouvernement Sánchez continue de chercher à restreindre l’espace des «médias libres», notamment via une réforme controversée sur les «secrets officiels».
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Alors que le gouvernement espagnol multiple les discours en faveur des droits des minorités, il renforce dans le même temps les mécanismes de contrôle de l’information.
Sous Pedro Sánchez, la liberté d’expression est en crise au pays de Cervantes, selon Nouna Lozano.
Le pouvoir socialiste chercherait à museler les journalistes indépendants, notamment en modifiant les règlements parlementaires pour expulser ceux qui posent des questions jugées dérangeantes. «Le gouvernement socialiste veut contrôler les journalistes», laisse-t-elle tomber.
Une fin de règne imminente?
«Ce n’est plus tenable», assure Nouna Lozano. Selon elle, la multiplication des procédures pourrait bien précipiter la chute du gouvernement avant la prochaine échéance électorale prévue en 2027.
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Un rapport sévère du Groupe d'États contre la corruption (GRECO), relevant l’inaction du gouvernement face aux recommandations européennes, vient conforter cette impression. «Sánchez ne veut pas lutter contre la corruption: il veut l’encadrer, la dissimuler et punir ceux qui l’exposent», conclut notre invitée.
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