Le ménage de Carney est nécessaire, n’en déplaise aux syndicats

Photo: compte X de Radio-Canada.

Mercredi le 23 juillet 2025, à 14:45

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Le ménage de Carney est nécessaire, n’en déplaise aux syndicats
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À peine Mark Carney annonce-t-il enfin un examen des dépenses publiques que les syndicats montent aux barricades, comme si la moindre économie risquait de provoquer l’apocalypse. 

 

Les syndicats fédéraux s’inquiètent enfin pour l’état des services publics. Il était temps!

 

Après avoir laissé passer sans broncher des centaines de millions en primes, l’ajout de dizaines de milliers de fonctionnaires, des hausses salariales à répétition et des résultats à moitié atteints, voilà qu’ils redoutent maintenant les compressions?

 

Le gouvernement de Mark Carney annonce un examen des dépenses. Et aussitôt, les dirigeants syndicaux à Ottawa s’agitent comme des poules sans tête, jurant que le ciel va leur tomber sur la tête si le gouvernement ose enfin dégager quelques économies.

 

Le mauvais théâtre syndical

 

Le Syndicat canadien de la fonction publique parle déjà de «compressions draconiennes» et promet de «se battre pour éviter les conséquences dévastatrices des coupes de Mark Carney». 

 

Quant à l’Alliance de la fonction publique du Canada, elle affirme que les économies «feront mal à tous ceux et celles qui dépendent des services publics essentiels».

 

Mais si embaucher toujours plus de fonctionnaires et augmenter les dépenses donnaient vraiment de meilleurs résultats, pourquoi faut-il encore attendre des heures pour parler à un agent de l’Agence du revenu du Canada?

 

Et que dire des sociétés d’État comme Via Rail ou Postes Canada, qui ont coûté des milliards aux contribuables au cours des dernières années sans offrir d’amélioration?

 

Ce que les contribuables récoltent en retour de cette frénésie bureaucratique, ce sont des impôts plus élevés et une dette de plus en plus insoutenable.

 

Fonction publique: une explosion sans précédent 

 

Les chiffres sont renversants. En 2016, la bureaucratie fédérale coûtait 40 milliards$ par année. Aujourd’hui, elle nous coûte environ 70 milliards$. Il s’agit d’une hausse de plus de 70%.

 

Voyez-vous une amélioration des services à la hauteur de cette augmentation?

 

Le nombre de fonctionnaires a bondi de 99 000 depuis dix ans. Si Ottawa s’était contenté de suivre la croissance démographique, les contribuables économiseraient 7 milliards$ par année.

 

L’Agence du revenu du Canada est l’un des ministères qui ont le plus embauché: 13 015 employés de plus depuis 2016. Une hausse de 33%.

 

Mais est-ce plus facile de rejoindre un agent de l’ARC pour autant? «On est inondé de plaintes», a déclaré l’ombudsman des contribuables. Les plaintes à propos de l’ARC ont bondi de 45% par rapport à l’avant-Covid.

 

Ajoutez à cela plus de 1,5 milliard$ en primes versées depuis 2015, et plus d’un million de hausses salariales distribuées au cours des quatre dernières années.

 

Résistance contradictoire

 

Et pour quels résultats? Selon les propres données du gouvernement, les ministères ont échoué à atteindre la moitié de leurs cibles dans trois des cinq dernières années.

 

Leur meilleure performance? 2023, avec 52% des cibles atteintes.


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Au lieu de faire peur à leurs membres, les dirigeants syndicaux devraient leur dire la vérité: la plus grande menace à leur salaire, c’est le service de la dette.

 

Ce ne sont ni l’idéologie politique ni les campagnes d’opinion qui mèneront à des pertes d’emploi pour les fonctionnaires, les enseignants ou les infirmières.

 

Ce sont les paiements d’intérêts qui grugent chaque jour davantage d’argent public.

 

L’exemple de la Saskatchewan

 

L’exemple de la Saskatchewan dans les années 1990 devrait servir de leçon. À l’époque, le gouvernement néo-démocrate a dû affronter de front la crise des finances publiques.

 

«On a attendu trop longtemps. On a dû faire des coupes majeures et augmenter les taxes pour s’en sortir», a reconnu l’ancienne ministre des Finances Janice MacKinnon. Son gouvernement a fermé 52 hôpitaux.

 

Une dette exponentielle

 

Aujourd’hui, le service de la dette fédérale coûte plus de 1 milliard $ par semaine aux contribuables. Chaque semaine, c’est un hôpital qu’on ne peut pas construire parce que l’argent file vers les gestionnaires de fonds de Bay Street.

 

L’an dernier, Ottawa a dépensé plus pour payer les intérêts de la dette que pour transférer de l’argent aux provinces pour la santé.


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Et si c’est déjà inquiétant, le pire reste à venir. Le coût du service de la dette grimpera de 54 à 70 milliards$ par an d’ici 2029.

 

Les syndicats continueront de crier au loup à chaque tentative d’économie. Mais si le gouvernement n’agit pas aujourd’hui, ce sont les contribuables qui devront en payer le prix fort demain.