Véronique Fournier, Ann Leduc et Michèle Sirois, de l'organisme PDF Québec, saluent le courage de Jocelyne Robert, pionnière de l’éducation sexuelle, et dénoncent le climat de censure qui l’a poussée à quitter l’ordre des sexologues.
Jocelyne Robert a été une des premières femmes québécoises à revendiquer un enseignement positif et déculpabilisant de la sexualité. Elle a milité pour une meilleure éducation sexuelle dans les écoles bien avant que cela fasse partie du programme.
L’article de Jessica Nadeau dans Le Devoir intitulé «Jocelyne Robert n’est plus sexologue», ainsi que la chronique de Jean-François Lisée, nous ont appris le traitement dogmatique et irrespectueux que l’Ordre professionnel des sexologues du Québec a fait subir à Jocelyne Robert, cette sexologue reconnue et aimée de tous.
Transitions hâtives et risquées
Tout comme Jocelyne Robert, Pour les droits des femmes du Québec (PDF Québec) croit qu’il pourrait y avoir un effet d’entraînement qui pousserait certaines jeunes filles dans des transitions hâtives et risquées, par exemple des jeunes filles agressées sexuellement, anorexiques, autistes ou avec des comorbidités.
Nous sommes effarées par l’augmentation fulgurante révélée dans le rapport du comité de sages du nombre de mastectomies d’affirmation de genre réalisées entre 2012 et 2024, et par l‘apparente banalisation de l’utilisation des bloqueurs de puberté et des hormones croisées chez les jeunes.
La science détournée
En ce moment, le gouvernement du Québec suit la version 8 des lignes directrices de la WPATH (World Professional Association for Transgender Health).
Or, la docteure Cass, qui a été mandatée par le gouvernement britannique pour analyser la situation au Royaume-Uni à la suite de nombreux scandales liés à une clinique qui s’occupait de jeunes aux prises avec «l’angoisse de sexuation pubertaire», a souligné dans son rapport les contradictions entre le chapitre de la WPATH sur les adolescents et les conclusions de la revue systématique de Johns Hopkins que la WPATH avait elle-même commandée.
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Le fait de se fier uniquement à la WPATH, et non aux revues systématiques de littérature comme le rapport Cass, laisse croire à un consensus qui n’existe pas. Cela entre en nette contradiction avec les approches plus prudentes adoptées pour les mineurs par la Finlande, la Suède et maintenant la Grande-Bretagne.
Chasse aux sorcières
Pour nous, féministes, le cas de Jocelyne Robert s’ajoute au palmarès d’une chasse aux sorcières qui dure depuis déjà plusieurs années. Le 2 juillet dernier, le ministère britannique de la Science a publié le rapport «Barriers to research on sex and gender».
Rédigé par une spécialiste des statistiques appliquées à la sociologie, Alice Sullivan, il fait état du climat opprimant où chercheurs et universitaires sont harcelés, intimidés, ostracisés ou même voient leurs conférences ou interventions annulées simplement pour avoir reconnu l’importance du sexe biologique et poursuivi une approche dite «critique du genre».
La liberté de pensée dans les milieux universitaires et professionnels est essentielle pour faire avancer la société québécoise.
Le rapport souligne que les politiques d’équité, diversité et inclusion (EDI) sont parfois utilisées comme moyens pour faire taire les opinions jugées non conformes, par exemple lorsqu’on remet en question l’autoidentification de genre ou qu’on affirme la pertinence de la prise en considération des données sur le sexe.
Le rapport met également en garde contre l’assimilation de la critique du concept de genre à la «transphobie» et contre la suppression des opinions divergentes menant à une conformité idéologique nuisible à la recherche scientifique.
Le Québec empêtré lui aussi dans la censure
Au Québec, combien de chercheurs ou d’universitaires s’autocensurent-ils? Quelles ont été les occasions manquées de recherche? Tait-on des résultats de recherche?
Ces politiques ÉDI sont maintenant intégrées dans plusieurs ordres professionnels et sont en train de devenir un carcan qui étouffe la pensée et l’action, ce qui nous inquiète grandement.
Plusieurs autres professionnels sont également susceptibles d’avoir à répondre à leur ordre professionnel à la suite de dénonciations pour avoir critiqué l’idéologie du genre.
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La société québécoise, égalitaire et progressiste, devrait, à l’instar de la Grande-Bretagne, se pencher sérieusement sur l’instrumentalisation des idéologies centrées sur la théorie du genre qui s’immiscent aussi dans les programmes d’éducation à la sexualité.
La liberté de pensée dans les milieux universitaires et professionnels est essentielle pour faire avancer la société québécoise. Nous méritons mieux que cette chasse-aux-sorcières.
Jocelyne Robert, cette pionnière de l’éducation sexuelle, a droit à notre respect et à toute notre reconnaissance.













