Au Mexique, faut-il bannir les «narco-chansons»?

La présidente mexicaine Claudia Sheinbaum participe au IXe Sommet des États d'Amérique latine et des Caraïbes (CELAC), à la Banque centrale du Honduras (BCH) à Tegucigalpa, le 9 avril 2025. Photo: AFP.

Mardi le 15 avril 2025, à 09:45

Les chansons à la gloire des cartels: la présidente Claudia Sheinbaum juge «absurde» d'interdire ce genre très populaire au Mexique, préférant le «consensus» pour «que les paroles ne fassent pas l'apologie des drogues». 

 

Mme Sheinbaum marchait sur des œufs. Le 12 avril dernier, un concert dans la banlieue de Mexico a tourné à l'émeute quand le chanteur Luis R. Conriquez a annoncé qu'il n’interpréterait pas ses hymnes aux barons du Cartel de Sinaloa pour respecter la loi locale.

 

Censure?

 

«Moi aussi je me sens mal de ne pas vous chanter ce que vous voulez écouter», a-t-il lancé avant de quitter la scène sous les huées et les cannettes de bière.

 

Comme l'État de Mexico autour de la capitale, plusieurs des 32 États ont interdit les «narcocorridos», des ballades qui racontent les exploits des célèbres narcotrafiquants mexicains et les codes liées à la culture des cartels.

 

La présidente Sheinbaum a condamné lundi la violence survenue lors du concert de Luis R. Conriquez, mais a affirmé que son gouvernement s'oppose à la censure d'un style musical.

 

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«Nous n'interdisons pas un genre musical, ce serait absurde. Nous proposons que les paroles ne fassent pas l'apologie des drogues, de la violence, de la violence contre les femmes ou de voir les femmes comme des objets sexuels.»

 

«Notre position est de construire un consensus social qui ne doit pas faire l'apologie de la violence. Nous faisons référence aux chansons, mais aussi aux séries télévisées», a-t-elle ajouté.

 

Narco-culture

 

Pour contrer la popularité des «narcocorridos» auprès des jeunes, Mme Sheinbaum a récemment lancé un concours musical pour «la paix et contre les addictions».

 

Fin mars, le groupe local mexicain «Los Alegres del Barranco» a fait scandale en projetant, lors d'un concert à Guadalajara (ouest), des images à la gloire d'«El Mencho», le chef présumé du cartel Jalisco Nueva Generacion (CJNG).

 

Le département d'Etat américain a par la suite annulé les visas de travail et de tourisme accordés aux membres de ce groupe par les États-Unis.