Une étude du sociologue Guillermo Grenier montre que Donald Trump pourrait lever le blocus de Cuba sans impact électoral significatif en Floride.
Selon une étude menée par le sociologue Guillermo Grenier de l’Université internationale de Floride (FIU), et rapportée par le quotidien mexicain La Jornada ce 27 février, l’idée que la communauté cubano-américaine dicte la politique des États-Unis envers Cuba est de plus en plus dépassée.
Alors que l’élection de Donald Trump et la nomination de Marco Rubio comme secrétaire d’État laissent présager un durcissement de la posture de Washington envers le régime castriste, les recherches de Grenier montrent que le soutien à cette politique s’est affaibli au sein de cette communauté.
Autrefois considérés comme un groupe d’influence clé, les Cubano-Américains seraient aujourd’hui plus divisés qu’il n’y parait et moins préoccupés par la situation cubaine.
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Leur pouvoir politique en Floride a également diminué, remettant en cause l’idée que Washington adapte sa politique envers La Havane en fonction de leur opinion.
Historiquement, le vote cubano-américain était décisif lorsque la Floride était un État disputé par les deux partis. Cependant, ces dernières années, les républicains ont consolidé leurs appuis dans le Sunshine State, rendant ce bloc électoral moins déterminant.
Le soutien au blocus a diminué
Pendant des décennies, les Cubains ayant fui le régime communiste de Fidel Castro ont formé un groupe politique puissant aux États-Unis, en particulier en Floride.
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Ils ont longtemps été des alliés incontournables des républicains et des défenseurs acharnés du blocus contre Cuba, espérant ainsi affaiblir le régime communiste en place. En 2009, 56% d’entre eux étaient favorables à cette politique.
Mais la donne a changé. Lorsque Barack Obama a ouvert le dialogue avec Cuba, une grande partie de cette communauté a adhéré à ce rapprochement: en 2016, seulement 34% des Cubano-Américains de Floride soutenaient encore le blocus, tandis que 72% étaient favorables à des relations diplomatiques normales avec La Havane.
Une politique qui remonte à 1962
Imposé en 1962 par Washington pour isoler et punir le régime castriste, le blocus américain de Cuba interdit la plupart des échanges commerciaux et financiers entre les deux pays, tout en sanctionnant les entreprises étrangères traitant avec l’île. Renforcé par la loi Helms-Burton (1996), il reste en vigueur malgré des tentatives d’assouplissement sous Barack Obama.
La Havane attribue à cette politique l’essentiel des difficultés économiques du pays, notamment la pénurie de biens essentiels, tandis que les détracteurs du régime y voient surtout un prétexte masquant ses nombreux échecs. La population de Cuba est maintenant inférieure à 10 millions d'habitants et continue de décroitre en raison de la pauvreté endémique.
Rappelons que fin janvier, la nouvelle administration de Donald Trump a replacé Cuba sur la liste des entités soutenant le terrorisme.











