Une femme en Colombie-Britannique devra payer une amende de 10 000$ pour avoir exprimé en privé des doutes sur la «transition» de son amie transgenre.
Le Centre juridique pour les libertés constitutionnelles (CJLC) a déposé une requête à la Cour suprême de la Colombie-Britannique pour contester la décision rendue en janvier dernier par le Tribunal des droits de la personne.
Ce dernier a condamné Kirstin Olsen à verser 10 000$ à une ancienne amie, Theresa (Terry) Wiebe, pour des propos jugés discriminatoires, bien qu’ils aient été tenus en privé.
Des amies de longue date
Entre 2014 et 2018, les deux femmes, amies de longue date, ont partagé une relation étroite. Wiebe, une femme transgenre, vivait dans un camping-car stationné sur la propriété d’Olsen, qui lui louait l’emplacement à faible coût.
En 2017, Wiebe lui confie entamer une hormonothérapie et envisager une mastectomie. Olsen, préoccupée par les risques liés à cette chirurgie — notamment en raison d’antécédents familiaux de cancer du sein —, lui exprime son désaccord dans un cadre strictement privé.
Malgré cet échange, l’amitié s’est poursuivie. Olsen a même financé le retour de Wiebe du Yukon après une hospitalisation. Ce n’est qu’en 2018, à la suite de tensions avec d’autres résidents, qu’elle lui demande de quitter les lieux, une décision sans lien avec la transition de Wiebe, selon elle.
Le Tribunal a reconnu que l’expulsion n’était pas discriminatoire, mais a estimé que les commentaires concernant la mastectomie portaient atteinte à la «dignité» de Wiebe. Il a ainsi imposé une amende de 10 000$ à Olsen.
Violation de la vie privée et de la liberté d’expression
Pour le CJLC, cette décision méconnaît la liberté d’expression garantie par la Charte canadienne.
«Il est extrêmement préoccupant qu’un tribunal s’immisce dans des conversations privées entre amis et impose une amende de 10 000$, sans égard à la protection constitutionnelle de la liberté d’expression», déclare Me Marty Moore, avocat au CJLC.
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«Exprimer une inquiétude personnelle à un ami n’a rien à voir avec de la discrimination fondée sur la race, la religion ou l’identité de genre. Le Tribunal devrait se concentrer sur les cas réels de discrimination, pas sur la surveillance des paroles privées.»
L’affaire sera entendue par la Cour suprême de la Colombie-Britannique.













