Zelensky en carte de mode, un «clown»?

Montage: Libre Média. Provenance de l'image au premier plan: page Instagram du magazine Vogue.

Jeudi le 28 juillet 2022, à 17:00

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky suscite un malaise grandissant. Mais osera-t-on le dire? Le point de vue de notre rédacteur en chef Jérôme Blanchet-Gravel. 

 
J’étais dans un taxi hier soir vers le fameux quartier Condesa, à Mexico, lorsque des animateurs de radio se mirent à parler du président Zelensky qui venait avec sa femme de poser pour le magazine Vogue
 
«¡Qué payaso! Quel clown!», s’exclama l’un des deux animateurs pour recevoir l’approbation de son collègue. 
 
Des propos imprononçables dans les grands médias occidentaux, dont la plupart vouent un véritable culte à ce président ex-humoriste depuis le début du conflit. 

 

Indécent et irrespectueux 

 

En effet, après avoir posé à plusieurs reprises dans des postures dignes des stars de cinéma – notamment avec le président français Emmanuel Macron –, voilà que Volodymyr Zelensky dépasse les bornes pour se retrouver en première page d’un magazine de mode. 
 
Des milliers d’internautes réagissent fortement à ce qu’ils perçoivent comme du très mauvais théâtre. Avec raison. 
 
Sa femme, une certaine Olena Zelenska, pousse l’audace au point de poser devant ce qui semble être la carcasse d’un avion abattu: le comble du ridicule et de la mise en scène. 

 
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Ce dernier élan de narcissisme de la part d’un dirigeant censé se trouver au cœur de l’un des plus durs conflits de la décennie confirme le malaise de plusieurs d’entre nous par rapport à l’aspect étrange que prend parfois cette guerre.
 
Cet élan est emblématique de la superficialité de certaines de nos élites qui ne manquent jamais l’occasion de profiter d’une situation tragique pour se mettre en valeur et susciter l’intérêt autour d’eux.
 
Non seulement le geste contribue à décrédibiliser la cause de l’Ukraine auprès d’un public international dont une grande partie n’est pas aussi pro-ukrainienne qu’on le dit, mais c’est un grave manque de respect envers les soldats, les morts, les exilés et les autres gens sur le terrain, qui eux, n’ont évidemment pas le luxe de cette comédie. 
 
Aurait-on imaginé le général de Gaulle ou Winston Churchill s’adonner à une pareille clownerie? Assiste-t-on à une sorte de «starlettisation» de la guerre? Nous assistons au moins à sa banalisation. 
 

Appropriation dramatique  

 
Ces dernières années, nous avons beaucoup parlé d’appropriation culturelle, un phénomène qui consiste pour une grande entreprise à utiliser l’identité d’un groupe culturel infériorisé par l’histoire pour faire des profits et promouvoir la marque. 
 
Par exemple, l'entreprise Zara a été accusée au Mexique d’appropriation culturelle pour avoir utilisé des motifs autochtones dans certaines de ses créations, sans que les communautés concernées ne puissent bénéficier des retombées. 
 
Dans le cas de Zelensky et de sa femme, nous pourrions peut-être parler d’appropriation dramatique: le fait de s’approprier un drame humain pour mousser son égo. 
 
Exploiter commercialement une culture, exploiter égocentriquement un drame. 
 

Besoin de nuances

 
Chose certaine, cette nouvelle «affaire» nous rappelle aussi que le traitement médiatique du conflit en Ukraine reflète un consensus préfabriqué empêchant d’en voir toutes les nuances. 
 
Un traitement médiatique dont l’objectivité est parfois discutable, l’interdiction des médias russes ayant contribué à rendre encore plus difficilement lisible une vérité qui se trouve quelque part entre ce que véhiculent les médias occidentaux et orientaux.