Vers le confinement climatique?

La COP15 à Montréal. Photo: Andrej Ivanov pour l'AFP.

Mardi le 13 décembre 2022, à 16:30

Le conseil du comté d'Oxfordshire au Royaume-Uni a adopté un projet pilote de confinement climatique qui débutera en 2024.

 

Il y aura bientôt trois ans, ma belle-sœur achetait 90 rouleaux de papier de toilette chez Costco: le monde venait de changer à jamais.

 

La panique mondiale avait été alimentée notamment par la page titre du New York Times: «Le virus pourrait tuer 2,2 millions de personnes s’il n’est pas contrôlé», hurlait la manchette.

 

Le 16 mars 2020, le président Trump, entouré de ses aviseurs, dont les Dr. Fauci et Birx, avisait que «dans les États où il y a des preuves de transmission communautaire, les bars, les restaurants, les aires de restauration, les gymnases et autres lieux intérieurs et extérieurs où des groupes de personnes se rassemblent devraient être fermés».

 

La puissance de la peur

 

La pandémie de Covid nous aura montré comment la peur peut être un puissant outil de contrôle pour pousser une population à accepter comme normales et mêmes nécessaires des décisions liberticides qu’on n’aurait pas cru possibles quelques jours plus tôt.

 

Ajoutez à cela une petite dose de patriotisme («Il faut sauver notre réseau et sauver des vies») pour monter le peuple contre les récalcitrants, une autre de solidarité (pour justifier la délation des insoumis), tout en décrédibilisant les sceptiques de la «science» et le tour est joué: la population vous obéira au doigt et à l’œil, ou à tout le moins tolérera qu’on mette à l’amende ceux qui «retardent le groupe»...
 

Cette leçon spectaculaire a été bien comprise par d’autres activistes qui veulent depuis longtemps convaincre la population d’épouser leur cause. Je parle ici des écologistes radicaux. Il est ainsi devenu impossible de critiquer la théorie du réchauffement climatique anthropique: vous serez accusé de répandre de la «désinformation» et vous pourrez être «annulé».

 

 

Les médias traditionnels ont réussi à rendre la majorité de nos jeunes «écoanxieux» même si quatre personnes sur 10 ne croient toujours pas au changement anthropique, selon le sondage Mondial IPSOS publié le 8 décembre 2022.

Un sentiment de patriotisme planétaire est alimenté pour rabrouer les entreprises qui ne jouent pas le jeu des critères ESG (Environmental, Social, and Governance).

 

On pointe du doigt les entreprises qui n’ont pas de plan de carboneutralité d’ici 2050. Les pays riches émetteurs sont couverts de honte par les pays pauvres qui veulent une compensation.

 

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Au Québec, le ton verdoyant des caquistes a récemment monté d’une octave lorsque Pierre Fitzigibbon, le ministre de l’Économie, a évoqué une loi costaude imposant la «sobriété climatique» pour mettre au pas les entêtés.

 

Alors, jusqu’où pourrait aller une urgence climatique décrétée par un gouvernement qui a pris le goût de gérer l’urgence sanitaire par décret pendant deux ans?

 

Totalitarisme vert

 

Au Royaume-Uni, le conseil du comté d'Oxfordshire nous montre peut-être ce qui s’en vient chez nous. Il a adopté récemment un «projet pilote» de confinement climatique qui commencera en 2024.

 

Le projet vise à enfermer les résidents dans l'une de six zones traversables en 15 minutes pour «sauver la planète» du réchauffement climatique. Les résidents seront autorisés à quitter leur zone un maximum de 100 jours par an.

 

Si les résidents veulent quitter leur zone plus souvent, ils auront besoin de l'autorisation du Conseil qui décidera qui est digne de liberté et qui ne l'est pas.

 

Chaque résident devra enregistrer sa voiture auprès du conseil de comté qui surveillera ensuite le nombre de fois qu'il quitte son quartier via des portails de surveillance et des caméras de reconnaissance de plaque d'immatriculation.

 

Le concept de la «ville en 15 minutes» est intimement lié aux objectifs climatiques. Il a été récemment défendu, entre autres, par Carlos Moreno, de la Chaire Entrepreneuriat Territoire Innovation (ETI) à la Sorbonne, dans une étude où l’on peut lire ceci:

 

«Alors que certaines des caractéristiques du concept de ville à 15 minutes savaient été temporairement adoptées dans différentes villes après les impacts de COVID-19, son adoption dans la planification à long terme se traduirait par une meilleure qualité de vie car la proximité des services de base contribuer à réduire le temps perdu dans les transports, favorisant ainsi une mobilité durable».

 

Les auteurs de l’étude poursuivent: «Cela contribuera aux efforts visant à réduire les émissions comme prévu dans l'Accord de Paris et à promouvoir des productions culturelles plus élevées, entre autres.»

En juillet 2020, le groupe C40 Cities Climate Leadership a publié un cadre pour que les villes «reconstruisent mieux» («build back better») en utilisant le concept de 15 minutes. Le C40 se définit comme un «réseau de maires de près de 100 villes de premier plan au monde collaborant pour fournir l'action urgente nécessaire dès maintenant pour faire face à la crise climatique».

 

Le rôle de Montréal

 

Et qui est derrière le C40? Qui est l’un des membres du comité directeur? La mairesse de Montréal, Valérie Plante, qui en est la vice-présidente pour l’Amérique du Nord!

 

Cette même mairesse qui est allée à Buenos Aires en Argentine, en octobre dernier, aux frais des Montréalais, pour discuter de lutte contre les changements climatiques à l’occasion du Sommet des maires de l’organisation internationale C40.

 

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Valérie Plante souhaite que Montréal exerce un leadership dans ce groupe, en montrant comment son administration s’attaque aux changements climatiques «en réfléchissant à l’extérieur de la boîte».

 

«C’est vraiment intéressant de discuter entre nous et de partager de bonnes pratiques. Souvent, ce sont les villes qui sont sur la ligne de front et qui entendent les témoignages de la population aux prises avec les impacts des changements climatiques et qui sont les premiers à souffrir», avait-elle déclaré à La Presse.

 

Si «penser en dehors de la boîte» mène au confinement climatique, je préférerais que Mme Plante s’enferme dedans à tout jamais!