Services réduits chez Desjardins: une mobilisation mardi à Lévis

Photo: compte X du Journal Le Carrefour.

Jeudi le 3 octobre 2024, à 16:05

Les membres des caisses ne se reconnaissent plus dans Desjardins qui a fermé de nombreux guichets en région et qui agit dans l’opacité en matière de protection des renseignements personnels. Une grande mobilisation a lieu mardi prochain à Lévis.

 

Depuis plusieurs semaines, Connexion-U discute avec des maires et élus municipaux. L’objectif de cette association citoyenne était de comprendre comment les membres de Desjardins en sont arrivés à subir un désert bancaire avec les fermetures systémiques de point de services et guichets automatiques de Desjardins, particulièrement en région.

 

Parmi les élus municipaux, nombreux ont été proactifs, des pétitions aux injonctions interlocutoires. Le jugement de la Cour du Québec fut brutal plaidant que les institutions bancaires ne sont pas un service essentiel. Or ce jugement n’est pas fatal.

 

Connexion-U arrive à la même conclusion que le rapport de la Fédération Québécoise des municipalités sur le fait que la question n’est plus juridique, mais politique. Cependant, contrairement à elle, l’OBNL juge que les élus doivent maintenant porter le dossier à Québec.

 

C’est pourquoi Connexion-U a organisé une grande journée de mobilisation qui débute avec une conférence de presse à la Tribune de la Presse de l’Assemblée nationale où des maires feront leurs revendications, mardi le 8 octobre à 11h45.

 

Par la suite, les citoyens sont invités à se rendre à la maison d’Alphonse Desjardins et à la Fédération des Caisses pour remettre au président et chef, M. Guy Cormier, la lettre signée par des milliers de membres et les centaines de résolutions émises par les municipalités, contestant la fermeture des points de services et des guichets automatiques.

 

Modus operandi de la Fédération des Caisses

 

Connexion-U a constaté le même modus operandi de la part de la Fédération des Caisses. Elle fait miroiter aux membres les avantages de fusionner les caisses locales. Elle assure qu’il n’y aura pas de fermetures. Les membres votent en toute confiance en faveur des fusions. 

 

Par la suite, la Caisse coupe du personnel, puis des heures d’ouverture. Entre trois semaines et deux mois, les villes voient leurs points de services disparaitre. Puis, souvent le guichet automatique suit.

 

Étrangement, les membres n’ont plus de droit de vote sur un enjeu qui les touche directement, soit les services courants. L’article 242 de la loi sur les coopératives a été modifié en 2018, et semble donner la latitude voulue à Desjardins pour accélérer les fermetures sans même donner le temps aux collectivités de s’organiser et sans contestation possible.

 

Ainsi la Fédération du mouvement Desjardins, qui doit son existence à ses membres depuis 1906, leurre ses membres pour ensuite les priver de services essentiels. Particulièrement touchés en région, là d’où origine la Caisse, gens d’affaires, commerces, trésoriers des municipalités, personnes âgées, tous doivent faire des kilomètres pour obtenir des services bancaires. Les gens ne s’arrêtent plus dans les villes où il n’y a plus de caisse, dévitalisant ainsi les régions. 

 

Ce désert bancaire produit entre autres une fermeture de commerces, une perte de concurrence des affaires et une perte d’autonomie de nos personnes âgées.

 

Les Québécois prisonniers d’un monopole

 

Dans le contexte de la dématérialisation de l’argent, le PDG de la Fédération des Caisses affirmait en 2023 vouloir «trouver la bonne dose» et lançait du même souffle: «tu ne restes pas en affaires pendant 123 ans sans t’adapter».

 

Or, en 2024, nous assistons plutôt à une accélération des fermetures. Et si s’adapter signifie fragiliser les régions en les dévitalisant rapidement pour implanter un système virtuel de monnaie et de services, sommes-nous réellement gagnants? 

 

Sachant les dangers de faire reposer une économie seulement sur de l’argent numérique, les membres, citoyens et élus sont en droit de se demander à quoi jouent les institutions bancaires, en particulier Desjardins, qui, par sa situation de monopole au Québec, tient ses membres en otage.

 

Les membres des caisses ne se reconnaissent plus dans Desjardins qui agit dans l’opacité, tant sur la question de la protection des renseignements personnels qu’avec la fermeture des guichets et points de services, sans compter les irrégularités observées dans les assemblées générales annuelles dorénavant plutôt virtuelles. La Fédération des Caisses donne l’impression que ses membres sont de trop.

 

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Accepterons-nous sans rien faire que Desjardins, notre levier financier le plus puissant, nous abandonne, alors qu’il a obtenu l’immense privilège de voir les familles du Québec, soit 80% de la population du Québec, contribuer à son rayonnement ? 

 

Les Québécois doivent réagir en soutien aux maires du Québec qui déploient énergie et deniers dans leur tentative de stopper la saignée. En conférence de presse la semaine prochaine, ils exigeront entre autres que les points de services bancaires soient considérés comme essentiels. 

 

Grande mobilisation

 

11h45 — Conférence de presse à la Tribune de la Presse de Québec

 

14h — Chaine humaine devant la maison d’Alphonse Desjardins: 8 rue du Mont-Marie, Lévis.

 

14h30 — Marche d’un kilomètre pour aller porter à M. Guy Cormier notre lettre signée par des de milliers de membres et les centaines de résolutions de maires: 100 rue des Commandeurs à Lévis.