Pensions des députés: le report des élections coûterait 120 millions

Le chef du Bloc québécois Yves-François Blanchet (gauche) rencontre le premier ministre Justin Trudeau (droite) à Ottawa, le 13 novembre 2019. Photo: page Facebook officielle de Justin Trudeau.

Lundi le 25 mars 2024, à 13:00

La Fédération canadienne des contribuables estime que le report des prochaines élections fédérales d'une semaine coûterait 120 millions de dollars, le tout pour permettre à davantage de députés élus en 2019 de bénéficier d'une pension.

 

«Il est clair que le gouvernement fédéral tente de repousser les élections afin que davantage de députés puissent bénéficier d'une retraite très lucrative sur le dos des contribuables. Si les politiciens fédéraux veulent inspirer la confiance, ils devraient s'abstenir de jouer avec les règles pour se sécuriser une pension», tranche Nicolas Gagnon, directeur pour le Québec à la Fédération canadienne des contribuables.

 

Actuellement, les députés ont droit à une pension après six ans de service, ce qui signifie que les députés élus pour la première fois en 2019 n'y sont pas éligibles avant le 21 octobre 2025.

 

Manœuvre «en catimini»

 

Le gouvernement fédéral a déposé un projet de loi visant à déplacer les prochaines élections du 20 octobre au 27 octobre 2025, ce qui pourrait rendre 80 députés supplémentaires admissibles à une pension.

 

Le coût estimé de ces pensions supplémentaires pour les contribuables est de 120 millions de dollars, représentant le montant estimé de la pension à vie si les 80 députés perdent leur siège et atteignent l'âge de 90 ans. Les pensions annuelles de départ sont comprises entre 32 000 et 49 000 dollars.

 

L’ex-député fédéral et chroniqueur Thomas Mulcair parle de «manipulation» de la part du gouvernement Trudeau. «En proposant de changer la date des prochaines élections du 20 au 27 octobre 2025, Trudeau garantit une pension à vie à tous les députés élus aux élections de 2019. Pension à laquelle ils n’auraient pas droit s’il suivait les règles. En catimini, sans préavis, Trudeau cherche à piper les dés», écrit-il au Journal de Montréal.

 

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«Si même la moitié de ces députés ne sont pas réélus, le déplacement de la date des élections coûterait des dizaines de millions de dollars aux contribuables. Lorsque les députés manipulent le système pour s'en mettre plein les poches, ils envoient un signal clair à des milliers de fonctionnaires qui peuvent par la suite prétendre que cette pratique est normale», poursuit Nicolas Gagnon.

 

En réponse, la Fédération canadienne des contribuables réclame une réforme du régime de retraite des députés, la suppression des indemnités de départ et de transition, ainsi que l'annulation de l'augmentation de salaire des députés prévue pour le 1er avril.