Alors que la riposte de Tsahal s'intensifie sur Gaza, quel est l’état d’esprit sur le terrain en Israël? Influenceuse, Dana Gat vit dans un kibboutz au nord du pays. En exclusivité, elle livre son témoignage à Libre Média.
«Mercredi, les sirènes ont retenti à la suite d’un tir de missile, j’ai dû me réfugier dans un abri avec ma nièce de quatre ans. Dans le nord aussi, à cause du Hezbollah, la situation est dangereuse», confie Dana Gat à Libre Média.
Cette trentenaire pleine de vie et très active sur les médias sociaux habite dans un kibboutz du nord d’Israël, non loin de la frontière avec le Liban. Elle ne peut pas révéler exactement où pour des raisons de sécurité.

L'influenceuse israélienne Dana Gat. Courtoisie.
«L’armée a donné des instructions et il y a de l’équipement militaire. Il faut donc rester discret, il ne s’agirait pas qu’il tombe entre les mains du Hamas ou du Hezbollah», souffle-t-elle.
Les soldates écartées des combats
D’habitude léger et joyeux, le visage de son kibboutz a radicalement changé depuis samedi. La plupart des hommes ont été mobilisés par Tsahal et sont déjà partis. Seules les femmes sont restées. «L’armée est obligatoire pour les femmes, mais elles ne sont pas envoyées sur le front pour ne pas courir le risque de se faire kidnapper puis violer par l’armée d’en face», souligne-t-elle.
Ces derniers jours, une photo a largement circulé sur les réseaux sociaux. On y voit un avion bondé d’Israéliens retournant chez eux afin d’épauler leur armée. Beaucoup étaient alors aux États-Unis ou en Amérique latine.
«Ils sont des milliers à avoir écourté leurs vacances ou leur expatriation pour revenir. Certains n’avaient même pas de place assise dans l’avion et se sont assis par terre», nous apprend Dana Gat.
«Nous sommes les petits enfants de Juifs ayant vécu le pire crime de l’histoire de l’humanité. Les nazis ont voulu nous exterminer et maintenant, le Hamas le veut aussi. Nous devons donc affronter la réalité».
Samedi dernier, au matin, elle apprend que l’horreur a lieu près de la bande de Gaza. Elle téléphone immédiatement à son meilleur ami, qui vit dans le sud d’Israël. Ce dernier lui apprend qu’il est réfugié dans sa cuisine avec son enfant de quatre ans. À l’extérieur, un combat a lieu entre des terroristes du Hamas et la police.
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«Il est resté 14 heures contre ses plaques de cuisson avec son bébé. Heureusement il est en vie. Il est parti avec l’armée, le bébé est avec ses grands-parents. En revanche, j’ai perdu une très proche amie dans le massacre», confie-t-elle.
Dana Gat est née dans un moshav du nord d’Israël. Signifiant en hébreu «village», un moshav est une coopérative agricole associant des fermes individuelles. Souhaitant découvrir la vie outre-Atlantique, elle a vécu quelques années à Calgary. À la fin de juin 2014, elle revient dans son pays. Quelques jours seulement avant que n’éclate la «guerre de Gaza».
Jusqu’à samedi dernier, elle s’occupait à recommander des vignobles et hôtels raffinés à ses milliers de followers. Depuis samedi, son activité a bien changé: elle organise des collectes de fonds, de nourriture et de dons tels que des couvertures pour les hommes partis au front.
«Terriblement triste»
«Quand nous avons vu toutes ces vidéos atroces, quand nous avons appris que des centaines de personnes avaient été massacrées ou prises en otage, nous n’avons même pas réfléchi, il allait de soi qu’il fallait s’organiser pour aider le sud», explique-t-elle.
Si elle avait déjà foi en l’unité de son pays, elle est quand même surprise par la générosité des internautes. «Nous avons même reçu des dons de gens habitant aux États-Unis ou au Canada», souffle-t-elle. Reste qu’actuellement, l’ambiance en Israël est «terriblement triste», précise-t-elle.
«Nous sommes habitués à devoir nous organiser contre ceux qui nous haïssent. Nous sommes les petits enfants de Juifs ayant vécu le pire crime de l’histoire de l’humanité. Les nazis ont voulu nous exterminer et maintenant, le Hamas le veut aussi. Nous devons donc affronter la réalité», explique-t-elle alors.
Pire que l’État islamique
Elle ajoute que dans ce pays de 10 millions d’habitants – et 20 fois plus petit que le Québec, les citoyens savent être unis quand il s’agit de survie. «Les querelles politiques ont été mises de côté. Tous les Israéliens travaillent main dans la main pour être sûrs que nous allons survivre. Nous savons être totalement unis quand nous en avons besoin».
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«Ce que le Hamas a fait samedi, c’est encore pire que l’État islamique. Ils ont violé des femmes. Ils ont tué, décapité et kidnappé des bébés. Si nous allons à Gaza, ça ne veut pas dire que nous haïssons les Palestiniens. Nous ne souhaitions pas cette guerre, mais nous devons aller à Gaza pour récupérer nos enfants. Tout ce que nous voulons, c’est récupérer les nôtres», lâche-t-elle finalement.
Jusqu’à présent, 360 000 réservistes ont été mobilisés en Israël.












