Milei bannira le langage inclusif dans l’armée et l’administration

Le président argentin Javier Milei prend la parole lors de l'édition annuelle de la Conférence d'action politique conservatrice (CPAC), le 24 février 2024, à National Harbor, dans le Maryland. Photo: Mandel NGAN pour l’AFP.

Mardi le 27 février 2024, à 18:05

Le gouvernement argentin de Javier Milei entend s’attaquer officiellement au langage inclusif, interdisant son usage dans l'armée et annonçant son intention de le bannir aussi dans l'administration publique.

 

«Sur décision du président, des démarches vont débuter pour interdire le langage inclusif et la perspective de genre dans toute l'administration publique nationale», a déclaré mardi le porte-parole de la présidence, Manuel Adorni.

 

Terminé les tod@s

 

«Il ne sera pas possible d'utiliser la lettre e, le @, le x (utilisés en espagnol pour éviter des indications de genre, ndlr) et l'utilisation inutile du féminin sera évitée dans tous les documents de l'administration publique», a-t-il poursuivi. En espagnol les tenants de la langue inclusive écriront par exemple tod@s pour inclure todos (masculin pluriel) et todas (féminin pluriel).

 

«La langue couvrant tous les secteurs, c'est le castillan, l'espagnol», a-t-il insisté, ajoutant que le gouvernement «ne va pas entrer dans un débat là-dessus, parce qu'on considère que les perspectives de genre ont aussi été utilisées comme un fonds de commerce politique».

 

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L'usage du langage inclusif dans l'administration était discrétionnaire sous le gouvernement péroniste (centre gauche) précédent, mais nombre d'entités et institutions publiaient des «recommandations» ou «guide d'usage».

 

Le porte-parole présidentiel s'exprimait au lendemain de l'annonce par le ministère de la Défense de l'interdiction désormais, sous peine de sanction, de l'usage du langage inclusif «dans le cadre du ministère de la Défense, des forces armées et organismes décentralisés du ministère».

 

«L'objectif est d'éliminer des formes incorrectes de langage, qui peuvent générer une interprétation erronée de ce qui est souhaité, affectant l'exécution des ordres et le déroulement des opérations militaires», justifiait le ministère.

 

Virage woke de l’ex-administration

 

Langage inclusif et féminisation des grades ne faisaient auparavant pas l'objet de directives expresses dans l'armée, mais un document ministériel de 2020 s'engageait à «accompagner les changements culturels dans les relations de genre (...) forgées au fil des années de l'engagement (militaire) des femmes».

 

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Le même document appelait aussi à «discerner les bonnes pratiques» et contextes, et ne pas «imposer» une dénomination, relevant que «les jeunes femmes officiers, dans leur désir d'intégration, en général ne sont pas d'accord avec la féminisation des grades et des charges».

 

Javier Milei, comme il se décrit, n'a jamais fait mystère de son opposition au langage inclusif, qu'au même titre que l'idéologie de genre qui ne reconnait même pas l’existence de deux sexes biologiques.

 

Et s'il dit reconnaître toute liberté d'employer ce langage, il estime que lorsqu'il est diffusé ou imposé dans un contexte d'État, il confine à «l'endoctrinement», composante selon lui du «marxisme culturel».