Medicago abandonne son vaccin anti-Covid à base de plantes

Photo: page Facebook officielle de Medicago.

Mardi le 18 octobre 2022, à 15:30

Libre Média a obtenu des documents laissant craindre que l’entreprise québécoise Medicago abandonne l’idée de développer son vaccin anti-Covid à base de plantes.

 

Alors que ce produit a représenté un grand espoir pour les personnes qui, à l’instar de Guillaume Lemay-Thivierge, ne faisaient pas confiance à l’innovation biotechnologique proposée par Moderna et Pfizer, Libre Média a appris que l’entreprise québécoise Medicago avait renoncé à ses recherches sur la fabrication d’un vaccin à base de plantes.

 

L'alternative originale de Medicago

 

Plutôt que de s’enfermer dans une biotechnologie ARNm dont on a très peu de connaissances sur les effets à moyen et long termes, Medicago avait choisi de créer une molécule vaccinale à base de particules pseudo-virales produites par des plantes.

 

Selon Santé Canada, les premiers essais montraient une efficience à 71% pour protéger les patients de 18 à 64 ans (tranche d’âges ciblée par les essais). Exception faite de réactions anaphylactiques rares, le tableau des effets secondaires semblait moins envahissant que celui de la concurrence.

 

Outre le fait que Medicago est une entreprise québécoise (dont Mitsubishi détient 79% des actions), cette option était porteuse de grands espoirs pour les personnes qui ne faisaient pas confiance aux formules vaccinales basées sur l’injection contenant de l’ARNm.

 

Plusieurs citoyens attendaient cette option avec impatience.

 

Plusieurs écueils

 

Bien qu’elle ait demandé quelques mois de plus pour être considérée dans la panoplie de mesures pour contrer la pandémie, l’entreprise québécoise a rencontré plusieurs difficultés.

 

Par exemple, le Comité sur l’immunisation du Québec avait rendu un avis très critique contre la solution de Medicago en avril dernier.

 

«Il serait préférable d’utiliser les vaccins à ARN messager, tels que ceux de Pfizer et de Moderna, en raison de l’expérience cumulée qui démontre qu’ils ont une efficacité légèrement plus élevée dans la plupart des situations. Les données d’immunogénicité, d’efficacité et d’innocuité disponibles permettent toutefois de conclure que le vaccin Covifenz pourrait être utilisé dans certaines situations», pouvait-on y lire.

 

On notera aussi que le gouvernement fédéral a été réticent à accorder des passeports vaccinaux autorisant l’utilisation des transports ferroviaires ou aéroportés aux personnes ayant privilégié la formule de Medicago.

 

Comme l’étude était réalisée en double-aveugle, on ne pouvait pas certifier que les sujets avaient reçu la molécule-vaccinale ou la solution-non-vaccinale. Dès lors, beaucoup de sujets ont abandonné cette recherche pour aller se chercher les produits-ARNm.

 

À lire aussi: Les vaccins ne sont pas la solution

 

Par ailleurs, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) avait refusé de valider ce produit vaccinal, car Philip Morris était un actionnaire minoritaire (21%). On peut s’interroger sur cette position politique qui n’est nullement un choix basé sur la science ou la santé, et ce, d’autant plus que Santé Canada l’avait autorisé.

 

Un dernier problème tient dans le fait que la solution vaccinale semble efficiente pour les souches de Wuhan et Delta, mais pas Omicron qui serait largement dominant depuis un an.

 

Québec avait toutefois, en juin dernier, exploré l’idée de remplacer le célèbre producteur de tabac en servant d’intermédiaire auprès d’autres entreprises.

 

Le ministre québécois de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, avait déclaré à Stéphane Rolland de La Presse canadienne: «Medicago est une belle entreprise québécoise. Ils ont plusieurs plans de développement structurants. Alors, moi, je veux voir Medicago être commis au Québec comme ils le sont. Si pour arriver à ça, on peut faciliter le rachat des actions de Philip Morris, nous allons le faire.»

 

Arrêt des expérimentations

 

Pour autoriser l’usage d’une molécule pharmacologique, les entreprises doivent préalablement passer une batterie de tests auprès d’animaux comme la souris, le chien, le cochon ou le primate.

 

Ensuite, il y a quatre grandes étapes de recherches cliniques basées sur le recrutement de «sujets humains».

 

Libre Média a obtenu le témoignage et des documents de sujets ayant accepté de participer à ces protocoles.

 

Au Québec, c’est l’entreprise de recherche clinique DIEX qui était chargée de procéder aux essais cliniques, alors que le produit vaccinal était en phase 3.

 

Dans un courrier datant du 26 septembre dernier, Stéphanie Zafonte, directrice des études cliniques, expliquait aux sujets ayant participé aux recherches que leur molécule avait été développée pour cibler la souche originale et qu’elle pourrait dès lors « être moins apte à combattre les nouveaux variants du SARS-CoV-2 qui circulent maintenant dans la plupart des pays du monde.»

 

Elle ajoute que, «pour cette raison, Medicago ne fabriquera pas plus de doses de son vaccin COVID-19 formulé avec la souche originale du SARS-CoV-2; par conséquent, nous ne sommes pas en mesure de fournir plus de doses du vaccin. Ainsi, nous avons de prendre la décision tr s difficile de mettre fin à l'étude CoVLP-021 de phase 3 après les visites téléphoniques du jour 386, sans terminer la période 2.»

 

Pas de place pour les seconds

 

Le monde pharmaceutique a beau avoir la vocation de soigner les individus malades, il n’en est pas moins composé de multinationales qui rêvent d’hégémonie pour assurer les dividendes réclamés par les actionnaires.

 

La mise au point la plus rapide possible d’une formule pharmacologique est souvent la garante de plantureux revenus, surtout avec les médicaments vaccinaux largement financés par les États.

 

Ce n’est pas la première fois que des compagnies sont concurrentes face à une maladie. Face au corronavirus-19, l’Occident avait le choix entre trois molécules rapidement arrivées sur le marché, avec les molécules proposées par Astra-Zeneca, Moderna et Pfizer.

 

Il y a une quinzaine d’années, le Gardasil (Merck) avait été mis sur le marché trois ans avant le Cervarix (GlaxoSmithKline – GSK) pour tenter de réduire la prévalence du cancer du col de l’utérus.

 

À lire aussi: «Les vaccins n’ont jamais été testés pour prévenir la transmission»

 

Ce n’est pas que le premier mis sur le marché soit meilleur que les autres, mais plutôt que les accords avec les gouvernements saturent le marché, rendant le développement de la nouvelle molécule quasi impossible à rentabiliser.

 

Quelles suites possibles?

 

Étant donné le nombre de citoyens de plus de 18 ans qui ont déjà reçu plusieurs doses des formules de Moderna et Pfizer, est-il encore envisageable d’envisager une reprise des recherches pour mettre au point un vaccin n’utilisant pas d’ARNm qui ciblerait des souches plus récentes de la maladie?

 

Plus d’information pourrait suivre.