Dans un nouvel essai, Max-Erwann Gastineau brosse le portrait du nouveau monde multipolaire. Il appelle les pays occidentaux à renouer avec leurs propres particularismes culturels pour être mieux à même de comprendre ceux des autres.
«La désoccidentalisation du monde, c’est l’affirmation de pôles de résistance à l’influence morale, intellectuelle et politique de l’Occident», explique notre invité, qui précise qu’il y a tout de même «plusieurs interprétations possibles de ce concept».
«Cette affirmation de pôles de résistance, aujourd’hui elle nous saute à la figure, parce qu’on la voit se déployer dans le domaine de la géopolitique», précise-t-il.
La sinisation de l'Occident
Dans son deuxième essai publié lui aussi aux éditions du Cerf, Max-Erwann Gastineau se penche sur le pouvoir déclinant de l’Occident dans le monde, à commencer par celui des États-Unis, dont l’Europe devrait s’affranchir en bonne partie pour mieux répondre aux défis de cette désoccidentalisation.
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Cette reconfiguration de l’ordre international profite d’abord à la Chine, la pandémie ayant illustré le pouvoir d’attraction que pouvait avoir le modèle chinois – le crédit social – sur les pays occidentaux, au point où certains d’entre eux auraient entamé leur «sinisation». Avec tous les risques que cela comporte pour la préservation des libertés individuelles.
Ce processus profite aussi aux pays des BRICS en général, fatigués de recevoir les leçons de morale d’un Occident qui n’a pas toujours été exemplaire.
Le tournant de l’Ukraine
Pour Max-Erwann Gastineau qui a étudié et travaillé dans plusieurs pays, l’offensive russe en Ukraine a représenté un tournant dans cette nouvelle «ère désoccidentalisée». «À l’aune de la guerre en Ukraine, on a vu en effet des pays refuser de nous suivre, y compris d’ailleurs des démocraties».











