«L’inflation sera probablement moins forte en 2023»

Photo: AFP.

Vendredi le 30 décembre 2022, à 13:30

Depuis deux ans, le Canada est touché par une vague inflationniste. Une récession pourrait frapper le pays en 2023. Le gouvernement Legault peut-il en faire plus pour aider les contribuables? Les réponses du chroniqueur Ian Sénéchal.

 

Ian Sénéchal est chroniqueur radio et conseiller en sécurité financière chez VotreConseiller.net dont il est le président.

 

Simon Leduc: Pensez-vous que le Canada sera plongé dans une récession en 2023?

 

Ian Sénéchal: «C’est très probable, mais ce n’est pas certain. Il y a quelque chose de très surprenant en ce moment.

 

Plusieurs économistes prévoient qu’une récession frappera le Canada dans un avenir rapproché. Ils se demandent si on aura droit à une petite ou à une grosse récession. Mais personne n’exclut le fait que le pays pourrait éviter ce phénomène économique l’an prochain.

 

Présentement, rien ne garantit qu’il y aura une récession et s’il y en a une, cela pourrait ne pas être si grave que cela. 

 

Il faut savoir qu’une récession apparaît lorsqu’on observe deux trimestres de croissance négative. Je crois qu’il faut être prudent dans ce débat et ne pas dire qu’il y aura assurément une récession économique au Canada dans les prochains mois.

 

J’estime qu’il y a environ 30 à 40% de chances que l’économie canadienne soit touchée par une récession. Ceux qui affirment avec certitude qu’il en aura une ignorent le fait que la crise inflationniste n’est pas réglée et que celle-ci pourrait durer plus longtemps que prévu.

 

On sait qu’une récession mettrait un terme à l’inflation. On a l’impression qu’on voudrait que la spirale inflationniste finisse rapidement. Cela peut expliquer les précisions de certains experts pour qui une récession est à nos portes.

 

Je crois que l’inflation pourrait perdurer en 2023, mais elle sera probablement moins forte qu’en 2022. Un taux de 5% est hautement possible pour l’année prochaine.

 

À mes yeux, il est important de ne pas induire les gens en erreur en faisant des prévisions économiques trop précises, car il peut y avoir un coût monétaire en agissant de la sorte. 

 

Il faut être prudent lorsqu’on fait des précisions économiques, car c’est impossible de prévoir fermement ce qu’il va arriver sur le plan économique dans une fenêtre d’un an. Le problème est que tout le monde fait cela.

 

Les économistes qui font des prévisions économiques pour un an sont souvent dans le champ complètement un an plus tard.» 

 

Quelles mesures le gouvernement Legault pourrait-il mettre en place pour aider les contribuables à combattre la vague inflationniste?

 

Ian Sénéchal: «Au niveau provincial, on n’a pas beaucoup de contrôle sur l’inflation, car c’est un phénomène monétaire. Cela se passe beaucoup au niveau de la Banque centrale fédérale.

 

Par contre, je crois que le gouvernement du Québec peut faire quelque chose pour aider les gens qui ont de la misère à joindre les deux bouts: arrêter de faire des déficits, faire des gains de productivité dans la fonction publique et baisser les taxes.

 

Le gouvernement Legault pourrait offrir à la population de meilleurs services publics, un système de santé plus efficace et alléger le fardeau fiscal. Cela permettrait d’augmenter les gains de productivité des contribuables. Ce serait une façon d’aider les Québécois qui ont de la misère à boucler leurs budgets depuis le début de cette crise.

 

Je crois que ce n’était pas une bonne chose de s’endetter afin d’envoyer des chèques aux gens. Ce n’est pas une bonne mesure pour aider à combattre l’inflation.

 

Il faut souligner que les déficits sont carrément de la taxation différée. 

 

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Québec doit arrêter de s’endetter, améliorer ses services publics et baisser le fardeau fiscal des Québécois qui sont les plus taxés en Amérique du Nord.»

 

Est-ce que la Banque centrale fédérale a agi efficacement pour combattre l’inflation?

 

Ian Sénéchal: «Elle a fait des bons coups cette année. Par exemple, elle a augmenté rapidement les taux d’intérêt et c’est bonne mesure pour contrôler l’inflation.

 

On peut dire qu’au niveau fédéral, la Banque centrale a été plus agressive que prévu dans ses décisions.»

 

Le gouvernement Trudeau peut-il agir afin d’aider les Canadiens touchés par l’inflation?

 

Ian Sénéchal: «Il faut absolument qu’Ottawa arrête de faire de gros déficits et de s’endetter.  Actuellement, le fédéral n’a pas assez de revenus pour financer ses dépenses. C’est donc la Banque centrale qui doit faire des efforts seule de son côté en augmentant les taux d’intérêt.

 

Cela serait moins pénible pour elle si le gouvernement Trudeau arrêtait d’émettre des obligations à cause des déficits extraordinaires que son gouvernement fait actuellement.

 

Justin Trudeau doit arrêter de dépenser sans compter, d’endetter les générations futures et avoir un plan crédible de retour à l’équilibre budgétaire.»