De plus en plus de gens voient clair dans le jeu de l’establishment médiatico-politique, qui semble prêt à bien des bassesses en vue de faire oublier ses partis-pris et ses pratiques douteuses des dernières années.
Avec la fin de la course à la chefferie conservatrice et la campagne provinciale en simultané, les astres sont alignés en vue de l’observation de phénomènes spectaculaires dans le firmament politique québécois.
Et cela a trait à la capacité de bien des électeurs de répéter bêtement des lignes créées par des spin doctors, qui disposent pourtant, bien souvent, de compétences plutôt limitées, et d’une inventivité pour le moins décevante.
Un festival de clichés
La plus proéminente présentement, peu importe le palier, est la «comparaison» avec Donald Trump. «C’est le Trump du nord», voit-on s’écrire à propos de Poilievre sur les réseaux sociaux et «c’est un petit Trump», y lit-on aussi tous les jours.
Or, non seulement ceux qui se permettent ces parallèles douteux, une fois questionnés, ne sauront pas dire ce qui leur déplaît tant dans le programme de Trump, outre ses écarts de langage, mais surtout, ils ne sauront trouver en quoi les deux leaders bleu foncé sont des émules de l’ex-président.
Le fait est qu’ils ne font que ressasser les attaques des clans Charest et Legault. L’ayant entendu de la bouche d’intervenants des médias, ils tomberont des nues en se le faisant reprocher. Mais cela n’est pas moins vrai pour autant.
Le piège du consensus
Le panneau de la chambre d’écho est d’une telle attractivité que bien des gens formés pour ne pas y succomber l’ont pourtant fait à la première occasion.
Il y a là quelque chose de presque surnaturel tellement c’est un phénomène à la fois répandu et supposément contraire à ce qu’on s’imagine. Le tout sans aucune justification.
À lire aussi: Pierre Poilievre, une énergie qui fait peur dans un pays endormi
On impute ainsi le ton grinçant de la course à la chefferie conservatrice au nouveau chef, alors que les accusations les plus basses lui étaient pourtant destinées. On lui a prêté des intentions, on a déformé ses propos, on l’a diabolisé régulièrement.
Tout en se plaignant de sa supposée propension à la division! Il fallait le faire.
Mais cela a pourtant été répété des centaines de fois par des analystes politiques, comme s’ils y avaient pensé par eux-mêmes. Alors que c’était essentiellement la propagande de l’équipe Charest (ou devrais-je dire libérale…).
Une colère démocratique
De l’autre côté, Duhaime serait à blâmer pour le climat tendu de la campagne provinciale, alors qu’il s’efforce à canaliser vers les voies légitimes un ressentiment normal et sain, qui fait suite à la levée des droits fondamentaux pour des raisons plus que discutables. Et qu’il réussisse aussi bien est surprenant dans le contexte (très peu d’écarts de conduite chez ses partisans).
Par chance, la magie a ses limites. Et ces «spins» ne fonctionnent pas. De plus en plus de gens voient clair dans le jeu de l’establishment médiatico-politique, qui semble prêt à bien des bassesses en vue de faire oublier les pratiques douteuses des dernières années.
Même des maisons de sondages aux pratiques quelque peu biaisées ne peuvent que constater cette prise de conscience d’une partie grandissante de la population.
À lire aussi: Soviet chic: QS peut-il rejoindre les travailleurs?
Il est facile de constater la mauvaise foi quand, pour justifier un bilan famélique de la CAQ, la Covid sera invoquée. La seconde d’après, le critique de la gestion de la pandémie se fera accuser de vivre dans le passé. Vu à Radio-Canada tout récemment: trois interviewers insistent pour parler à Duhaime de la pandémie, pour ensuite laisser la parole à leur collègue analyste qui lui reprochera de trop en parler!
Magie ou pas, personne ne peut tolérer bien longtemps de vivre avec une telle toxicité sans entreprendre de démarche de changement. Les chances de nous sortir de là sont donc assez bonnes.













