François Legault n’accepte aucune dissidence au sein de son parti, mais 98,61% des membres de la CAQ lui ont tout de même accordé leur appui ce week-end. Un score digne des partis uniques marqués par le culte de la personnalité.
Comment pourrait-on définir la Coalition Avenir Québec sur le plan idéologique? Cette dernière n’est ni de gauche ni de droite. Elle n’est ni souverainiste ni fédéraliste. En fait, la CAQ n’est pas une formation politique traditionnelle.
Une coalition incohérente
Il n’y a pas de cohérence idéologique au sein des troupes de François Legault comme on en trouve chez les autres partis politiques provinciaux. Par exemple, Québec solidaire est socialiste et racialiste, le PQ est social-démocrate et indépendantiste et le PCQ est plutôt conservateur et de droite économique. Cela a le mérite d’être clair. Mais cette dynamique est absente à la CAQ.
Le parti de François Legault est tout simplement un parti de pouvoir. Tout ce qui l’intéresse, c’est de conserver le pouvoir le plus longtemps possible.
Legault adore le pouvoir et c’est pourquoi il voudra le conserver le plus longtemps possible.
-Simon Leduc, chroniqueur et analyste politique
C’est pour cette raison que le premier ministre Legault gouverne par sondages. Par exemple, 60% des citoyens de la région de Québec appuient un projet de troisième lien autoroutier entre Québec et Lévis. C’est pour cette raison que la CAQ a fait campagne pour ce projet à la dernière campagne électorale. Elle voulait aller chercher le soutien de cette région et barrer la route aux conservateurs d’Éric Duhaime.
Cette stratégie a fonctionné, car la CAQ a balayé Québec. Malheureusement pour les citoyens de cette région, elle a renié sa promesse avec un incroyable mépris et cynisme.
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La CAQ est un parti sans ligne directrice dirigée par un seul homme, et ce dernier concentre tous les pouvoirs entre ses mains.
Un one man show
Depuis sa fondation, la Coalition Avenir Québec est dirigée par François Legault de façon autoritaire. Il choisit lui-même les candidats de son parti pour les élections générales. Ce fut aussi le cas lors des élections de 2018 comme l’a rapporté Le Soleil: «Le chef François Legault se réserve le choix final de tous les candidats de la Coalition Avenir Québec pour les élections du 1er octobre. Aucune course à l’investiture n’est à l’agenda, ce qui déplaît à certains caquistes.»
La base militante caquiste n’a que très peu à dire sur la sélection des candidats et sur les orientations du parti. François Legault et sa garde rapprochée décident de tout.
On a vu un exemple frappant de la mainmise du premier ministre sur son gouvernement lors de la crise sanitaire. Pendant deux ans, le Québec a été dirigé par décret par un seul homme. François Legault avait tous les pouvoirs entre ses mains comme un roi de France de l’Ancien Régime. Cela a notamment permis au premier ministre d’imposer à la population des mesures liberticides comme le couvre-feu, le confinement et le passeport vaccinal.
François Legault n’accepte aucune dissidence au sein du parti, mais les membres, soumis et crédules, en redemandent. Durant la pandémie, le caucus de la CAQ a été mis sous silence par son chef.
Les députés de la CAQ étaient complètement absents sur le terrain. Ils ont été des élus fantômes pendant le confinement. C’est François Legault et Christian Dubé qui prenaient les décisions annoncées lors des fameux points de presse quotidiens qui sont rapidement devenus un rituel obligatoire pour la majorité de la population.
Durant cette période sombre de l’histoire du Québec, François Legault a été un premier ministre autoritaire comme il est le chef intransigeant de la CAQ depuis 2011.
Le pouvoir pour le pouvoir
J’estime que François Legault risque de demeurer le leader de la CAQ aussi longtemps qu’il le désire. Il s’est assuré de rendre la vie difficile aux deux prétendants à son trône en leur confiant la gestion de deux ministères difficiles: les Transports pour Geneviève Guilbeault et l’Éducation pour Bernard Drainville.
La CAQ, c’est François Legault. Je suis convaincu qu’il va tenter d’obtenir une troisième victoire majoritaire consécutive en octobre 2026: il s’agirait d’une première depuis Maurice Duplessis en 1952.
Legault adore le pouvoir et c’est pourquoi il voudra le conserver le plus longtemps possible.













