La bigoterie scientifique

Des bouteilles de gel désinfectant. Photo: ivabalk pour Pixabay.

Jeudi le 26 mai 2022, à 10:00

À l’heure où certains craignent une transmission exponentielle de la variole du singe, notre chroniqueuse Joëlle Currat dénonce la montée d’un nouveau genre de fanatisme.


Le contexte pandémique des deux dernières années a donné lieu à plusieurs débordements et excès en tout genre. Les médias de masse ont d’ailleurs rapporté à maintes reprises les faits de contrevenants aux mesures sanitaires et leurs théories plus ou moins farfelues. 

À l’autre bout du spectre, si l’on peut dire, il y a la dévotion sans bornes envers le monde médical et scientifique. Autrefois agenouillés devant les robes noires des curés, les bigotes et bigots d’aujourd’hui vénèrent la blouse blanche. Et si, jadis, ils s'accrochaient à une idéologie religieuse, à l’heure actuelle, ils brandissent n’importe quelle étude ou statistique comme on citait les saintes écritures. 
 
Pour eux, la science est devenue doctrine. Et toute personne qui ose remettre en question le moindre de ses préceptes est considérée comme hérétique. 

Ces nouveaux bigots n’ont foi que dans le matérialisme et le rationalisme. 
 
Les voies de la science sont intouchables. Ils semblent ignorer que des grands génies comme Albert Einstein et Albert Jacquard, pour ne citer qu’eux, ont conjugué science et conscience.
 

Au-delà de la division


Nous voilà en présence d’une autre plaie: la variole du singe. Ne voyant pas plus loin que le bout de leur insécurité, ces extrémistes vont-ils crier au loup et soutenir la mise en place d’un nouveau plan d’urgence ? 

Ou blâmer certains groupes «à risque» comme au temps de la syphilis? La bigoterie, quelle qu’elle soit, mène à l’intolérance, au fanatisme, et les dévots se font souvent les complices du pouvoir répressif. 

Dans la situation mondiale actuelle, on peut espérer qu’un nombre croissant de personnes vont peu à peu reprendre leur esprit, faire preuve de résilience et apporter plus de nuance dans leurs opinions. 


Des mesures utiles et d’autres absurdes 

 

Avec le recul, chacun pourra être à même de constater que pendant une crise, une pandémie, comme dans toute situation difficile, certaines mesures sont utiles et d’autres absurdes, en causant davantage de dégâts.
 
Dans un proche avenir, puissent le discernement et l’ouverture d’esprit nous guider individuellement et collectivement à prendre des décisions éclairées. 
 
Puissions-nous aussi apprendre cette leçon de façon définitive: la science, comme la spiritualité, aide les humains à comprendre l’univers et à mieux vivre. Elles doivent être utilisées pour apporter réconfort, solutions et innovations avec le plus de transparence et d’intégrité possibles.