Selon le politologue Roromme Chantal, il serait temps que les puissances occidentales comme le Canada cessent de soutenir en Haïti des gouvernements étroitement liés aux bandes armées qui sèment la terreur.
Haïti est plongé dans une crise gravissime. Quel avenir pour la perle des Antilles? Pour en discuter, je recevais le politologue Roromme Chantal dans le cadre des rencontres Libre Média.
Spécialiste d’Haïti où il a exercé plusieurs années le travail de journaliste, Roromme Chantal déplore que les puissances occidentales comme les États-Unis, la France et le Canada continuent de soutenir le gouvernement du Premier ministre Ariel Henry.
Ce dernier est lui-même soupçonné d’avoir participé au complot ayant mené à l’assassinat du président Jovenel Moïse, en juillet 2021, à sa résidence.
Ingérence coloniale
Ariel Henry a été désigné Premier ministre par le Core group, un consortium de pays occidentaux dont le Canada fait partie avec les États-Unis et la France. Ce n’est pas la première fois que les États «amis» d’Haïti s’ingèrent dans ses affaires au point de dicter sa politique ou de choisir ses présidents.
En 2010, l’élection de Michel Martelly comme président d’Haïti découle directement d’une intervention américaine pilotée par Hillary Clinton, ex-secrétaire d’État américaine.
Cette année-là, Washington est intervenu via l’Organisation des États américains pour modifier les résultats des élections du premier tour, propulsant Martelly au second tour.
Depuis l’assassinat de Jovenel Moïse, les gangs près du pouvoir ont généralisé le viol parmi leurs troupes pour soumettre les populations locales. Pour ajouter au drame, la perle des Antilles est touchée par de nouveaux cas de choléra.
La solution, selon le professeur de science politique à l’Université de Moncton? L’établissement d’un gouvernement provisoire composé d’experts et observateurs haïtiens neutres, dont un certain nombre proviendraient de la diaspora.
Rappel des faits
Le 9 octobre dernier, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a réclamé le déploiement d'une force armée internationale devant des sommets de violence observés chez la plus pauvre des deux nations de l’île d’Hispaniola.
Pour notre invité, il est loin d’être impossible que des soldats de cette force ne soient utilisés par le pouvoir en place pour mater ses rivaux et conforter les intérêts économiques des puissances occidentales.
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C’était deux jours après que le ministre haïtien, Ariel Henry, ait réclamé l’envoi d’une telle force devant la multiplication des manifestations réclamant sa démission, mais aussi dans un contexte de graves pénuries de carburant profitant à des gangs cherchant à contrôler l’approvisionnement.
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