L’indice du prix à la consommation (IPC) est encore à la hausse. Alors que les grands médias échouent à expliquer les causes du phénomène, un expert affirme que les budgets déficitaires du gouvernement Trudeau depuis la Covid en sont responsables.
«On vit un moment sans précédent où le commun des mortels réalise que les banques centrales jouent aux apprentis sorciers», laisse tomber Jonathan Hamel, avant de préciser que le taux directeur allait certainement continuer de grimper.
Selon cet analyste économique, gestionnaire et investisseur, les causes de l’inflation actuelle remontent à la crise sanitaire et sont la conséquence de deux actions économiques majeures: l’augmentation de la masse monétaire sur les marchés liée aux déficits du gouvernement Trudeau et la fermeture de l’économie.
Il souligne d’ailleurs que les probabilités que la Banque du Canada suive les actions de la Réserve Fédérale américaine sont assez élevées.
Un sommet inédit
Statistique Canada a émis hier son bulletin sur l’IPC pour le mois de juillet. L’inflation se situe à 3,3%, mais en excluant le coût de l’énergie qui a diminué, elle atteint 4,2% par rapport à la même période l’année dernière.
En juillet dernier, les prix des aliments dans les épiceries ont augmenté en moyenne de 8,5% par rapport à ce qu’ils coûtaient en juillet 2022.
L’indice du coût de l’intérêt hypothécaire a augmenté de 30,6%. Cela gonfle l’inflation, puisqu’en soustrayant cette donnée de l’équation, l’IPC se situe à 2,4%, c’est-à-dire juste un peu au-dessus de la cible de 2% de la Banque du Canada.
«La question que les grands médias évitent de poser, c’est pourquoi on est confronté à ce scénario économique?», demande Jonathan Hamel.
Double injustice
La Banque du Canada a beau s’en défendre, M. Hamel est catégorique: «elle a imprimé de l’argent pour répondre aux politiques d’endettement du gouvernement Trudeau pendant la pandémie».
Dans les faits, la Banque du Canada a utilisé une méthode dite d’allègement quantitatif, qui «permet d’émettre de la dette sur le marché plus que celui-ci peut en digérer», explique l’analyste économique.
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«On est devant une tempête parfaite en quelque sorte», dit M. Hamel. «La politique monétaire du gouvernement Trudeau, qui a consisté à distribuer des milliards en subventions pendant la crise de la Covid, a effectué une pression inflationniste en inondant les marchés avec des liquidités», soutient-il, précisant «qu’au même moment les gouvernements fermaient l’économie, ce qui a créé une rareté artificielle et donc une augmentation des prix».
Selon lui, les multinationales ont bénéficié de milliards de dollars de subventions pendant la pandémie, et maintenant que les taux d’intérêt montent, c’est la classe moyenne qui en pâtit.
«Du jamais vu en temps de paix»
«Ce qui se passe, c’est du jamais vu en temps de paix», avertit l’investisseur montréalais. «Depuis le premier trimestre de 2021, le taux directeur est passé de 0,25% à 5 %», soulignant que «oui, dans les années 1980, les taux étaient montés à près de 20%, mais ils sont aussi redescendus rapidement».
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Jonathan Hamel croit que le taux directeur va continuer à grimper et que les effets de ce que nous avons vécu vont se faire ressentir pendant des années. «La Banque du Canada se dit indépendante du gouvernement, mais dans les faits elle en est tributaire et doit s’ajuster aux politiques monétaires et au budget de ce dernier».
La Banque du Canada va réviser le taux directeur le 6 septembre prochain.













