Il faut bien plus que des élections pour freiner le déclin du Canada

Un drapeau canadien est brodé sur une casquette « Canada is Not For» au Sam Group, le 16 janvier 2025 à Ottawa. Photo: Dave CHAN pour l’AFP.

Vendredi le 17 janvier 2025, à 10:00

Restaurer une culture de liberté demandera bien plus qu’un changement de gouvernement à Ottawa.

 

Le droit découle de la politique. La politique découle de la culture. Et la culture, dans une large mesure, découle de l’éducation. 

 

Le déclin progressif de l’éducation au cours des dernières décennies, notamment l’incapacité des écoles à enseigner correctement – ou à enseigner tout court – l’histoire, a conduit à une détérioration culturelle qui prendra des années, voire des décennies, à inverser. 

 

Telle est la réalité du Canada, alors que nous venons de tourner la page de 2024 pour entrer en 2025.

 

Les Canadiens épris de liberté doivent comprendre qu’une élection ne suffira pas à enrayer la pourriture culturelle qui gangrène nos universités, nos médias et bon nombre de nos institutions juridiques et politiques.

 

2024, année sombre pour le Canada

 

L’année 2024 a été marquée par un coup sans précédent porté à la liberté d’expression, avec le dépôt de la Loi sur les préjudices en ligne (C-63), par le gouvernement Trudeau, en février.

 

Mais le projet de loi C-63 n’est qu’un symptôme parmi d’autres d’une culture malade: un trop grand nombre de citoyens sont prêts à accorder au gouvernement le pouvoir de définir ce qui est vrai ou faux pour tous.

 

D’autres initiatives, comme le projet de loi C-413, déposé par la députée néo-démocrate Leah Gazan, visent à criminaliser toute tentative de justifier le système des pensionnats indiens au Canada ou de minimiser leur impact, sous peine de deux ans de prison. 

 

De son côté, le député néo-démocrate Charlie Angus a présenté le projet de loi C-372, qui rendrait illégal le fait de suggérer que les énergies fossiles puissent avoir des effets positifs, que ce soit sur l’environnement, la santé, les relations avec les Autochtones ou l’économie.

 

 

Nous devons transmettre à nos enfants l’amour de la liberté.

 

 

Trudeau, Gazan et Angus semblent si convaincus de la justesse de leurs idées qu’ils semblent prêts à tout pour les imposer.. Loin du débat, cette tendance à museler l’opposition est une caractéristique des mouvements autoritaires.

 

Cependant, il serait naïf de croire que ces atteintes aux droits garantis par la Charte sont l’apanage des libéraux et du NPD. En 2021, les députés conservateurs ont unanimement soutenu le projet de loi C-4, qui criminalise toute tentative d’encourager un enfant ou un adulte à accepter le sexe qui lui a été assigné à la naissance, qualifiant cela de «thérapie de conversion».

 

Cette législation, appuyée par tous les partis, relève d'une adhésion aveugle à l’idéologie transgenre, même si cela implique de refuser de soutenir une personne dans un processus de détransition.

 

Reconstruire la liberté, brique par brique

 

En 1967, Pierre Elliott Trudeau affirmait que le gouvernement n’avait pas sa place dans les chambres à coucher des Canadiens. Aujourd’hui, grâce au projet de loi C-4, l’État s’immisce dans chaque cabinet de psychologue, dans chaque lieu de culte, et même dans les conversations privées autour de la table familiale.

 

Cette dérive morale, qui voit le gouvernement devenir maître plutôt que serviteur, n’est pas accidentelle; elle est le reflet d’une société qui valorise l’autorité de l’État au détriment de la liberté individuelle. 

 

Ce penchant s’est manifesté avec force pendant les confinements liés à la pandémie, durant laquelle de nombreux Canadiens ont renoncé volontairement à leurs droits fondamentaux en échange d’un faux sentiment de sécurité suscité par des mesures sanitaires autoritaires. 

 

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Restaurer une culture de liberté demandera bien plus qu’un changement de gouvernement. Cela nécessitera des années d’efforts pour réformer nos systèmes éducatifs, nos institutions et notre vision collective de la responsabilité citoyenne. 

 

Nous devons transmettre à nos enfants l’amour de la liberté et veiller à ce que nos communautés embrassent des valeurs qui privilégient la souveraineté individuelle sur le contrôle étatique.

 

Changer la culture est une tâche ardue, mais essentielle. Cet ambitieux combat vaut la peine d’être mené pour préserver ce qui reste de notre société libre.