Haroun Bouazzi, député de Québec solidaire, multiplie les accusations de racisme systémique visant le Québec et ses institutions, provoquant controverse et divisions. Pour André Lamoureux, ces propos reflètent l’extrémisme idéologique du personnage.
Depuis son élection à l’Assemblée nationale, Haroun Bouazzi multiplie les envolées verbales outrancières afin de dénoncer le racisme systémique qui gangrènerait les institutions publiques québécoises. Il a même affirmé que ce racisme était profondément enraciné au sein même de l’Assemblée nationale.
Pour le politologue André Lamoureux, de tels propos illustrent l’extrémisme de ce député, qu’il qualifie «d’islamo-gauchiste». Entrevue.
Simon Leduc: Haroun Bouazzi affirme qu’il existe du racisme systémique à l’Assemblée nationale. Ce député a-t-il un historique de propos excessifs dans ce dossier?
André Lamoureux: «Absolument. Haroun Bouazzi s’est illustré, depuis plusieurs années, par des déclarations incendiaires visant non seulement les institutions québécoises, mais également le peuple québécois dans son ensemble.
Ce n’est pas un phénomène nouveau, tant son parcours politique est marqué par des interventions controversées, notamment en lien avec la laïcité et le multiculturalisme.
Au milieu des années 2010, Haroun Bouazzi a cofondé l’Association des Musulmans et des Arabes pour la Laïcité (AMAL). Cette organisation avait notamment participé au débat sur la Charte des valeurs du gouvernement Marois, en soumettant un mémoire accusant le Québec d’être traversé par une montée de l’islamophobie.
Dans ce document, il était affirmé que la Charte allait "institutionnaliser la discrimination envers les musulmans" et que les minorités religieuses étaient "victimes d’agressions morales et physiques de plus en plus violentes". Ces accusations gratuites et exagérées reflètent une vision idéologique qui oppose systématiquement les Québécois majoritaires aux minorités culturelles et religieuses.
En 2015, l’AMAL a également été impliquée dans le cadre du projet de loi 59, présenté par le gouvernement Couillard pour lutter contre les discours haineux. À l’époque, l’organisation de Bouazzi avait été choisie pour élaborer un plan d’action contre la radicalisation et les discours haineux.
Haroun Bouazzi poursuit une démarche idéologique radicale.
Pourtant, plutôt que d’apporter une analyse nuancée, l’AMAL a continué de soutenir que le Québec était plongé dans une crise identitaire alimentée par le racisme systémique et l’islamophobie. Ces déclarations ont contribué à polariser le débat public et à semer la méfiance à l’égard des institutions québécoises.
Plus récemment, au début de novembre 2024, lors d’un gala de la Fondation Club Avenir, Haroun Bouazzi a prononcé un discours encore plus provocateur. Il a déclaré que l’Assemblée nationale participait activement à la "construction de l’autre", désignant les Maghrébins, les musulmans, les Noirs et les Autochtones comme des groupes perçus comme "dangereux ou inférieurs".
Ces propos sont non seulement diffamatoires, mais ils attaquent directement l’intégrité des élus québécois. Heureusement, l’Assemblée nationale les a condamnés.
Ces exemples montrent que Bouazzi poursuit une démarche idéologique radicale, qui cherche à polariser les débats et à diviser les Québécois.
Cela démontre clairement son inclination vers un islamo-gauchisme militant, qui entretient une vision systématiquement hostile des institutions québécoises.»
Pourquoi ses propos sont-ils perçus comme particulièrement problématiques?
André Lamoureux: «Les déclarations de Haroun Bouazzi ne se contentent pas de critiquer des politiques spécifiques; elles s’attaquent à l’essence même de l’identité québécoise.
En accusant systématiquement le Québec de racisme systémique, il alimente un narratif qui caricature la société québécoise et la présente comme intrinsèquement oppressante et discriminatoire. De telles accusations, répétées sans preuves tangibles, divisent la population et minent la confiance envers les institutions publiques.
Prenons l’exemple de son discours récent à l’Assemblée nationale. En affirmant que les élus québécois construisent des perceptions négatives sur certaines communautés culturelles, Bouazzi insinue que le parlement du Québec est une institution raciste.
Une telle déclaration est non seulement outrancière, mais elle nie aussi le travail des élus qui représentent la diversité des citoyens québécois.»
Qu'en est-il de son attitude face au conflit israélo-palestinien?
André Lamoureux: «Haroun Bouazzi a également montré ses biais idéologiques dans le dossier de la guerre à Gaza. Il a refusé de condamner les attaques terroristes du Hamas contre des civils israéliens, survenues le 7 octobre 2023, où plus de 1000 personnes ont été massacrées. Ce silence face à la barbarie du Hamas est éloquent.
Au lieu de cela, Bouazzi accuse Israël de mener un "génocide" contre les Palestiniens. Israël a pris des mesures pour avertir les civils avant ses frappes sur Gaza, contrairement à ce que Bouazzi suggère.
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Ces accusations simplistes et incendiaires trahissent une volonté de polariser davantage le débat. Elles occultent également les véritables intentions du Hamas, un groupe terroriste déterminé à rayer Israël de la carte.»
Il a aussi critiqué la SAQ. Quelle est la teneur de ses propos?
André Lamoureux: «Haroun Bouazzi s’en est pris à la SAQ, qualifiant ses choix commerciaux de "soutenus par la fachosphère raciste et pro-génocide" parce qu’elle vend des produits israéliens.
Cette déclaration absurde est un exemple supplémentaire de ses excès rhétoriques.»
Et sur la laïcité? Pourquoi QS et Bouazzi s’opposent-ils aussi fermement à la loi 21?
André Lamoureux: «Bouazzi, tout comme Québec solidaire, rejette la loi 21 sur la laïcité de l’État, soutenue par une majorité écrasante de Québécois. Ce rejet illustre une déconnexion profonde entre QS et les valeurs fondamentales de la société québécoise.
Cette opposition est souvent accompagnée d’accusations de racisme systémique, comme si défendre la neutralité de l’État était en soi discriminatoire. Ce discours montre bien leur volonté d’ériger un fossé idéologique entre eux et la population québécoise».
Pourquoi Québec solidaire continue-t-il de défendre Haroun Bouazzi malgré tous ses excès?
André Lamoureux: «Québec solidaire ne veut pas se distancer des discours radicaux de Bouazzi, car cela pourrait affaiblir sa base militante, qui partage souvent ces positions. En défendant leur député, QS prouve qu’il est un parti aligné sur une idéologie islamo-gauchiste et déconnecté des aspirations des Québécois.»
Cette radicalisation risque-t-elle de nuire à QS?
André Lamoureux: «Oui, et on en voit déjà les signes. Les positions radicales de QS sur des dossiers comme la laïcité, le racisme systémique et le conflit israélo-palestinien aliènent une grande partie de la population. Selon les sondages, leur appui est en chute libre.
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Le Parti conservateur du Québec est en voie de les dépasser. Les Québécois ne pardonneront pas ce mépris envers leurs valeurs fondamentales.
Québec solidaire se trompe en défendant Haroun Bouazzi et ses discours polarisants. Ce parti, autrefois prometteur, est devenu synonyme de radicalisme. Les Québécois ne l’oublieront pas lors des prochaines élections.»













