Le retour de Trump bouleverse la diplomatie mondiale. Tandis que le 47eme président fait le pari du réalisme, l’Europe et le Canada s’accrochent à une vision idéalisée du monde, pour ne pas dire à un monde imaginaire...
C’est une lapalissade d’affirmer que le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche change dramatiquement la donne dans le domaine des relations internationales: un changement d’orientation qui montre à quel point le camp occidental est aujourd’hui profondément divisé entre deux visions irréconciliables.
Nouvelle ère diplomatique
D’un côté, l’administration Trump fait le pari du réalisme et d’une approche fondée sur le rapport coût-bénéfice qui se mesure à l’aune des conséquences sur les intérêts nationaux de son pays.
C’est la raison pour laquelle la Maison-Blanche ne voit aucun intérêt à continuer à investir des milliards et des milliards de dollars dans le conflit ukrainien, alors qu’il est clair que Kiev ne récupérera pas ses territoires perdus depuis 2014, et que cette guerre continuera à coûter la vie à des milliers d’hommes, hypothéquant d’autant plus la capacité du peuple ukrainien à avoir un avenir.
Ramener la Russie dans le giron international
Washington voit aussi une opportunité potentielle de sortir la Russie du giron chinois. Et il faut le dire ici: la plus grave conséquence de cette guerre sur le plan géostratégique aura été la création d’un puissant axe Moscou-Pékin.
Or, comme le véritable ennemi des États-Unis est la Chine, Trump est prêt à tout pour ramener Moscou dans le giron occidental d’abord en rétablissant les liens diplomatiques, mais aussi économiques.
Cette simple amitié fondée sur l’utilité lui permet de voir dans la Russie un moyen afin de parvenir à ses fins. En retour, la Russie y voit également sa capacité à diversifier son économie désormais trop dépendante de Pékin. Trump y parviendra-t-il? Seul l’avenir nous le dira.
L’Europe et le Canada dans un monde imaginaire
À l’inverse, l’Europe et le Canada sont incapables d’accepter cette situation. Pourquoi? Parce que leur politique étrangère n’est pas ancrée dans le monde réel, mais plutôt dans un monde imaginaire.

Le monde normatif du «cela devrait être». Or, fonder sa politique étrangère entièrement autour de positions morales revient non seulement à poursuivre des objectifs irréalistes, mais aussi à avoir une stratégie brouillonne.
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En effet, l’objectif occidental ne consiste en rien de moins qu’à faire tomber le régime de Vladimir Poutine, de rétablir la souveraineté ukrainienne sur le territoire pré-2014, d’intégrer l’Ukraine dans l’OTAN et d’étendre les valeurs occidentales partout dans le monde, même celles inspirées du wokisme. Et pour y parvenir, l’Occident dépense sans compter.
Ces objectifs sont irréalistes, ce qui m’amène à croire que le Canada et l’Europe vivent dans un monde parallèle qui ignore les faits et préfère continuer sa folle stratégie des dernières années: fournir une aide militaire et financière sans limite à l’Ukraine, même si cela se fait au détriment des jeunes hommes ukrainiens condamnés à une mort certaine dans les tranchées du Donbass.
Qu’à cela ne tienne! Ce sont des soldats du bien. Dieu saura les sauver pour leur noble croisade!
Comme cette vision idéaliste repose sur une eschatologie opposant le bien au mal, il s’ensuit que «l’empire du bien» occidental n’est pas en mesure d’accepter la raison pour laquelle Trump a fait le choix de négocier avec la Russie.
Comme cette vision ne peut accepter le moindre compromis avec le mal, mais que celui-ci doit au contraire être éradiqué, en découle alors une volonté de se purifier spirituellement de cet homme maléfique.
Une pensée religieuse
Cette vision de la pureté si typique à l’empire du bien ne peut alors que générer des dérives rhétoriques et des prises de position de nature inquisitoire qui ne sont en fait que le prolongement logique du wokisme qui s’est ancré dans la mentalité collective depuis près d’une décennie.
Alors que les wokes se contentaient naguère de censurer leurs ennemis idéologiques, ils ont maintenant élevé le niveau de leurs sanctions divines. Désormais, l’heure en est à la remise en cause de la citoyenneté de leurs adversaires ayant commis le péché de s’allier à leurs ennemis.
Ce n’est en rien anecdotique, mais bien le symptôme d’un wokisme incapable de tolérer la moindre dissidence face à ce que ses adeptes érigent en Vérité absolue. Quelle sera la prochaine étape dans leur folie digne des pires régimes totalitaires du siècle dernier?
Il y a lieu de s’inquiéter, car cette vision manichéenne qui domine présentement dans une large partie de la psyché occidentale est en soi une menace à l’esprit même de la démocratie dont le fonctionnement requière la tolérance, une attitude inconnue des zélotes wokes.











