Finances publiques: le dur retour à la réalité de Valérie Plante

La mairesse Valérie Plante le 28 août 2023 dans l'arrondissement de LaSalle. Photo: page Facebook officielle de la mairesse.

Lundi le 6 novembre 2023, à 09:40

Le party semble terminé à la Ville de Montréal. Six ans après être entrée en poste, la mairesse Valérie Plante est finalement rattrapée par la réalité: les dépenses démesurées ont assez duré.

 

Le réveil a finalement eu lieu le 11 octobre, lorsque le comité exécutif de la Ville de Montréal a annoncé des compressions budgétaires, les premières depuis l'élection de Mme Plante en 2017.

 

Les premières mesures, notamment le gel des embauches de fonctionnaires pour 2024, sont un pas dans la bonne direction.

 

Aujourd'hui, la ville cherche à réaliser 115 millions de dollars d'économies pour équilibrer le budget et rembourser une partie de la dette.

 

 

Les contribuables montréalais paient la facture des ambitions démesurées de l'administration Plante.

 

 

Mais l'administration Plante semble plus intéressée à augmenter le fardeau fiscal des Montréalais qu'à réduire les dépenses inutiles.

 

Une taxe sur l'eau, une taxe sur les piscines, une taxe kilométrique et une augmentation de l'impôt foncier (quelle surprise!) sont autant d'options mises sur la table par Valérie Plante. 

 

Elle refuse même de s'engager à plafonner l'augmentation de l'impôt foncier à un niveau inférieur à celui de l'inflation.

 

Le choc de la réalité

 

Mais l'éléphant dans la pièce, ce sont les dépenses hors de contrôle de Valérie Plante. La seule action responsable à ce stade est de reconnaître le gâchis financier et de réduire les dépenses excessives.

 

Entre 2018 et 2023, le budget des dépenses de la ville de Montréal a augmenté de plus de 1,3 milliard de dollars, au point de porter le ratio dette/revenu de la ville à 106%

 

Dire que les dépenses de l'administration Plante ont explosé ces dernières années – tant en effectif qu'en «rajeunissement» – est un euphémisme.

 

Nous ne pouvons pas ignorer le fait que le nombre de bureaucrates a explosé sous Plante. 

 

Son administration laisse entendre qu'elle prend au sérieux la situation budgétaire de la ville en gelant l'embauche de 400 fonctionnaires pour 2024, mais elle ne dit pas tout. 

 

État obèse, ville obèse

 

Entre 2018 et 2023, le nombre d'employés de la Ville de Montréal passera de 22 000 à 28 000, soit une augmentation de 21%. 

 

Si Mme Plante était audacieuse, elle ramènerait les effectifs à leur niveau d'avant la pandémie, ce qui permettrait aux contribuables d'économiser 265 millions de dollars

 

En termes de rémunération totale, les employés municipaux, y compris ceux de la Ville de Montréal, reçoivent en moyenne 38,5% de plus que les employés non syndiqués du secteur privé, et 25,3% de plus que les employés syndiqués du secteur privé.

 

Mais ce n'est pas la seule dépense démesurée de l'administration Plante. 

 

Qu'il s'agisse du «plan de rajeunissement» de 340 millions de dollars du parc Jean-Drapeau, des 92 millions de dollars prévus pour le réaménagement de la voie Camilien-Houde ou des 426 000$ consacrés à de simples sculptures d'animaux pour «ramener un sentiment de sécurité dans nos rues», les contribuables montréalais paient la facture des ambitions démesurées de l'administration Plante.

 

Crise du logement

 

Comment ces dépenses peuvent-elles être considérées comme une priorité alors qu'un nombre croissant de Montréalais peinent à se loger?

 

À l'heure actuelle, les Montréalais ont du mal à payer leur loyer. Un Montréalais ayant un salaire net de 41 600$ doit débourser près de la moitié de son revenu pour avoir un toit. En effet, le loyer moyen d'un appartement de trois pièces et demie à Montréal est maintenant de 1587$ par mois.

 

Les familles et les travailleurs ont du mal à se loger. Si la mairie augmente les taxes ou en crée de nouvelles, cela ne les aidera certainement pas. Il est clair que la seule façon acceptable d'assainir les finances de la ville de Montréal est de réduire les dépenses, même s’il ne s’agit pas d’une décision facile. Les Montréalais ont fait suffisamment de sacrifices. 

 

Mme Plante doit maintenant assumer ses responsabilités et prendre les décisions difficiles qui ramèneront le bon sens à l'hôtel de ville. Les contribuables montréalais en ont assez.