Festival de «records» troublants: ça va mal aller au Québec

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Mardi le 14 janvier 2025, à 12:00

Euthanasie, avortements, dettes, séparations... et une jeunesse qui se suicide à un rythme alarmant. Malgré des impôts élevés et des milliards en péréquation, le Québec enregistre de nombreux records préoccupants. Portrait.

 

À l’aube de cette nouvelle année, le Québec fait face à des constats préoccupants. Des décennies de négligence et de mauvaises politiques ont conduit à une série de records peu flatteurs, qui devraient alarmer autant les citoyens que les dirigeants.

 

Santé

 

Premièrement, le Québec détient le record du taux d'euthanasie le plus élevé au monde, avec près de 7% de tous les décès. L'Ontario, avec près de deux fois la population, voit pourtant moins de personnes euthanasiées

 

On peut y voir le reflet de la déficience de notre système de soins palliatifs et des temps d'attente toujours en hausse: l'euthanasie peut être obtenue en quelques jours ou semaines, alors que votre prochain rendez-vous médical peut prendre des mois ou un an…

 

De manière générale, le temps d'attente pour les services de santé n'a fait qu'augmenter ces dernières années. On constate également une augmentation importante de la demande et du temps d'attente pour les services de santé mentale depuis la Covid-19.

 

En 2021, le Québec comptait la plus faible proportion de personnes disposant d’un médecin de famille parmi toutes les provinces. 

 

Pendant la pandémie, le Québec a étrangement enregistré le taux de mortalité le plus élevé (37%) de toutes les provinces, alors que les mesures sanitaires y ont été les plus draconiennes. 

 

À 1,49 enfants par femme en 2022, le taux de natalité au Québec reste nettement inférieur au seuil de remplacement de 2,1, indiquant que la province dépend d'un apport important d'immigrants pour assurer le renouvellement de sa population.

 

La même année, le Québec figurait parmi les provinces ayant les taux d’avortement les plus élevés, avec environ cinq avortements pour 1000 femmes, à égalité avec trois autres provinces. 

 

Malgré (ou en raison de?) l’éducation à la sexualité introduite par les libéraux et rigoureusement appliquée par la CAQ, les jeunes Québécoises âgées de 15 à 19 ans enregistrent un taux de 2,6 avortements pour 1000, juste derrière le Manitoba, tandis que le Nouveau-Brunswick affiche un taux près de deux fois inférieur.

 

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Dans la tranche d’âge suivante, les 20-24 ans, le Québec se distingue avec un record national de plus de 25 avortements pour 1000 en 2022.

 

Par ailleurs, on observe une augmentation notable de la plupart des infections transmissibles sexuellement (ITS). Bien qu'elle soit toujours inférieure à la moyenne nationale, la province suit une tendance à la hausse pour toutes les ITS. La syphilis chez les femmes était sept fois plus fréquente en 2022 qu'en 2012, et la gonorrhée a augmenté de 21% de 2021 à 2022.

 

Jeunesse et éducation

 

Nos jeunes ne vont pas bien. En fait, ils se suicident à un rythme sans précédent. Les taux de suicide sont supérieurs à la moyenne canadienne et les hospitalisations pour tentative de suicide augmentent. 

 

Les 15 à 19 ans enregistrent les taux les plus élevés, avec environ 60 hospitalisations pour tentative de suicide pour 100 000 garçons et plus de 200 pour 100 000 filles au cours des dernières années.

 

Le taux de divorce élevé au Québec, atteignant 6,5 pour 1000 personnes mariées et se classant juste derrière celui de l’Alberta, ne fait qu'aggraver la situation. Les familles sont de plus en plus fragiles, avec un creux record de 57% de couples mariés comparativement à une moyenne canadienne de 77% en 2021. 

 

Les familles monoparentales représentaient 30% de l'ensemble des familles lors du dernier recensement de 2021. Il est bien documenté que les ruptures familiales sont souvent liées à un risque accru d'abandon scolaire, de dépression, de toxicomanie et de suicide chez les jeunes. 

 

Le Québec détient le record national avec 5% d'utilisation de psychostimulants pour traiter le TDAH. Plus de 22% des garçons âgés de 12 à 17 ans ont pris ces médicaments au Québec en 2023, comparativement à 8% en Ontario. Un jeune sur cinq a reçu un diagnostic de trouble anxieux en 2022-2023, tandis qu'un sur quatre présentait un trouble du déficit de l'attention. 

 

Heureusement, les résultats en mathématiques et en lecture sont à la hauteur des normes internationales, mais le taux d'obtention du diplôme d'études secondaires au Québec demeure le plus faible parmi les provinces canadiennes. 

 

Selon la Fondation pour l'alphabétisation, seulement 69% des garçons obtiennent le diplôme d'études secondaires dans les délais prévus, contre 81% chez les filles – la plus grande différence entre les sexes parmi les provinces.

 

Économie et endettement

 

Qu’en est-il de l’économie? D’abord, il est de notoriété publique que le Québec a les taxes et impôts les plus élevés de toute la fédération.

 

Les contribuables québécois qui gagnent entre 50 000$ et 100 000$ paient un taux marginal d'imposition de 19%, soit le double de celui de l'Ontario. Le revenu du gouvernement par contribuable est le plus élevé du pays, mais les services ne sont pas meilleurs. 

 

De plus, le Québec est la province qui reçoit le plus de fonds de péréquation, tant en valeur absolue que par habitant. Plus de 13 milliards de dollars, soit environ 9% du budget provincial, proviennent de l’Ouest canadien, principalement des revenus pétroliers que nos élites critiquent pourtant vivement. 

 

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Une grande partie de ces revenus en taxes sert probablement à payer des intérêts sur la dette provinciale. L'Institut Fraser rapporte que la dette du Québec accaparait 39,2% du PIB provincial en 2023-2024, légèrement dépassée par Terre-Neuve. 

 

Les Québécois ont la troisième dette provinciale la plus élevée par personne au Canada, légèrement après l'Ontario et Terre-Neuve, et le double de celle de la Saskatchewan ou de la Colombie-Britannique. 

 

Le déficit de 11 milliards de dollars pour 2024-2025 causé par la CAQ ne fera qu'aggraver cette situation. Bien sûr, le coût exorbitant des infrastructures au Québec est bien connu: la Ville de Montréal a dépassé ses homologues en 2017, avec plus de 27 000$ dépensés par kilomètre de route, plus que le double qu’ailleurs. 

 

Les projets routiers ont tendance à voir d'importants dépassements de coûts et le système de santé au Québec gruge 40% du budget provincial. 

 

Le taux d’imposition élevé au Québec pourrait en partie expliquer pourquoi les Québécois sont ceux qui donnent le moins aux œuvres de charité. D’après une étude de l’Institut Fraser, la proportion des dons effectués par les Québécois représente environ la moitié, voire le tiers, de celle observée dans les autres provinces.

 

Bien que la pauvreté et l'insécurité alimentaire soient déclarées plus faibles au Québec, la Belle Province détient le record national du recours à ces établissements avec 80 visites dans les banques alimentaires par 1000 habitants en 2024, bien au-dessus de la moyenne canadienne de 50. Un phénomène étrange, étant donné que le chômage se situe à un creux historique de 5%.

 

Tout n’est pas noir, mais…

 

Tout n'est pas noir au Québec. Par exemple, le taux de natalité et l’espérance de vie sont plus élevés que dans les autres provinces et la criminalité y est plus faible. 

 

Pourtant, chacun de ces records devrait inciter nos dirigeants à revoir en profondeur leurs politiques. Quant aux électeurs, ils doivent reconnaître que les quatre partis actuellement représentés à l’Assemblée nationale ont tous leur part de responsabilité dans ce désastre.