Donald Trump, le politicien le plus efficace au monde?

Le président américain Donald Trump s'adresse à la presse avant de signer un décret dans le bureau ovale de la Maison Blanche à Washington DC, le 30 janvier 2025. Photo Roberto SCHMIDT pour l’AFP.

Jeudi le 30 janvier 2025, à 21:30

Un début de mandat fulgurant. L'animateur de radio Guillaume Ratté-Côté se demande si Donald Trump ne serait pas le politicien le plus efficace au monde...

 

De mémoire de (tout de même jeune) politologue, les premiers jours de cette administration sont les plus efficaces de l’ère moderne. Même le New York Times parle «d’efficience brutale»!

 

Mais laissons-nous aller à un peu d’admiration puisque cela est permis dans ces pages!

 

Un blitz inédit 

 

De la restauration du lustre classique des futurs bâtiments fédéraux à l'affirmation qu'il n'existe que deux sexes, en passant par l'obligation pour les fonctionnaires de se présenter au travail, ces édits sont difficilement contestables pour quiconque possède une fibre de populiste moderne.

 

Et Donald Trump a battu le précédent record en nombre d'édits publiés dans les premières heures… par vingt fois!

 

En ce qui concerne les affaires internationales où il est un peu plus difficile d’agir par décret, il n’est pas moins efficace. D’abord le cessez-le-feu Israël-Hamas, ensuite le réchauffement vers des négociations russo-ukrainiennes. 

 

Puis les avancées à grands pas vers la prise du Groenland. Ce qui met une pression d’autant plus forte sur le Panama et le Canada, qui tous deux agissent en poules pas de têtes.

 

Et le discours au Forum économique mondial dans lequel il s’est vanté d’avoir aboli la discrimination «diversité, équité et inclusion» devant un parterre rempli de ses plus fervents partisans parmi les dirigeants du monde.

 

Il a célébré la souveraineté retrouvée de son pays dans un forum qui a justement moussé le globalisme au point de dissoudre les plus fortes cultures.

 

Il y a aussi le président de la Colombie, qui s’est roulé en boule après une confrontation qui, de son côté, a ressemblé à une sorte de crise d’apoplexie mélangée à de l’hystérie haineuse. La capitulation la plus rapide et honteuse qu’il m’ait été donné de voir!

 

Tout ceci alors que l’immense contingent de personnel qu’il a dû nommer au cours des dernières semaines entre en fonction, et notamment les ministres ou secrétaires, qui doivent faire avec des audiences où la fine stratégie est de mise en vue de ne pas avoir à tout recommencer.

 

J’écris ces lignes après huit jours de présence à la Maison-Blanche. Et il y a plus! Les déportations visant en premier lieu les criminels reconnus vont si bon train que les entrées à la frontière auraient déjà chuté de plus de 90%, force de dissuasion oblige.

 

Visées stratégiques 

 

Tout en attirant des centaines de milliards d’investissements étrangers, dans le domaine névralgique dont dépend le maintien de l’hégémonie américaine sur la planète: l’intelligence artificielle.

 

Sans oublier le travail de tête chercheuse à gaspillage de DOGE, déjà en cours malgré la jeunesse de l'entité. D’ailleurs, peut-être existe-t-il déjà des «fact checks» contredisant l’histoire des 50 millions de dollars de condoms pour Gaza, que DOGE a exhumée.

 

Mais au vu des pratiques des gouvernements passés, une telle absurdité reste parfaitement plausible, même si cela impliquerait des centaines de préservatifs par homme en âge de procréer dans cette région dévastée.

 

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Et déjà, la première pièce législative de signée, le Laken Riley Act, qui empêchera les officiers de libérer des migrants illégaux ayant commis certains crimes, pour éviter des drames comme le sauvage assassinat de cette jeune femme par un migrant illégal relâché par la ICE, agence pourtant chargée de gérer ce genre de problèmes. Le tout avec la collaboration d’une soixantaine d’élus démocrates du Congrès.

 

Bref, un rythme inédit, effréné. Trump nous entraîne dans une direction dont nous nous étions tant éloignés qu'il semblait impossible d'y revenir un jour.

 

Car jamais un tel rythme n'avait été nécessaire pour rattraper le retard tout en contournant les obstacles des partisans du statu quo.

 

D’ailleurs, malgré les tarifs à venir et la volonté «d’annexer» le Canada, ce sprint à la Maison-Blanche aura plusieurs impacts positifs ici. À commencer par montrer la voie à nos politiciens douillets, casaniers et englués dans une routine si pathétique qu’elle en est devenue toxique, à gauche comme à droite.