Pour Marc-André Paquette, enseignant au préscolaire, la société québécoise a failli dans son ensemble à sa mission de protection des enfants en cédant durant la crise à la pression de la nouvelle idéologie sanitariste.
Le 5 octobre 2020, l’Association des pédiatres du Québec (APQ) réalisait sa dernière sortie publique claire pour la défense des enfants en publiant son texte intitulé «La rentrée scolaire n’est pas coupable».
C'était plusieurs mois avant que le masque ne soit imposé dans les écoles primaires et pendant les cours d’éducation physique, et bien avant que le passeport vaccinal n’engendre l’exclusion sociale des jeunes non vaccinés.
C'était plusieurs mois avant que le masque ne soit imposé dans les écoles primaires et pendant les cours d’éducation physique, et bien avant que le passeport vaccinal n’engendre l’exclusion sociale des jeunes non vaccinés.
Il s’agissait de la position officielle de l’Association des pédiatres du Québec sur les mesures sanitaires en contexte de pandémie de Covid-19 et de rentrée scolaire. Une sortie alarmante et sans équivoque.
«En resserrant les mesures sans tenir compte de la nature profonde de l’adolescence, nous contribuerons assurément à une 4e vague bien plus dévastatrice, déjà amorcée: décrochage, dépressions, toxicomanie, cyberdépendance, troubles alimentaires, peurs incontrôlables, distorsions de la pensée», tranchait l’APQ dans son texte exposant sa position.
«On pourra alors parler de sacrifice générationnel, nous nous projetons déjà à l’enseigner. Et nous regretterons pour les décennies à venir d’avoir fait obstacle à des destinées», poursuivait l’organisme.
Comme enseignant à la maternelle et ancien étudiant en médecine, j’étais inquiet pour les enfants et j’ai sonné l'alarme à plusieurs reprises.
Comme les pédiatres, je craignais les impacts délétères des mesures sanitaires sur les enfants.
De graves impacts documentés
Désormais, c’est clair.
Une enquête réalisée récemment auprès de 33 000 jeunes Québécois par Mélissa Généreux, médecin de la santé publique, démontre de façon évidente que la crise sanitaire a eu des impacts désastreux sur les jeunes.
Une enquête réalisée récemment auprès de 33 000 jeunes Québécois par Mélissa Généreux, médecin de la santé publique, démontre de façon évidente que la crise sanitaire a eu des impacts désastreux sur les jeunes.
«Au moins 50 % des jeunes à partir de 16 ans ont présenté des symptômes d’anxiété ou de dépression modérés à sévères et 1 jeune sur 4 a pensé qu’il serait mieux mort ou a pensé à se faire du mal au cours des deux semaines précédant l'enquête», conclut l’étude publiée sur le site de l’Université de Sherbrooke.
De fait, les impacts sont immenses.
Aujourd’hui, même si toutes les mesures sanitaires pour les enfants sont tombées, ils demeurent dans une position de très grande vulnérabilité à l'égard de plusieurs mesures potentiellement délétères qui pourraient être réintroduites à la prochaine vague virale, assurément inévitable, de Covid-19 ou même d’influenza.
De ce fait, nous devons nous questionner sur chacune des mesures sanitaires imposées aux enfants depuis le début de cette crise qui ne semble toujours pas terminée, du moins en regard de certains discours médiatiques et politiciens:
• Fermeture des jeux modulaires avec ruban «danger»;
Aujourd’hui, même si toutes les mesures sanitaires pour les enfants sont tombées, ils demeurent dans une position de très grande vulnérabilité à l'égard de plusieurs mesures potentiellement délétères qui pourraient être réintroduites à la prochaine vague virale, assurément inévitable, de Covid-19 ou même d’influenza.
De ce fait, nous devons nous questionner sur chacune des mesures sanitaires imposées aux enfants depuis le début de cette crise qui ne semble toujours pas terminée, du moins en regard de certains discours médiatiques et politiciens:
• Fermeture des jeux modulaires avec ruban «danger»;
• Masques sur le visage des intervenants en garderie, puis dans les écoles et les transports;
• Interdiction de jouer avec des amis, même les amis de sa classe (mai et juin 2020);
• Distanciation de 2 mètres des enfants à l’école avec pastille sur la cour et dans les corridors et utilisation de bâtons de hockey pour démontrer et rappeler le 2 mètres aux plus petits;
• Interdiction de toucher d’autres amis;
• Interdiction de partager du matériel;
• Interdiction d’utiliser les abreuvoirs, les gourdes devant être remplies par le
personnel scolaire;
personnel scolaire;
• Obligation d’utiliser un désinfectant à mains plusieurs fois par jour;
• Interdiction aux parents d’entrer dans les écoles;
• Aucun contact direct entre les intervenants et les parents;
• Aucun spectacle ou activité de fin d’année;
• Activités culturelles et sportives annulées;
• Renvoi du matériel de tous les élèves n’étant pas retournés à l’école dans des sacs de vidanges pour éviter toute contamination;
• Règles des bulles et des abreuvoirs appliquées aux camps de jours;
• Interdiction d'inviter des amis à la maison à certains moments;
• Interdiction de jouer avec des amis d’une autre classe ou d’une autre bulle dans la cour;
• Interdiction de jouer avec ses amis si ceux-ci faisaient partie d’une autre bulle à la fin d’une journée au service de garde même si plus aucun ami dans sa bulle;
• Isolement des enfants symptomatiques à l’école le temps que les parents
arrivent;
arrivent;
• Renvoi du matériel de l’enfant dans un sac de vidanges pour éviter toute
contamination;
contamination;
• Interdiction de jouer avec des amis dans la rue;
• Interdiction de jouer avec des amis au parc;
• Permission de jouer ou d’inviter des amis en respectant un nombre d’amis (excluant par le fait même certains amis en obligeant des choix) ou en respectant un nombre de bulles familiales;
• Interdiction de fêter sa fête avec des amis;
• Interdiction de prendre un ami dans ses bras pour le consoler ou l’aider;
• Interdiction de faire un câlin à grand-maman ou grand-papa;
• Interdiction de voir pour vrai grand-maman ou grand-papa;
• Masque imposé pendant au moins 5 heures à l'école pour les 5e années et les plus vieux (+ de temps si utilisation du transport ou du service de garde), puis pour tous les enfants et sur la durée de toute la journée à l’école;
• Masque pour faire l'éducation physique;
• Recommandation, par la Santé publique, d’isoler tout enfant positif dans sa chambre;
• Toutes les activités parascolaires (sport, art, musique) ont été arrêtées;
• Présence à l'école 1 jour sur 2 pour les élèves de secondaires 3 à 5 et beaucoup moins fréquemment pour ceux du CÉGEP;
• Interdiction de faire une promenade avec un ami;
• Interdiction de voir des amis sauf sur écran et à l'école;
• Interdiction de jouer avec des amis sauf ceux de sa classe durant la récréation et dans un contexte réglementé;
• Augmentation considérable du temps en ligne pour l'école et pour maintenir des liens avec ses amis;
• Instauration d’un passeport vaccinal provoquant l’exclusion des enfants non vaccinés de toute activité parascolaire et de leurs groupes sociaux hors école.
Un discours de peur irrationnel
Un discours unique véhiculant une peur possiblement démesurée semble avoir rendu «acceptables» ces mesures dont plusieurs étaient sans doute non justifiées et délétères.
Il y a quelques années, si j’avais imposé de telles mesures à mes élèves ou à mes enfants, j'aurais assurément perdu mon emploi d'enseignant ou la garde de mes enfants.
Le fait qu’un organisme officiel comme la Santé publique ait suggéré ces mesures, que le gouvernement du Québec les ait imposées et que les grands médias les aient banalisées n’empêche pas qu’elles aient été nocives pour les enfants.
Pour chacune de ces mesures, nous devons donc nous questionner:
Pour chacune de ces mesures, nous devons donc nous questionner:
1. Est-ce que la mesure imposée aux enfants était nécessaire pour protéger la santé physique (mais aussi affective et sociale) de la population?
2. Est-ce que la mesure a nui aux enfants?
3. Advenant une nouvelle vague virale, la mesure devrait-elle être de nouveau appliquée?
J’espère de tout cœur que de nombreux intervenants auront enfin le courage d’exiger et de participer à cette réflexion sociale nécessaire et urgente afin que nous puissions, lors des prochaines vagues virales inévitables, mieux protéger le développement et la santé de nos enfants.
J’espère de tout cœur que de nombreux intervenants auront enfin le courage d’exiger et de participer à cette réflexion sociale nécessaire et urgente afin que nous puissions, lors des prochaines vagues virales inévitables, mieux protéger le développement et la santé de nos enfants.











