Début de campagne de François Legault: l’immunité disparue?

Le premier ministre François Legault et le ministre de la Santé Christian Dubé, le 28 mars 2022. Photo: page Facebook officielle de François Legault.

Dimanche le 28 août 2022, à 16:45

Durant son premier discours de la campagne, François Legault semblait bien moins confiant que ces dernières années, n’étant désormais plus «adéquatement vacciné» contre la critique, analyse notre rédacteur en chef Jérôme Blanchet-Gravel. 


Voilà: la campagne électorale vient de débuter officiellement et il fallait écouter le point de presse de François Legault devant la chute Montmorency, près de Québec, pour prendre la température de l’eau. 
 
Le premier ministre sortant est apparu nerveux et maladroit. Il semblait plus repentant que confiant, un ton qui tranchait avec «l’arrogance» de son parti des deux dernières années, un mot employé aujourd’hui avec justesse par le chef du PQ, Paul St-Pierre Plamondon, pour décrire la gouvernance caquiste et ses dérives. 


Legault sur la défensive 

 

À plusieurs reprises durant son discours, le chef de la CAQ s’est enfargé dans ses mots et a paru hésitant, témoignant d’une maîtrise très partielle de la langue française à l’oral, ce qui d’ailleurs ne lui a presque jamais été reproché dans la presse, contrairement à Justin Trudeau. 
 
«Je me considère très chanceux d’avoir eu le privilège d’être premier ministre au cours des quatre dernières années. Bien sûr, on n’avait pas prévu il y a quatre ans d’avoir cette pandémie, mais on est passé au travers en faisant attention à nos aînés. […] Je tiens rien pour acquis», a assuré le politicien de 65 ans. 
 
Pour tout dire, à certains moments, François Legault semblait presque gêné de se présenter devant les Québécois dans toute sa vulnérabilité électorale, n’étant désormais plus «adéquatement vacciné» contre la critique. 

François Legault joue la carte de la modestie, l’obtention d’un gouvernement majoritaire (et pas plus) étant apparemment le seul objectif de sa formation de centre que les sondages présentent comme hégémonique. 

Enfin, les hostilités reprennent 

 
J’espère ne pas surprendre en écrivant que la pandémie a été marquée par la suspension de plusieurs droits, mais aussi par celle du débat démocratique, et en particulier dans un Québec déjà mal à l’aise avec la différence d’opinions. 
 

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Un consensus aux accents autoritaires s’est imposé tout naturellement (et honteusement) pendant deux ans, un climat intenable dans le contexte d’une véritable campagne électorale.
 
Il est rassurant d’entendre certains journalistes adopter un ton plus conforme à leur mission que celui en vigueur à l’époque où les Québécois étaient sommés quotidiennement de faire preuve de «solidarité», et où la moindre interrogation sur la gestion du gouvernement était vue comme une hérésie.


D’un climat à l’autre 

 
François Legault et son parti ont tellement été habitués à bénéficier d’un traitement complaisant dans les grands médias – et de la part des oppositions dans le dossier de la Covid – que le réveil pourrait être brutal, car la démocratie semble vouloir reprendre ses droits.
 
Autrement dit, le fait que la CAQ ne bénéficie plus du consensus préfabriqué des deux dernières années pourrait nous réserver bien des surprises dans la campagne.

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Depuis ce matin du 28 août, l’état d’urgence ne semble plus profiter à un François Legault qui ne pourra pas esquiver jusqu’au 3 octobre toutes les attaques des autres chefs, en particulier celles d'Éric Duhaime, qui n’a pas hésité hier à le qualifier de «peureux».