Notre nouveau contributeur en affaires militaires, Jonathan Wade, présente les limites de la Marine royale canadienne face aux ambitions russes et chinoises dans l’Arctique. Le Canada est fragilisé dans cette région névralgique.
Le commandant de la Marine royale canadienne (MRC), le vice-amiral (VAdm) Angus Topshee, a récemment affirmé que la MRC serait en mesure d’interdire toute intrusion russe et chinoise dans le passage du Nord-Ouest, et ce, sans aide provenant de pays alliés.
«Nous n’aurions pas besoin que les alliés nous viennent en aide. Nous pourrions nous en occuper nous-mêmes. Nous avons la capacité de déployer nos navires là-haut dès maintenant pour les arrêter», a déclaré le vice-amiral Angus Topshee.
Un mythe qui a mal vieilli
Pourtant, la capacité opérationnelle de la MRC n’est pas suffisamment significative pour assurer la sécurité de ses côtes et remplir ses obligations envers ses alliés.
Le vieillissement des navires canadiens, la lenteur et les dépassements de coûts des programmes de modernisation, ainsi que le manque de vision stratégique de l’état-major canadien, constituent des entraves à une marine opérationnelle.
Dans les prochaines années, l’accessibilité quasi annuelle du passage du Nord-Ouest deviendra un enjeu majeur pour la souveraineté territoriale du Canada. Malgré les affirmations du vice-amiral Topshee, la MRC est loin de pouvoir assurer une présence accrue dans l’océan Arctique.
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Les navires de patrouille extracôtiers et de l’Arctique (NPEA) sont les seuls ayant la capacité d’opérer dans le passage du Nord-Ouest jusqu’à une épaisseur maximale de 120 centimètres de glace.
Au-delà de cette épaisseur, l’un des deux brise-glaces lourds de la Garde côtière canadienne, qui ne possèdent aucun armement, doit escorter les NPEA. Présentement, la MRC n’en compte que quatre.
Évidemment, interdire l’accès à des navires de marchandises n’est pas aussi complexe et menaçant que de faire face à des navires de guerre. L’armement des NPEA – un canon de 25 mm et deux mitrailleuses lourdes Browning M2 – peut convaincre un navire de marchandises de faire demi-tour.
De plus, un hélicoptère CH-148 Cyclone peut être déployé sur un NPEA, mais le VAdm Topshee a confirmé que des changements doivent être apportés afin que ce soit possible.
«Pour le moment, il y a un hangar, il y a un poste de pilotage – c'est la partie la plus facile», a déclaré Topshee. «Ce qui est compliqué, c'est que pour pouvoir faire atterrir cet hélicoptère sur le pont, le sécuriser sur le pont, puis l'amener dans le hangar, quelques changements doivent être apportés.»
Pouvoir limité
Cependant, ce même armement aura peu de pouvoir de dissuasion face à des navires de guerre russes ou chinois, surtout sans l’aide de la marine américaine basée en Alaska. Seule une présence sous-marine accrue pourrait être dissuasive, mais la MRC a un besoin urgent de moderniser sa flotte sous-marine.
Le journaliste russe de la défense Alexandre Timokhine a affirmé que Moscou sonde de plus en plus les eaux arctiques et que l’expansion prévue de la force sous-marine du Canada pose une menace «radicalement» différente.
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«Aujourd’hui, le Canada possède trois sous-marins basés dans l'océan Pacifique et un autre dans l'Atlantique. En raison de leur obsolescence et de leur usure, la menace qu'ils représentent pour nous n'est pas si importante», a-t-il écrit dans Vzgliad, un journal en ligne ayant des liens avec le Kremlin. «Mais les nouveaux sous-marins peuvent tout changer radicalement – et pas en notre faveur.»
Le gouvernement du Canada planifie d’acquérir 12 nouveaux sous-marins à propulsion non nucléaire, ce qui pourrait changer la donne.
Toujours pas de plan clair
Cependant, le ministre de la Défense nationale, Bill Blair, n’a fourni ni calendrier ni estimation des coûts pour le projet, et l’approvisionnement en matière de défense au Canada souffre malheureusement d’une longue histoire de retards et de politisation.
Il est évident que l’état actuel de la MRC n’offre que très peu de solutions dissuasives contre d’éventuelles intrusions russes ou chinoises sur le territoire canadien.
Les affirmations du VAdm Topshee ne sont pas fondées, et la crédibilité du gouvernement du Canada à assurer l’intégrité de son territoire nordique sans l’aide de ses alliés est minime.












