Pas de trêve pour les migrants à Noël

Des migrants se réchauffent près d'un feu le long du mur frontalier le 22 décembre 2022 à El Paso au Texas. Photo: John Moore/Getty Images/AFP.

Samedi le 24 décembre 2022, à 16:10

Malgré la violence à laquelle ils sont exposés et les risques d’hypothermie, les migrants continuent d’affluer par milliers à la frontière américaine. La plupart d’entre eux se préparent à souligner Noël dans des campements de fortune.

 

La pression migratoire à la frontière américaine est appelée à augmenter d’ici le Nouvel An, dans un contexte où l’inflation frappe aussi durement l’Amérique latine.

 

Au Texas, la ville frontalière d’El Paso est confrontée à une crise humanitaire. Les autorités craignent que des migrants entassés le long du tracé meurent de froid. La nuit, les températures ont atteint les 15 degrés sous zéro dans les derniers jours.

 

De l’autre côté du tracé, à la Ciudad Juárez, environ 20 000 migrants attendent.

 

Le diocèse catholique d'El Paso prévoit d'ouvrir deux autres abris pouvant accueillir jusqu'à 1000 personnes dans des églises de la région, rapporte entre autres La Jornada.

 

Des prêtres vont célébrer des messes pour apporter du réconfort spirituel aux migrants, dont la grande majorité sont catholiques ou chrétiens évangélistes.

 

Dans la ville mexicaine de Tijuana, juste en face de San Diego, environ 5000 migrants occupent plus de 30 abris. Pour échapper au froid, d’autres ont réussi à louer des chambres ou des appartements.

 

Le prétexte de la pandémie

 

Le 19 décembre dernier, le président de la Cour suprême, John Roberts, a prolongé le fameux titre 42 créé sous l'administration Trump. Cette mesure exceptionnelle donne à l'exécutif le pouvoir d'expulser automatiquement les immigrants sans papiers en vertu des risques sanitaires qu’ils peuvent représenter depuis la pandémie de Covid-19.

 

À lire aussi: Les grands discours à l’épreuve de la réalité

 

Une décision finale est attendue sur l’avenir de cette politique controversée qui devait expirer le 21 décembre. De nombreux législateurs républicains exigent son maintien. Ces dernières années, elle a permis d’empêcher plusieurs milliers de personnes de traverser la frontière.

 

Quelques heures avant son expiration, l'administration Biden a demandé à la Cour suprême de ne pas l'annuler avant Noël.

 

Les républicains font valoir que la suspension du titre 42 pourrait mener à l’effondrement des services publics des États frontaliers, et donc, les plonger dans l’insécurité.

 

Le titre 42 s'applique à toutes les nationalités sans distinction, mais a surtout touché les gens originaires du Mexique, du Guatemala, du Honduras, du Salvador et, plus récemment, du Venezuela, précise la revue Proceso.

 

Inflation

 

Dans un contexte où l’inflation fait augmenter le prix des aliments et des denrées essentielles dans la plupart des pays latino-américains, ils sont nombreux à prendre le chemin de l’exil.

 

La faim et la pauvreté augmentent sur le continent. C’est le constat que viennent de faire dans un rapport conjoint la Commission économique pour l'Amérique latine et les Caraïbes (CEPALC), l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et le Programme alimentaire mondial (PAM).