Les zombies bureaucratiques

Un fêtard participe à la traditionnelle Zombie Parade célébrée avant Halloween, à Santiago au Chili, le 15 octobre 2022. Photo: Martin Bernetti pour l’AFP.  

Mardi le 25 octobre 2022, à 16:20

Ils adorent les règles, se faire dire quoi faire et quoi penser. Durant deux ans, ils ont écouté religieusement leur gouvernement avant de prendre eux-mêmes des initiatives, au cas où ils pourraient «tuer du monde».

 

Ils sont généralement anxieux et n’aiment pas tellement les enfants qui courent et font du bruit.

 

Ils auraient toujours l’une des politiques familiales les plus généreuses de la planète, mais leur taux de natalité est au plus bas.

 

Au dernier jour de l’An, ils ont toléré que leur gouvernement soit l’un des seuls dans le monde à interdire les rassemblements.

 

Ils vivent dans une garderie à ciel ouvert, un État-CPE administré par des comptables.

 

Le triomphe des #GrandsEnjeux

 

Cette année, les zombies bureaucratiques récidivent en entamant un débat de haute voltige sur la meilleure date à laquelle souligner l’Halloween.

 

Il ne faudrait surtout pas que cette vieille fête païenne célébrée à la même date depuis des siècles ne vienne chambouler leur routine un lundi soir.

 

Mais qu’est-ce que ce serait si les parents devaient aller travailler un peu fatigués le lendemain de la dure et dangereuse récolte des bonbons, et reporter le visionnement du douzième épisode de leur nouvelle série Netflix préférée?

 

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Non mais quel drame, pendant que le continent vit la plus grave crise migratoire de son histoire. Entre autres véritables enjeux comme la guerre en Ukraine.

 

L’Halloween de tous les dangers

 

L’année dernière, leur gouvernement a publié un communiqué intitulé «Suggestions de bonnes pratiques pour une Halloween en toute sécurité».

 

On pouvait y lire: «Les enfants ne doivent pas entrer dans les maisons. Il leur est demandé de s’abstenir de chanter ou de crier devant les personnes qui donnent les friandises».

 

En 2019, plusieurs municipalités ont décidé de «reporter» l’Halloween en raison de prévisions météo défavorables. La pluie pouvait, j’imagine, augmenter les risques d’hypothermie chez les enfants et les parents, et donc, peut-être contribuer à engorger le système de santé.

 

«C’est la première fois qu’autant de villes québécoises choisissent de changer la date de la grande collecte de bonbons. En raison de la météo, la fête sera scindée en deux jours, soit jeudi soir et le vendredi 1er novembre», rapporta sans rire Le Journal de Montréal.

 

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Les zombies bureaucratiques adorent tout ce qui est gestion du risque. Depuis la crise sanitaire, ils en sont devenus les champions en Amérique du Nord.

 

Le 3 octobre dernier, ils ont réélu un parti éteignoir dont le grand projet pour le Québec consiste essentiellement à leur offrir des crédits d’impôt à la rénovation d’une salle de bain.

 

Rénovez votre salle de bain grâce à notre bon gouvernement «nationaliste», pendant que la culture québécoise et la vie sociale sont en ruines.

 

«Ce qui est important, c’est d’avoir une qualité de vie pour les personnes qui habitent au Québec», déclarait François Legault durant la dernière campagne électorale.

 

Mourir dans la sécurité

 

Selon certains, en voulant rester un peuple uni, les zombies bureaucratiques résisteraient au wokisme au Canada, mais dans les faits, ils contribuent à son avancée en voulant comme lui tout codifier, tout encadrer, tout contrôler. Tout faire mourir.

 

Les zombies bureaucratiques sont les meilleurs alliés de ce wokisme voulant interdire les costumes sexy d’infirmières et toute forme d’appropriation culturelle au nom de la nouvelle morale. De ce courant autoritaire voulant créer un safe space global.

 

Mourir dans la sécurité, voilà un autre grand projet de société.