Pour notre contributeur Philippe Labrecque, la vaste opération de camouflage de l’état de santé de Biden avant sa chute montre à quel point les grands médias influencent notre perception du monde jusqu’à peser sur le résultat des élections.
Il n’y a pas que Joe Biden qui souffre de capacités cognitives déficientes. Notre mémoire collective et individuelle est aujourd’hui elle aussi mise à mal.
Force est de constater que les évènements qui marquent notre société ne sont pensés qu’au sein du cadre temporel du cycle médiatique actuel, comme si nous étions enfermés dans le présent, incapables de les contextualiser, même sur une période récente ne remontant qu’à quelques années.
La chute de Joe Biden est l’un de ces évènements qui se doivent d’être analysés dans un cadre bien plus large et même au-delà des élections américaines à venir.
Biden en déclin cognitif depuis 2020
Pour ceux qui se seront donné la peine de regarder, il était évident que les facultés cognitives de Biden étaient en déclin prononcé depuis au moins la course de 2020. Il était déjà légitime de se demander s’il était en mesure d’exercer les fonctions d’un président américain.
Pourtant, poser la question valait au téméraire de se faire traiter de «complotiste». C’est aujourd’hui une réalité impossible à nier.
D’ailleurs, les stratèges démocrates en étaient pleinement conscients. Ces derniers minimisaient ses apparitions publiques et médiatiques dès la campagne de 2020 tellement étaient grands les risques que Biden dérape ou dévoile sa sénilité.
C’est à se demander si les médias, supposément garants de la démocratie, ne contribuent pas plutôt à son hystérisation et à sa déstabilisation.
Malgré ces précautions, plusieurs séquences ont démontré la déficience cognitive de Biden tout au long de sa présidence.
Rappelons que plusieurs grands médias influents ont pourtant tout fait pour minimiser le déclin rapide de Biden dès sa candidature de 2020 et tout au long de sa présidence alors qu’aujourd’hui, tout d’un coup, ils font largement partie d’un groupe influant ayant réussi à pousser Biden à la retraite pour cette même raison.
Si Biden est soudainement incapable de gérer les responsabilités d’un candidat à la présidence, on peut également douter de sa capacité à gérer la plus grande puissance économique, culturelle et militaire. C’est à se demander qui a géré la Maison-Blanche tout ce temps.
Trump, fou à lier?
Si on parle des facultés de Joe Biden aujourd’hui, c’était plutôt l’équilibre psychologique de Trump qui faisait les manchettes dans un passé pas si lointain.
Ces mêmes médias qui ont tout fait pour éviter de constater le déclin cognitif de Joe Biden sont les mêmes qui, tout au long de la présidence de Trump, ont voulu nous convaincre que le magnat de l’immobilier était psychologiquement inapte à occuper la Maison-Blanche.
Des groupes «d’experts» en santé déclaraient même que Trump était atteint d’une «maladie mentale dangereuse», rien de moins, sans même l’avoir examiné en personne, bien entendu.
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On leur concédera que Donald Trump est un personnage politique atypique aux traits psychologiques exacerbés, mais on peut se demander pourquoi ces mêmes «experts» n’ont pas pensé appliquer le même diagnostic à distance à Joe Biden pendant toutes ces années, bizarrement.
Rappelons que ces mêmes médias (pas tous, bien entendu) ont passé quatre ans, de 2016 à 2020, à nourrir une hystérie collective autour de Donald Trump, contribuant largement à sa défaite de 2020.
C’est à se demander si les médias, supposément garants de la démocratie, ne contribuent pas plutôt à son hystérisation et à sa déstabilisation.
Quotidiennement manipulés
Finalement, la déchéance de Biden, avant même ce débat fatidique, n’aurait pas dû être une surprise. Qu’il ait tenu si longtemps est une démonstration de la force et l’emprise des médias sur notre perception de la réalité, faussée la plupart du temps par leur action.
Ce n’est pas une grande révélation vous me direz, certes, mais dans un univers politique qui pousse à la polarisation extrême et où l’adversaire est aujourd’hui un ennemi à abattre (l’attentat contre Trump l’illustre bien), je crois qu’il est très naïf de croire que les médias traditionnels sont encore ces grands défenseurs de la démocratie.
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Ils la mettent en péril en la manipulant de façon grossière et en misant sur notre mémoire collective atrophiée, noyée dans le consumérisme et les «vraies affaires» de la vie ordinaire.
Certains lecteurs croiront qu’il s’agit ici d’un texte partisan et répliqueront que certains médias sont (aussi) des haut-parleurs de Trump (Fox News) et qu’il n’y avait pas que les médias pro-Biden dans toute cette affaire.
Ils ont évidemment raison, mais un tel argument démontre la subjectivité et la partialité idéologique profonde de médias utilisés comme outils dans une «culture war» à finir, ce qui ne fait qu’ajouter de l’huile sur le feu au sein d'une situation de plus en plus explosive.
Marionnettistes ou marionnettes?
Si vous me permettez de pousser mon analyse plus loin, les «médias» – aussi galvaudé ce terme peut-il être – ne sont peut-être pas les marionnettistes, mais plutôt les marionnettes «d’intérêts puissants» comme certains disent.
Je crains que cela fasse de nous les spectateurs crédules et les êtres primitifs qui prennent pour réalité les ombres médiatiques sur les parois de nos petites cavernes respectives.
Les optimistes qui croyaient que l'internet mettrait fin au «mensonge» et à la propagande politique doivent avoir honte de leur naïveté de l’époque.
Aujourd’hui, on pourrait même conclure que l’internet et la croissance phénoménale des technologies de la communication ont décuplé le pouvoir de la propagande.
S’il fallait retirer personnellement quelque chose de la chute de Joe Biden, ce serait peut-être de rester conscient de l’assaut constant de la propagande moderne sur nos facultés cognitives, justement, pour éviter son sort.











