Ukraine: les hommes manquent, notre correspondant interpellé

Les dégâts causés par une frappe de drone russe à réaction sur un établissement d’enseignement à Rivne, dans le nord-ouest de l’Ukraine, le 13 octobre 2026. Photo: AFP / Police nationale d’Ukraine.

Vendredi le 16 octobre 2026, à 08:15

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Ukraine: les hommes manquent, notre correspondant interpellé
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Interpellé quatre fois en Ukraine, Alexis Brunet raconte des rues désertées par les hommes, dont certains restent cloîtrés pour échapper à la mobilisation. Notre correspondant témoigne du quotidien à Kiev, entre explosions et fatigue.

 

«On voit beaucoup plus de femmes que d’hommes dans les rues.» Depuis Kiev, Alexis Brunet constate un changement par rapport à ses précédents séjours dans la région. «Ça me choque beaucoup plus maintenant que, par exemple, il y a trois ans.»

 

Au micro du Libre-Podcast, notre correspondant raconte avoir lui-même été interpellé à quatre reprises: deux fois à Lviv, une fois à Ternopil et une fois à Kiev. Chaque fois, il a présenté son passeport et a pu repartir.

 

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«Un homme de mon âge, par exemple, en pleine force de l’âge, on peut se poser la question: mais qu’est-ce qu’il fait?», explique-t-il, évoquant les hommes qui circulent encore dans les rues en pleine mobilisation.

 

Comment se déroulent ces contrôles? «Je sors mes papiers, mon passeport et puis on me laisse tranquille.»

 

«Des hommes ont honte de sortir»

 

Alexis Brunet évoque aussi des Ukrainiens qui éviteraient de sortir pour échapper à la mobilisation. «Il y a des gens qui vivent reclus depuis quatre ans, des hommes, et qui ont honte de sortir maintenant, et qui vivent entre quatre murs.»

 

Il précise toutefois rapporter ici des récits indirects. «Je n’en ai pas rencontré malheureusement parce qu’ils ne peuvent pas témoigner à visage découvert.»

 

Le journaliste Alexis Brunet sur la Place Sainte-Sophie, à Kiev, en octobre 2026. Alexis Brunet fait partie du comité de rédaction de Libre Média.

 

 

Quant aux images d’enrôlements forcés diffusées sur le web, il nuance: «Ça fait le tour des réseaux sociaux, mais ce n’est pas la règle.»

 

Il rappelle également les restrictions qui empêchent les hommes de quitter le pays: «Un homme ukrainien ne peut pas sortir de son pays depuis quatre ans.» Il précise toutefois qu’il existe des dérogations.

 

Des abris aux supermarchés

 

Dans la capitale, la menace aérienne rythme le quotidien. «Il y a des alertes jaunes et des explosions tous les jours, il y a des drones tous les jours dans le ciel.»

 

Lors d’une récente attaque nocturne, il dit avoir entendu une vingtaine d’explosions depuis son logement, entre minuit et le petit matin. À une autre occasion, l’alarme n’aurait retenti qu’après une première déflagration.

 

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«Les gens ne peuvent pas aller tout le temps à l’abri», souligne-t-il. «Ça génère du stress, oui, ça très clairement.»

 

Pour autant, Kiev reste animée. «Les supermarchés et les magasins sont bien achalandés, les gens vont au restaurant, au bar, au bistrot, à l’église, etc.»

 

Il se méfie des portraits «apocalyptiques» diffusés sur les réseaux sociaux. «Non, ça, ce n’est pas la réalité.» La lassitude n’efface pas davantage le patriotisme. «Il y a toujours des drapeaux ukrainiens partout.» Dans le métro, les affiches continuent de célébrer les combattants. «Les Ukrainiens ne veulent pas perdre la guerre, car leur sacrifice est déjà beaucoup trop grand.»

 

Voter sous les drones?

 

Et Zelensky? Dans les conversations quotidiennes, son avenir politique semble passer au second plan. «On n’en parle pas trop», rapporte le journaliste au tempérament aventurier.

 

Alexis Brunet évoque néanmoins la popularité de Valeri Zaloujny, ancien commandant en chef de l’armée ukrainienne devenu ambassadeur à Londres. Selon lui, son éventuelle accession au pouvoir ne signifierait pas une paix aux conditions du Kremlin.

 

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Sur l’organisation d’élections pendant la guerre, il tranche: «On ne voit pas comment on pourrait faire des élections avec des drones et des explosions au-dessus de sa tête.»

 

Le Kiévien ordinaire, explique-t-il, a surtout d’autres préoccupations que de choisir entre Zelensky et Zaloujny. «Il faut qu’il vive un peu au jour le jour. Il y a toujours cette situation d’urgence.»