Dans Jean-Talon, Jesse Robitaille mise sur un PCQ plus mature

Jesse Robitaille, candidat du PCQ dans Jean-Talon, sur l'Avenue Maguire à Québec, le 13 septembre 2026. Photo: Jérôme Blanchet-Gravel pour Libre Média.

Vendredi le 18 septembre 2026, à 09:40

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Dans Jean-Talon, Jesse Robitaille mise sur un PCQ plus mature
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Candidat du Parti conservateur du Québec dans Jean-Talon, Jesse Robitaille veut réduire les impôts, combattre la bureaucratie et replacer les libertés individuelles au cœur de la politique québécoise. Entrevue.

 

Ambulancier de profession, Jesse Robitaille tente de nouveau sa chance dans Jean-Talon, trois ans après y avoir défendu, à seulement 24 ans, les couleurs du PCQ lors de la très suivie élection partielle de 2023.

 

Jérôme Blanchet-Gravel: Qu’est-ce qui a changé pour vous depuis votre première campagne?

 

Jesse Robitaille: «J’ai maintenant une élection derrière moi. J’ai trois ans de plus, davantage d’expérience et plus de maturité. Cette première campagne m’a permis d’apprendre énormément sur le terrain et de mieux comprendre les attentes des électeurs.

 

Le parti a également évolué. Les gens sont plus réceptifs à nos idées. Nous sommes moins perçus comme un parti de protestataires ou de "fous furieux" et davantage comme un parti constructif, capable de présenter des propositions concrètes.

 

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C’est quelque chose que je ressens directement sur le terrain. Plusieurs électeurs nous regardent maintenant autrement et comprennent que le PCQ ne se limite pas à son opposition aux mesures sanitaires.»

 

Quels sont aujourd’hui vos principaux chevaux de bataille?

 

Jesse Robitaille: «Les thèmes ont changé, mais les conséquences de la pandémie ne sont pas complètement derrière nous. La fermeture des écoles a provoqué des retards d’apprentissage. Le port obligatoire du masque a également pu nuire à certains enfants, notamment dans l’apprentissage de la lecture.

 

Il y a aussi les conséquences économiques. Nous avons mis l’économie à l’arrêt, fermé des commerces et réduit la production, tout en injectant énormément d’argent dans l’économie. C’était une recette propice à l’inflation.

 

Aujourd’hui, le coût de la vie préoccupe tout le monde. Le PCQ a eu quatre ans pour préparer une plateforme et un cadre budgétaire. Nous proposons d’importantes baisses d’impôts et voulons faire du Québec l’endroit le plus favorable à l’entrepreneuriat en Amérique du Nord.»

 

Vous accusez la CAQ de reprendre une stratégie semblable à celle de 2022. Que voulez-vous dire?

 

Jesse Robitaille: «La CAQ amplifie une crise pour tenter d’en tirer un avantage politique. Elle désigne un ennemi extérieur, cette fois les États-Unis et Donald Trump, afin de provoquer un réflexe de ralliement autour du gouvernement. C’est un phénomène bien connu en science politique.

 

Nous proposons une approche radicalement différente. L’État ne doit pas constamment prétendre protéger les citoyens contre toutes les menaces. Les gens sont assez compétents et informés pour déterminer ce qui leur convient.»

 

Comment cette différence se traduit-elle sur le plan économique?

 

Jesse Robitaille: «Nous voulons mettre fin aux subventions aux entreprises. Avec la menace des tarifs américains, certains réclament encore davantage d’aide gouvernementale. Or, les subventions sont arbitraires: pourquoi une entreprise y aurait-elle droit et pas une autre?

 

Il faut remplir des formulaires, transmettre une demande au ministère et parfois attendre des mois avant d’obtenir une réponse. Cette bureaucratie impose elle-même un coût aux entreprises et aux contribuables.

 

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Les baisses d’impôts, au contraire, peuvent s’appliquer immédiatement et profiter à tout le monde. Elles reviennent en quelque sorte à offrir une aide directe, sans maintenir tout un appareil gouvernemental chargé d’étudier les demandes.»

 

Le PCQ demeure-t-il associé principalement à son opposition aux mesures sanitaires?

 

Jesse Robitaille: «Certaines personnes nous réduisent encore à cela. Il faut les écouter, leur demander ce qui les préoccupe et leur expliquer que notre parti et notre plateforme vont beaucoup plus loin.

 

Après 2022, plusieurs commentateurs croyaient que le PCQ allait disparaître. Nous avons plutôt utilisé ces quatre années pour nous structurer et nous préparer. Les Québécois nous associent maintenant clairement à la volonté de dégraisser l’État. C’est un thème sur lequel nous devons continuer de marteler.»

 

Quel fil conducteur relie votre opposition aux mesures sanitaires à vos propositions actuelles?

 

Jesse Robitaille: «Le principe demeure le même: la défense des libertés individuelles. Cela comprend la liberté d’expression et la liberté de religion, mais aussi la liberté économique et financière. Nous voulons réduire les impôts et la réglementation afin de laisser davantage de choix aux citoyens.

 

Les enjeux ont changé, mais notre philosophie reste la même. Plusieurs électeurs me disent également qu’ils avaient une certaine perception d’Éric Duhaime, mais qu’après l’avoir écouté récemment, ils le trouvent plus posé et plus crédible comme chef politique.»

 

Quelles seraient vos priorités comme député?

 

Jesse Robitaille: «Je vais insister sur le dégraissage de l’État, l’abolition des subventions aux entreprises et la réduction de la paperasse. Le Québec est déjà lourdement endetté et doit composer avec un déficit important. Nous ne pouvons pas continuer à alourdir l’appareil gouvernemental.

 

Je veux également défendre l’autonomie du Québec, la protection du français et une meilleure intégration des immigrants. Mais le principe fondateur de notre parti demeure la liberté individuelle. C’est autour de cette idée que s’articulent nos propositions économiques, sociales et institutionnelles.»