«Le Canada affiche le taux d’inflation alimentaire le plus élevé du G7»

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Jeudi le 6 août 2026, à 11:20

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«Le Canada affiche le taux d’inflation alimentaire le plus élevé du G7»
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Le Canada affiche l’inflation alimentaire la plus élevée de tout le G7. Selon Sylvain Charlebois, abolir les taxes sur les aliments et stimuler la concurrence permettrait de freiner la hausse des prix.

 

Depuis la pandémie de Covid-19, l’indice des prix des aliments a bondi de près de 30%, alourdissant considérablement la facture des ménages canadiens. Les données du mois de juillet offrent un nouvel aperçu de cette inflation persistante, particulièrement marquée au Québec.

 

Selon GroceryPulse et le Laboratoire de sciences analytiques en agroalimentaire de l’Université Dalhousie, les prix des aliments ont augmenté de 2,4% à Montréal en juillet et de 5,2% à Québec, des hausses nettement supérieures à celles observées ailleurs au Canada.

 

Sylvain Charlebois estime que cette poussée estivale pourrait notamment s’expliquer par les habitudes de consommation propres à la période des vacances, alors que de nombreux Québécois partent en camping et modifient leurs achats alimentaires.

 

Au-delà de ce phénomène ponctuel, le spécialiste considère que plusieurs facteurs structurels contribuent à maintenir les prix à un niveau élevé. Sylvain Charlebois est professeur à l’Université Dalhousie et directeur du Laboratoire de sciences analytiques en agroalimentaire. Entretien.

 

Simon Leduc: L’inflation alimentaire a été plus élevée au Québec que dans les autres provinces en juillet. Comment expliquez-vous ce phénomène?

 

Sylvain Charlebois: «En juillet, la demande alimentaire est différente au Québec. L’indice des prix des aliments a progressé de 5% à Québec et de 2,4% à Montréal, ce qui est nettement supérieur à la moyenne canadienne de 0,3% pour la même période.

 

Les Québécois sont nombreux à prendre leurs vacances et à partir en camping, ce qui modifie leurs habitudes de consommation. 

 

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Cette demande particulière contribue à faire augmenter davantage le prix de certains aliments qu’ailleurs au pays. Il s’agit donc, avant tout, d’une question de demande propre au Québec durant le mois de juillet.»

 

Simon Leduc: Quels aliments ont été particulièrement touchés par cette hausse des prix?

 

Sylvain Charlebois: «Les prix des légumes, du bœuf haché, du bacon et du saumon ont augmenté au cours des dernières semaines. Ce sont notamment des aliments fréquemment consommés en camping.

 

Les tomates et les carottes sont également devenues plus dispendieuses en juillet. À l’inverse, certains produits ont vu leur prix diminuer, notamment la laitue romaine, le brocoli et les oranges.»

 

Simon Leduc: Le prix de ces aliments devrait-il se stabiliser au cours des prochaines semaines?

 

Sylvain Charlebois: «Depuis le début de l’année, l’inflation alimentaire au Québec demeure supérieure à la moyenne nationale. Les données de juillet sont toutefois exceptionnellement élevées, notamment en raison des vacances de la construction.

 

Au début de l’année, ce sont plutôt les provinces de l’Atlantique qui étaient aux prises avec une forte inflation alimentaire. Au Québec, la situation devrait revenir plus près de la normale au cours de l’automne.»

 

Simon Leduc: Observe-t-on une hausse du coût du panier d’épicerie au Québec par rapport à 2025?

 

Sylvain Charlebois: «Le coût du panier d’épicerie devrait augmenter de 4% à 6% en 2026, soit une progression comparable à celle enregistrée en 2025. Il faut également savoir que le Canada affiche actuellement le taux d’inflation alimentaire le plus élevé parmi les pays du G7.

 

Depuis l’arrivée au pouvoir de Mark Carney, l’inflation alimentaire est demeurée supérieure à l’inflation générale. Plusieurs facteurs structurels peuvent expliquer cette situation, notamment les barrières commerciales interprovinciales, le niveau de taxation et la lourdeur bureaucratique.

 

On semble vouloir attribuer tous les problèmes au président Donald Trump, y compris la hausse du prix des aliments. Or, la situation ne peut pas s’expliquer uniquement par le contexte géopolitique actuel.

 

Québec, avec l’exemption temporaire de la TVQ sur certains produits, et Ottawa, avec une allocation destinée à l’épicerie, ont mis en place des mesures financières afin d’aider les consommateurs touchés par l’augmentation du coût de la vie.»

 

Simon Leduc: Pensez-vous que ces mesures auront réellement des effets positifs pour les Canadiens et les Québécois?

 

Sylvain Charlebois: «Envoyer des chèques aux consommateurs peut leur offrir un soulagement temporaire. Je ne crois toutefois pas que cela permettra de régler le problème de fond que représente l’inflation alimentaire.

 

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À mon avis, les gouvernements devraient abolir les taxes sur l’ensemble des produits alimentaires. Le retrait de la TVQ sur certains produits constitue néanmoins un pas dans la bonne direction.

 

Il faudrait également remettre en question certaines politiques qui contribuent à faire augmenter le prix du panier d’épicerie, comme la gestion de l’offre et différentes mesures protectionnistes, notamment les tarifs douaniers.

 

Les Québécois paient plus cher pour leurs produits laitiers en raison du système de gestion de l’offre. Si cette industrie était libéralisée, elle deviendrait probablement plus concurrentielle.

 

Le Canada pourrait aussi conclure de nouvelles ententes de libre-échange avec d’autres pays, ce qui serait bénéfique pour l’industrie alimentaire. 

 

Une concurrence accrue contribuerait à faire diminuer le prix des produits laitiers et profiterait, plus largement, à l’ensemble du secteur agroalimentaire.»