Pavel Durov placé sur la liste des «terroristes» en Russie

Le PDG et cofondateur de Telegram, Pavel Durov, assiste à un combat de boxe à Abou Dhabi, le 25 octobre 2025. Photo: Giuseppe CACACE pour l’AFP.

Mardi le 4 août 2026, à 12:55

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Pavel Durov placé sur la liste des «terroristes» en Russie
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Le patron de Telegram, Pavel Durov, a été placé sur une liste des autorités russes recensant les personnes désignées «terroristes» ou «extrémistes».

 

La nouvelle survient au lendemain de l'annonce par Moscou d'une procédure de recherche contre lui pour «complicité de terrorisme».

 

Sur la liste noire

 

M. Durov, 41 ans, apparaît désormais sur cette liste établie par les services de surveillance financiers russes, qui recense les personnes physiques et les organisations accusées de participer à des «activités extrémistes» ou «au terrorisme».

 

La Russie avait annoncé mercredi avoir lancé une procédure de recherche internationale à l'encontre de Pavel Durov, l'accusant de «complicité de terrorisme» et affirmant que sa messagerie est utilisée par les services de sécurité ukrainiens à des fins de recrutement.

 

Après Paris, Durov accuse Moscou

 

Le patron de Telegram a déclaré avoir ainsi été qualifié parce qu'il a refusé de se plier aux exigences de Moscou en matière de «surveillance de masse» et de «censure» sur sa plateforme de messagerie.

 

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«D'après la loi russe, il m'est interdit de "publier des informations sur Internet". Les responsables russes se sont clairement emmêlé les pinceaux sur qui peut bannir qui d'Internet», a-t-il lancé sur sa plateforme.

 

Né en Russie et détenteur de passeports français et émirati, Pavel Durov est mis en examen (inculpé) en France depuis 2024, Paris l'accusant de ne pas agir contre la diffusion de contenus criminels sur Telegram.

 

En Russie, cette messagerie est l'une des plus populaires, utilisée aussi bien par des citoyens ordinaires que par les services publics, parmi lesquels le Kremlin, les principaux ministères et les forces de l'ordre.

 

Telegram sous pression

 

La Russie, qui mène une offensive à grande échelle en Ukraine depuis février 2022, fait face à des restrictions numériques sans précédent depuis des mois, qui concernent notamment Telegram et une autre messagerie occidentale, WhatsApp.

 

Ces messageries sont accusées d'être utilisées par les services ukrainiens contre la sécurité du pays.

 

Pavel Durov, domicilié à Dubaï, est un libertarien revendiqué, chantre de la confidentialité d'internet mais controversé, car il a été accusé de refuser toute modération sur la messagerie Telegram qu'il a cofondée en 2013. Les autorités russes avaient déjà tenté de la bloquer en 2018, avant d'y renoncer.

 

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«Les efforts de Telegram dans la lutte contre le terrorisme sont largement documentés. Nous rejetons fermement ces accusations», a répondu jeudi son service de presse dans une réaction transmise à l'AFP.

 

En février, M. Durov avait accusé Moscou de restreindre l'accès à Telegram pour forcer ses citoyens à utiliser l'application MAX, contrôlée par l'État russe et conçue, selon Pavel Durov, «pour la surveillance et la censure politique».

 

Une affaire judiciaire tentaculaire

 

Après une interpellation spectaculaire en France à sa descente d'avion en août 2024, M. Durov, naturalisé français en 2021, a été mis en examen il y a deux ans par la justice française pour une série d'infractions relevant de la criminalité organisée.

 

Il lui est reproché de ne pas avoir agi contre les utilisations délictuelles de sa messagerie, notamment par une absence de modération et de collaboration avec les enquêteurs.