Natalité en baisse, services en chute libre

Photo: AFP.

Vendredi le 8 mai 2026, à 09:15

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Natalité en baisse, services en chute libre
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Partout au Québec, l’accès aux services liés à la grossesse et à l’accouchement se fragilise, particulièrement en région. 

 

Des unités de naissance ferment temporairement ou réduisent leurs services faute de personnel. Dans les Laurentides, l’unité des naissances de l’hôpital de Saint-Eustache a d’ailleurs dû fermer pendant plusieurs mois, forçant des femmes à se déplacer vers d’autres établissements déjà sous pression.

 

Ces situations ne sont plus exceptionnelles: elles deviennent la norme.

 

Un projet concret bloqué dans les Laurentides

 

Dans ce contexte, chaque service disponible compte. Pourtant, dans les Laurentides, un projet concret, prêt à être déployé, demeure toujours inaccessible. Un point de service de la Maison de naissance du Boisé de Blainville devait ouvrir à Mont-Tremblant en janvier 2026. 

 

Le projet prévoit notamment une chambre pour accoucher ainsi qu’un bureau de sages-femmes dans les locaux du nouveau CLSC de Mont-Tremblant. Les sages-femmes sont prêtes. Mais aucune date d’ouverture n’est prévue à ce jour.

 

Pendant ce temps, les femmes attendent.

 

Je vis dans les Laurentides. Comme plusieurs autres, j’aurais dû pouvoir bénéficier de ces services, que ce soit pour un accouchement à domicile ou dans une installation de proximité comme celle qui aurait dû ouvrir ses portes à Mont-Tremblant. 

 

J’ai plutôt dû faire plus de deux heures de route aller-retour pour chacun de mes rendez-vous de suivi et la même chose pour accoucher à la maison de naissance du Boisé de Blainville. Certaines femmes se déplacent même depuis Mont-Laurier pour avoir accès aux services offerts par les sages-femmes.

 

Ce n’est pas un cas isolé. C’est le symptôme d’un problème plus large: l’accès aux services obstétriques en région est fragilisé, alors même que les besoins sont bien réels.

 

Les sages-femmes dévalorisées par le système 

 

Dans ce contexte, les sages-femmes ne sont pas un luxe. Elles font partie de la solution.

 

Il faut sortir des idées reçues: pour les grossesses à faible risque, les suivis et accouchements accompagnés par des sages-femmes, à domicile ou en maison de naissance, sont sécuritaires. 

 

Les données sont claires: les résultats sont comparables à ceux observés à l’hôpital, sans augmentation des complications graves et de la mortalité chez les nouveau-nés. 

Rendre accessibles les services pour les suivis de grossesse, d’accouchement et pour la période postnatale, partout au Québec, devrait aller de soi.

 

Dans la grande majorité des cas, ces accouchements se déroulent normalement, avec moins d’interventions médicales, tout en assurant la sécurité de la mère et de l’enfant.

 

Une grossesse n’est pas une maladie. Les femmes en santé n’ont pas toujours besoin d’un encadrement hospitalier lourd. Elles ont surtout besoin d’un suivi adapté, accessible et respectueux de leurs choix. 

 

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C’est précisément ce que permettent les sages-femmes et les maisons de naissance: offrir un encadrement professionnel, mais aussi redonner aux femmes un véritable pouvoir sur la manière dont elles vivent leur grossesse, leur accouchement et leur post-partum.

 

D’ailleurs, le rôle des sages-femmes est appelé à s’élargir suite à l’adoption de la loi 15. Elles pourront offrir davantage de services, notamment en matière de contraception, de dépistage des ITSS et de suivi en allaitement. 

 

Dans plusieurs régions où l’accès à un médecin est limité, cela représente un point d’accès essentiel à des soins de première ligne pour les femmes.

 

Messages contradictoires

 

On parle beaucoup de dénatalité et des moyens d’encourager les naissances. On parle d’investir dans la procréation assistée. Mais si, même pour les femmes qui n’ont pas de problème de fertilité, l’accès à un suivi de grossesse décent et à un lieu d’accouchement adapté devient un défi, il y a un problème. 

 

Si on veut réellement s’attaquer à la dénatalité, il faut regarder l’ensemble du parcours. La façon dont les femmes vivent leur grossesse, leur accouchement et leur post-partum fait partie de l’équation.

 

En 2026, les femmes peuvent choisir de devenir mères… ou non. Mais pour celles qui font ce choix, on devrait au minimum leur offrir un accompagnement à la hauteur: des suivis de grossesse accessibles, humains, rassurants, et des conditions dignes pour mettre leur enfant au monde. 

 

Rendre accessibles les services pour les suivis de grossesse, d’accouchement et pour la période postnatale, partout au Québec, devrait aller de soi.

 

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Quand des femmes doivent faire des heures de route pour accoucher, quand des services ferment et que des projets prêts à être déployés restent bloqués, le message envoyé est clair: enfanter n’est pas important pour notre société.

 

On peut bien encourager les naissances, mais si le Québec n’est même pas capable d’offrir aux femmes des conditions dignes pour mettre leurs enfants au monde, il ne faut pas se surprendre qu’elles hésitent à en avoir.

 

Des drames évitables

 

Mais comme si ce n’était pas suffisant, une autre réalité vient s’ajouter.

 

On apprend aujourd’hui que, dans certains hôpitaux, des accouchements se soldent par des drames évitables. Au moins cinq bébés ont péri dans un même établissement, dans des circonstances qui soulèvent de graves questions sur la compétence et l’encadrement des équipes en place. 

 

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Ce n’est plus seulement un problème d’accès, il faut maintenant craindre de tomber sur un hôpital où les services en natalité sont incompétents.

 

Au-delà des discours

 

La fête des Mères approche. On prendra le temps de célébrer la maternité, de rappeler l’importance des mères et leur rôle dans notre société. Mais si on tient réellement à soutenir les femmes, il faudra une véritable volonté politique au-delà des beaux discours.