Pour Jérôme Blanchet-Gravel, le Québec est dans un «état de quasi-dictature» sur le plan intellectuel, comme l’illustre la tentative de boycottage du dernier livre d’Éric Duhaime, publié aux Éditions Libre Média.
De passage à l’émission Maurais Live, sur les ondes de Radio X, Jérôme Blanchet-Gravel est revenu sur la tentative de boycottage visant le livre Destination autonomie d’Éric Duhaime, publié aux Éditions Libre Média, après un appel ciblant la Librairie La Liberté, où s’est tenu le lancement.
Un climat verrouillé
Selon lui, l’épisode s’inscrit dans une tendance lourde. «Il est devenu pratiquement impossible de publier à droite au Québec», affirme-t-il, dénonçant un milieu de l’édition «extrêmement conformiste et bien-pensant».
Les appels à la «cancellation» viendraient désormais s’ajouter à cet environnement déjà fermé. Il résume la situation sans détour: «Ça va très mal sur le plan de la liberté d’expression.»
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«Il y a une diversité culturelle, il n’y a pas de diversité intellectuelle. […] Évidemment, il y a des oasis de liberté dans un désert autoritaire.» Une image qui traduit l’isolement de plateformes comme Libre Média dans un paysage largement homogène.
Démocratie de façade?
«Sur le plan institutionnel, c’est vrai, vous pouvez encore être élu démocratiquement, mais dans les faits, concrètement, on est dans un état de quasi-dictature, du moins sur le plan intellectuel», observe notre rédacteur en chef.
Il élargit le diagnostic au pays. «On vit dans le fantasme de la pureté démocratique. Le Canada n’est pas aussi démocratique qu’il le croit», soutient-il.
Questionné sur le gouvernant Carney, l’essayiste va plus loin: «Le Parti libéral au Canada est pratiquement devenu un parti unique. C’est le PRI canadien, finalement», lâche-t-il en référence au Parti révolutionnaire institutionnel au Mexique, longtemps hégémonique.
«Notre argent travaille contre nous»
Au cœur de sa critique: les généreuses aides gouvernementales aux médias. «Le financement public des médias […] devient un énorme problème dans une démocratie libérale», affirme-t-il.
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Il dénonce un grand détournement: «notre argent travaille contre nous». Selon lui, des fonds publics servent à soutenir des acteurs qui «veulent taxer et contrôler davantage» la population, tout en marginalisant des idées qui lui sont chères. Le contribuable financerait ainsi des discours qui lui sont hostiles.
Répliquer par l’édition
Dans ce contexte, le lancement des Éditions Libre Média est un tournant stratégique. «Le but […] c’est de rétablir une vraie diversité», explique-t-il, rappelant que publier certains ouvrages relevait jusqu’ici «pratiquement [de] l’exploit».
Jérôme Blanchet-Gravel reste malgré tout optimiste: «Il y a de la résistance. Heureusement qu’il y a un noyau de résistance au Québec.»













