Entrisme islamiste: le Québec face au miroir français

Photo: AFP.

Jeudi le 22 janvier 2026, à 05:00

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Entrisme islamiste: le Québec face au miroir français
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Longtemps cantonnée à la France, la question de l’entrisme islamiste trouve désormais écho au Québec. Le miroir français invite à agir.

 

Selon le professeur David Morin, figure importante de l’étude de la radicalisation au Canada, des groupes islamistes radicaux exploitent les conflits extérieurs pour amplifier les divisions sociales, y compris en attisant l’antisémitisme. 

 

Ce constat, qu’il a réitéré récemment, est une évidence en France depuis des années. Au Québec, ce même constat commence seulement à trouver écho. 

 

Certains groupes et imams radicaux adoptent une stratégie visant à imposer des normes sociales incompatibles avec notre société. 

 

Depuis le 7 octobre 2023, les manifestations propalestiniennes sont devenues un canal de diffusion pour des discours dont l’actualité récente révèle qu’ils peuvent, pour certains, dépasser le cadre rhétorique. L’attentat antisémite de la plage de Bondi en offre une illustration tragique.

Et la hausse de l’antisémitisme dans le monde ces dernières années et ses conséquences sur notre société démontrent à nouveau que ce qui commence avec les Juifs ne finit jamais avec les Juifs.

 

Une mécanique bien documentée

 

Ces phénomènes, la France les connait. Ils ne sont pas apparus par magie après le 7 octobre 2023. Ils sont bien documentés, avec l’affaire du voile de Creil en 1989 qui, selon Gilles Kepel, sert de «point de départ» à l’explosion du prosélytisme au sein des sociétés d’Europe occidentale.

 

Les outils utilisés sont connus: une rhétorique de victimisation servant de dispositif politique visant à faciliter la radicalisation des masses, une opposition entre un «nous opprimé» et un «eux injuste et hostile», et une place structurelle offerte à la haine antisémite. 

 

Deux récents rapports de l’Institute for the Study of global antisemitism and policy (ISGAP) éclairent encore plus leur présence en Amérique du Nord. 

 

Le premier analyse la présence croissante des réseaux fréristes au Canada. Le second se concentre sur les universités nord-américaines. 

 

Leurs conclusions: avancée de l’agenda des Frères musulmans sans véritable opposition; mise en place d’un écosystème organisé autour d’organisations à vocation radicalisante présentes dans toutes les sphères; promotion d’une rhétorique anti-Israël et anti-Juive dans les milieux universitaires et syndicaux; vulgarisation d’un vocabulaire basé sur la victimisation identitaire.

 

La faille démocratique

 

À la suite de la sortie du second rapport, le directeur de l’ISGAP, Dr Charles Asher Small expliquait: «Les Frères musulmans ont appris à instrumentaliser les libertés mêmes de la démocratie pour la saper de l’intérieur, exploitant la tolérance et l’ouverture des sociétés libérales comme autant de faiblesses stratégiques.»

 

Cette citation fait écho aux conclusions des travaux de spécialistes français sur cette question, comme Florence Bergeaud-Blacker, qui explique que ces derniers cherchent à exploiter les libertés des sociétés démocratiques pour y renforcer leur influence culturelle et politique. 

 

Elle fait aussi écho au fait que le gouvernement québécois semble avoir compris l’importance de faire face à cette problématique sans attendre. 

 

On peut citer par exemple le discours d’ouverture de la dernière session parlementaire par le premier ministre du Québec durant lequel il a souhaité rappeler le danger des islamistes radicaux, «un groupe de personnes qui tentent, par tous les moyens d’imposer leurs valeurs, de contester nos valeurs et en particulier le droit des femmes à l’égalité». 

 

Le dépôt récent du projet de loi visant à renforcer la laïcité québécoise – qui, s'il manque en partie sa cible, vient conclure une séquence législative dédiée à cette question – s’inscrit dans cette même prise de conscience, proposant notamment une réglementation plus stricte concernant les prières de rues.

 

La leçon française

 

Au Québec, la question revient souvent: avec combien d’années de décalage suivons-nous la trajectoire française en matière de radicalisation? En France, le problème est bien installé. Au Québec, on a encore le temps d’empêcher son implantation durable.

 

Le miroir français, au moment où les débats liés à la défense du modèle laïque et à l’entrisme islamiste sont au cœur de l’actualité, est plein d’enseignement. 

 

Plus qu’un simple avertissement, ce miroir doit nous aider à agir avec lucidité et courage pour protéger nos valeurs et notre avenir.