De Paris à Montréal, les partis de gauche qui misent sur la polarisation autour d’Israël et de la Palestine subissent des revers électoraux.
Tout indique que les tactiques de division anti-juives et anti-israéliennes employées pour accéder au pouvoir ne font plus nécessairement recette, et ce, malgré la victoire de Zohran Mamdani à la mairie de New York.
Au Québec, comme en France et ailleurs, antisémitisme et antisionisme riment désormais avec agonie politique et perte de soutien dans les sondages.
Des pactes électoraux contre-productifs
Québec solidaire, La France insoumise, Projet Montréal et Transition Montréal: tous ont en commun d’avoir épousé des tactiques de division ostracisant les communautés juives afin de détourner l'attention des électeurs avec un conflit étranger, avec comme conséquence, au-delà d'une chute dans l’opinion et aux élections, une perte totale de crédibilité.
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Prenons tout d’abord les deux partis municipaux montréalais. Au long de la dernière campagne, un groupe a poussé les candidats à signer un pacte anti-Israël. Résultat: 77% des signataires de ce pacte ont été défaits.
Quand l’international fait perdre le local
Ce chiffre inclut Luc Rabouin, dont ce fut une des priorités de la dernière semaine de campagne, et Craig Sauvé, qui a terminé troisième dans le district qu’il a représenté pendant plusieurs mandats.
L’incarnation parfaite de ce résultat reste néanmoins celui d’Alia Hassan-Cournol, candidate dans Hochelaga-Maisonneuve-Mercier pour Projet Montréal.
Dans The Gazette, elle a expliqué qu’elle a «souvent entendu dire que les politiciens municipaux devraient s'en tenir aux questions locales. Mais elle estime que Montréal a le devoir de prendre position également sur les questions internationales».
Une telle justification ne pouvait qu’être vue que comme une volonté de se soucier plus fortement d’un conflit étranger au lieu des questions qui importaient aux Montréalais, avec comme conséquence sa défaite dans un arrondissement que Valérie Plante avait remporté par plus de 6000 votes en 2021.
L’érosion du vote solidaire
Prenons ensuite QS. Il y a deux semaines, ce parti, dont la co-porte-parole Ruba Ghazal a déjà publicisé un événement reprenant le slogan génocidaire anti-Juif From the river to the sea sur Instagram, a continué une séquence ouverte quasi immédiatement après les attaques du Hamas le 7 octobre.
En ayant présenté une motion à l’Assemblée nationale appelant à reconnaître l’État de Palestine de manière précipitée, sans dénonciation du Hamas, sans appel à déposer les armes et à l’exil, et sans prendre en compte la violence que cette organisation fait subir à son propre peuple, QS montre encore une fois quelles sont ses vraies priorités.
Ce positionnement n’a pas eu les effets escomptés. Du sondage Léger d’octobre 2023 à 15%, Québec solidaire est désormais à 6% pour octobre 2025 selon Qc 125.
L’électeur québécois de gauche qui recherche des solutions concrètes à la crise du logement ou celle du système de santé se sent, à juste titre, ignoré par des politiciens plus préoccupés par un signalement vertueux que par des enjeux locaux.
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À un an des élections, QS a encore la chance de montrer qu’il n’est pas motivé par une soi-disant pureté idéologique mais plutôt par la recherche de solutions concrètes pour les problèmes d’ici.
En corrélant ces deux analyses avec la transformation du parti frère des formations de gauche du monde francophone, La France Insoumise, en parti considéré comme mettant le plus à risque la démocratie française selon un récent sondage, un constat s’impose: l’antisémitisme et l’antisionisme ne font plus recette électoralement.
Recentrer le débat sur les enjeux d’ici
Je pleure pour toutes les victimes du conflit israélo-palestinien. Je pleure pour les familles israéliennes massacrées le 7 octobre comme pour les civils palestiniens pris au piège d’une guerre initiée par le Hamas.
Néanmoins, en tant que citoyen attaché aux principes de justice sociale et souhaitant voir une gauche participant efficacement au débat politique, le focus doit revenir sur les préoccupations des citoyens d’ici et pas sur un conflit à 10 000 km du Québec.













