L’extinction du débat dans nos sociétés annonce leur déclin démocratique: une démocratie sans confrontation d’idées cesse d’en être une.
«Pouvons-nous encore débattre?» Cette question est devenue encore plus d’actualité lorsque le militant conservateur Charlie Kirk a été assassiné à l’Université d’Utah South Valley, alors qu’il débattait avec des étudiants.
Plus que jamais, il est difficile de débattre dans ces enceintes supposément garantes de la diversité d’opinions propre à la progression de la science.
L’assassinat de Charlie Kirk n’est pas le premier ni le dernier cas où le débat est étouffé.
Des attaques contre la parole publique
Cela s’est vu notamment en août 2022 lorsque l’écrivain Salman Rushdie a été poignardé à New York par un islamiste radicalisé, alors qu’il prononçait une conférence.
Pire encore, certaines conférences sont annulées sans aucune raison valable, sinon l’incapacité de la part des autorités de «garantir la sécurité des conférenciers».
Il est impossible de ne pas mentionner l’interdiction faite à l’universitaire Florence Bergeaud-Blackler de donner des conférences sur les Frères musulmans, que ce soit en Europe ou encore à Montréal à l'été 2025.
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Une société démocratique et libérale est censée faire avancer la société à travers le débat, l’échange d’idées, le partage de connaissances et le dialogue.
L’université, temple du consensus
Cela devrait surtout se faire dans les enceintes universitaires, où les étudiants gagneraient à observer, voire à participer à ces échanges.
Or, trop souvent, les conférences et tables rondes réunissent des intervenants qui pensent à peu près la même chose et se contentent de se conforter mutuellement.
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Même lorsque les participants se réclament de courants politiques différents, ils finissent souvent par aller dans le même sens. Dans les universités, les contradictions se font rares et le consensus règne. Les colonnes de ce temple devraient pourtant trembler.
La peur de la controverse
Il est encore plus difficile qu’auparavant de débattre ou de prononcer des conférences pour les personnes dont les propos sont décrétés «controversés». Il serait préférable d’annuler sa conférence plutôt que de demander au conférencier de préciser le fond de sa pensée.
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Pourtant, rien n’est plus sain pour une démocratie que la controverse: elle confronte des points de vue opposés, ouvre de nouvelles perspectives et révèle parfois que les préjugés sur l’autre sont infondés.
La violence pour faire taire
Un courant en vogue affirme au contraire qu’il ne faut plus brasser la cage ni se dire les choses en face. On détourne le regard de celui qui pense autrement, on l’agresse parfois jusqu’à lui ôter la parole pour toujours.
La violence est plus simple que le débat, qui exige arguments et raison. Or, dans une démocratie libérale, le débat est vital: le refuser mène à l’enfermement dans des chambres d’écho et nourrit la haine entre les deux camps.
Une démocratie sans débat?
Une démocratie où le débat n’est plus permis n’est pas une vraie démocratie. Cependant, il ne faut jamais céder face à l’intimidation provenant d’opposants extrémistes. Il ne faut jamais se départir de ce courage de défendre ses valeurs et ses convictions.
Les extrémistes ne pourront jamais tuer la liberté d’expression: trop nombreux sont ceux qui la défendent, bec et ongles, au risque même d’en payer le prix – parfois celui de leur vie.













