Et si la diversité n’était pas une richesse?

Kenza Drider et Hind Ahmas s'expriment devant la presse le 12 décembre 2011 devant le tribunal de police de Paris, après avoir été verbalisées pour violation de l'interdiction du niqab en France. Photo: Miguel MEDINA pour l’AFP.

Mardi le 8 juillet 2025, à 10:00

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Et si la diversité n’était pas une richesse?
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Le Québec doit adopter une politique d’immigration responsable et cohérente. Une immigration choisie et compatible culturellement.

 

Depuis des années, on nous serine que «la diversité est une richesse». Qu’elle serait même «notre plus grande force». Pourtant, la science, l’histoire et le bon sens nous disent exactement l’inverse.

 

Les sociétés multiculturelles sont, trop souvent, multiconflictuelles.

 

Moins de confiance, moins de solidarité

 

Robert Putnam, professeur à Harvard, a mené la plus vaste étude jamais réalisée sur la diversité aux États-Unis. Son constat est sans appel: plus une communauté est diversifiée, plus ses membres se replient sur eux-mêmes.

 

Ils votent moins, donnent moins, s’impliquent moins. Même la confiance envers les membres de leur propre groupe ethnique diminue.

 

Les chercheurs Ruud Koopmans et Merlin Schaeffer ont confirmé ce phénomène en Europe. Leur étude, menée en France, en Allemagne et aux Pays-Bas, montre que la diversité perçue ou réelle entraîne une baisse significative de la cohésion sociale et de la satisfaction de vie, même en tenant compte des facteurs économiques.

 

Autrement dit, la diversité fragilise les fondements mêmes du vivre-ensemble.

 

Le multiculturalisme: une inversion des rôles

 

Comme l’a bien résumé Mathieu Bock-Côté, le multiculturalisme repose sur l’inversion du devoir d’intégration. Ce n’est plus à l’immigrant de s’adapter à la culture d’accueil, mais à la société d’accueil de s’adapter à toutes les cultures en présence.

 

Ce modèle pousse chaque groupe à préserver ses particularismes au détriment du bien commun. Il favorise la juxtaposition de communautés fermées plutôt que la formation d’un véritable nous.

 

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Résultat: tensions sociales croissantes, ghettos linguistiques, montée des radicalismes, et effritement du français à Montréal.

 

Ce n’est probablement pas un hasard si la satisfaction de vie des Québécois a augmenté depuis les années 1980, période marquée par la diminution du poids démographique de la minorité anglophone.

 

Comme le rappelle l’universitaire Vincent Geloso, les Québécois sont plus heureux parce que la société québécoise est encore relativement homogène

 

Le prix Nobel d’économie Milton Friedman a de plus alerté les responsables politiques sur l’incompatibilité fondamentale entre État-Providence et immigration de masse.

 

Quand la cohabitation vire au cauchemar

 

Le Liban, société multiconfessionnelle, a sombré dans la guerre civile dès que l’équilibre démographique s’est effondré. La Yougoslavie, société multinationale, a explosé dans un bain de sang génocidaire lorsque les appartenances identitaires sont devenues des armes politiques.

 

Ces sociétés ne manquaient pas de programmes de sensibilisation ou d’initiatives de cohabitation, mais elles manquaient de cohésion. Et il existe bien d’autres exemples du genre.

 

Une immigration à repenser

 

Il en ressort que le Québec doit adopter une politique d’immigration responsable et cohérente. Une immigration choisie, culturellement compatible, et surtout assimilable, c’est-à-dire capable de devenir similaire à nous.

 

À ce titre, il est intéressant de noter que le bassin de francophones occidentaux hors Québec dépasse les 140 millions de personnes: 66 millions en France, 12 millions en Italie, 5,5 millions en Espagne, 2,3 millions en Roumanie, près d’un million en Pologne, etc. 

 

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Ces populations ont une affinité culturelle et linguistique naturelle avec le Québec, ce qui faciliterait leur intégration rapide sur les plans économique et social. Ce sont ces immigrants qu’un gouvernement québécois lucide devrait prioriser.

 

Pourquoi continuer à accueillir massivement des personnes issues de contextes où la langue française est inexistante, et où des valeurs québécoises fondamentales comme l’égalité hommes-femmes, la neutralité religieuse de l’État et la liberté d’expression sont parfois carrément rejetées?

 

Il est temps de cesser d’idéaliser la diversité pour elle-même. Lorsqu’elle n’est pas encadrée par un socle commun, elle devient un facteur de division. Le Québec a besoin de continuité historique et culturelle, pas de fractures importées.

 

Un certain degré de diversité peut être une richesse, bien sûr. Mais encore faut-il qu’elle ne devienne pas une excuse pour sacrifier notre identité et nos valeurs.