Immigration: Jérôme Blanchet-Gravel prône la compatibilité culturelle

L'auteur et journaliste Jérôme Blanchet-Gravel en mars 2025. Photo: Angel Santibáñez M.

Mardi le 10 juin 2025, à 11:00

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Immigration: Jérôme Blanchet-Gravel prône la compatibilité culturelle
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Invité au micro de Dominic Maurais, notre rédacteur en chef Jérôme Blanchet-Gravel a livré une réflexion critique sur les émeutes à Los Angeles, qu’il lie à la fois à l’immigration de masse et à un climat d’effondrement propre à la Californie.

 

Blanchet-Gravel, familier du monde latino-américain, voit en effet dans ces troubles une combinaison de revendications identitaires mal exprimées et de dérives idéologiques.

 

«La chute du laboratoire californien»

 

«D'un côté, il y a une réaction culturelle à la déportation, mais de l’autre, on est quand même devant une crise d’autorité plus globale. [...] La Californie est un laboratoire de la décadence woke: itinérance, inflation, permissivité du côté de la délinquance. Ce qui se passe actuellement, c’est un peu la chute du laboratoire californien», analyse-t-il sur les ondes de Radio X.

 

Le journaliste parle d’un «mouvement pseudo anti-système fabriqué par le wokisme», dans lequel la contestation sociale devient un prétexte au chaos.

 

L’animateur Dominic Maurais a soulevé la question des sans-papiers, nombreux et souvent bien intégrés à l’économie américaine. Blanchet-Gravel reconnaît cette réalité de l'intégration de fait, mais souligne l’importance de respecter les lois. «Je pense, comme Trump, qu’il faut rétablir l’ordre. On ne peut pas décider d’entrer dans un pays illégalement.»

 

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«Est-ce qu’on doit accepter l’illégalité si elle est intégrée et pacifique?», demande ensuite l’animateur. «Peut-être, répond Blanchet-Gravel. Il faut développer un chemin de légalité pour ces gens-là.»

 

L’auteur du livre Un Québécois à Mexico rappelle également que le portrait médiatique de Trump en matière de déportation est souvent biaisé: «On l’accuse d’être le président le plus fasciste, mais à ce jour, ce n’est pas le président qui a déporté le plus d’illégaux. C’est faux. Même la presse de gauche au Mexique le reconnaît.»

 

Un monde poreux

 

Blanchet-Gravel insiste aussi sur la porosité croissante entre le Mexique et les États-Unis, en particulier en Californie. Selon lui, les deux mondes forment aujourd’hui un espace économique et culturel de plus en plus imbriqué.

 

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«Il y a un mouvement de va-et-vient, d’interpénétration carrément entre le Mexique et la Californie en particulier. [...] C’est carrément fusionné économiquement.»

 

Cette réalité rend, selon lui, illusoire l’idée qu’un mur ou une politique de déportation massive puisse rétablir une frontière «hermétique» entre les deux pays. La «mexicanisation des États-Unis» serait déjà bien entamée.


Moratoire urgent sur l’immigration

 

Abordant la situation québécoise, Blanchet-Gravel soutient l’idée d’un moratoire sur l’immigration. Il observe une pression migratoire tangible dans les centres urbains, en particulier à Québec, et critique un nationalisme québécois réduit à sa dimension linguistique.

 

«Le français, c’est une chose, mais ce n’est pas suffisant. L’obsession du français nous empêche de voir le portrait global. [...] Je ne suis pas intéressé à avoir demain matin un voisin qui appuie le Hamas», enchaine-t-il.

 

À terme, il appelle à une révision complète des critères de sélection. «Je prônerais une continentalisation de l’immigration, c’est-à-dire une priorité accordée aux Latino-Américains qui sont des chrétiens. [...] Pourquoi va-t-on chercher des immigrants si loin culturellement et géographiquement, alors que des gens proches de nous seraient beaucoup plus faciles à intégrer?»

 

Une position que l’essayiste assume pleinement, en appelant à une politique d’immigration fondée sur la «compatibilité civilisationnelle» plutôt que sur des balises purement économiques et linguistiques.

 

Vous pouvez entendre l'entrevue ici.