Hier, un pays entier s’est jeté dans le vide avec l’enthousiasme d’un schizophrène en transe. Bienvenue dans le Canada 2.0: une abstraction sans âme ni avenir, dirigée par un oligarque et un imposteur.
Pendant ce temps, l’unité nationale craque, l’Alberta aiguise ses couteaux, et le Québec s’enfonce dans sa soumission chronique. Bravo, Canada!
Voter pour ses chaînes
Mark Carney, ancien patron de la Banque du Canada et de la Banque d’Angleterre, parachuté par une élite hors sol, comme un PDG imposé à une entreprise en faillite. Froid, lisse, aussi inspirant qu’un rapport comptable, Carney est l’incarnation du vide technocratique et traîne derrière lui plus d’un squelette dans le placard.
Et pourtant, les Canadiens l’ont porté au pouvoir, propulsés par une vague rouge qui a englouti les grands centres canadiens et une partie du Québec. Pourquoi? Parce qu’on a vendu aux électeurs une peur viscérale: celle du «Trump du Nord».
Les libéraux, maîtres de la manipulation, ont peint Pierre Poilievre comme un croquemitaine populiste, un danger pour la démocratie, un clone de MAGA prêt à tout casser. Et les 55 ans et plus, gavés de Radio-Canada et de condo à prix d’or, ont gobé l’hameçon sans même se poser de questions.
Le Québec, fidèle à lui-même, s’est encore divisé. Rouge sang à Montréal, dans les banlieues cossues de la Montérégie et les régions urbaines où le fédéral est perçu comme une machine distributrice de subventions.
Bleu pâle ailleurs, par un Bloc québécois qui s’accroche à quelques circonscriptions. Et puis, un îlot bleu foncé dans la Capitale-Nationale, où les conservateurs résistent encore comme des naufragés sur leur radeau.
Mais soyons clairs: en couronnant Carney, le Québec a, une fois de plus, validé un fédéralisme intrusif qui le piétine. On ne parle plus d’autonomie, mais de mendicité organisée. Chapeau, on ne lâche pas, on bat encore des records en matière de paradoxes!
Poilievre, martyr d’une campagne de peur
Qu’on l’aime ou pas, Pierre Poilievre a livré une bataille historique, et les chiffres le prouvent. Son score au vote populaire est colossal, un record pour les conservateurs depuis 1988, porté par une vague de jeunes, de travailleurs écrasés par les taxes, de familles qui n’arrivent plus à joindre les deux bouts.
Poilievre a incarné leur colère, leur ras-le-bol face à un Canada où l’économie est en lambeaux, où le logement est un luxe, où une immigration chaotique engorge les services publics.
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Il a promis de recadrer la clique d’Ottawa, de sabrer les taxes, de redonner du pouvoir à la classe moyenne. Et il a touché une corde sensible: les moins de 40 ans, ceux qui galèrent, l’ont suivi en masse.
Mais il a perdu. Pourquoi? Parce que les libéraux ont joué la carte de la peur, et ils l’ont jouée à fond. Ils ont brandi l’épouvantail Trump, agitant le spectre d’un Canada transformé en 51e étoile américaine. Les 55 ans et plus, bien au chaud dans leurs maisons payées et leurs REER, ont paniqué.
Déconnectés des réalités des jeunes, sourds aux cris d’une génération qui croule sous la dette et l’inflation, ils ont voté pour Carney, le «safe bet», le banquier rassurant.
Malgré un vote populaire écrasant, Poilievre a vu la victoire lui échapper, happé par un système gérontocratique et une campagne de diffamation bien huilée.
La fédération fragilisée
Pendant qu’Ottawa célèbre sa surdité, l’Alberta s’apprête à dynamiter la Confédération. Ce n’est plus que du mécontentement, c’est une rupture en marche.
Danielle Smith, dotée d’un mandat solide, ne parle plus d’autonomie: elle la construit. Un référendum sur la sécession n’est plus une hypothèse, mais un projet qui pourrait prendre forme d’ici quelques mois.
L’Alberta est à bout. Elle envoie des milliards en péréquation chaque année – dont une bonne partie atterrit au Québec – pour financer un Canada Libéral qui la méprise, qui la traite de plouc pétrolier, qui sabote ses pipelines et ses ambitions.
Et le reste du pays? Il hausse les épaules. Les Albertains? «Des bouseux en pick-up». Sauf que ces «bouseux» tiennent les cordons de la bourse. Et ils sont à deux doigts de couper les vivres.
L’effondrement en vue
Si l’Alberta claque la porte, le Canada s’écroule dans une lente agonie administrative. Ce pays est un château de cartes bancal: l’Est paperassier, le Québec geignard, l’Ouest exploité.
Retirez l’Ouest, et tout s’effondre. Le Québec, accro à la péréquation comme un junkie à sa dose, devra choisir: rester dans un Canada en ruines, couper massivement dans ses services sociaux ou jouer la souveraineté.
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Mais soyons honnêtes: au Québec, nous n’avons plus l’audace de 1995. Nous préférons mendier des subventions en chantant du Félix Leclerc et en partageant sur les réseaux des citations de Pierre Falardeau en souvenir d’un courage d’antan aux allures de légende lointaine.
Le Québec est un peu comme le Canadien de Montréal; des biens bons souvenirs, mais il y a plus de 30 ans qu’il ne s’est rien passé de significatif.
Le Canada pourrit sur pied, sous les hourras d’une population qui célèbre sa propre amnésie. Les électeurs ont choisi: l’illusion de la sécurité à court terme. Ils ont préféré un banquier woke à un guerrier certes imparfait, mais intègre.
La facture arrive
Alors, trinquons à notre naufrage. À nos charges fiscales qui vont encore exploser, à notre immigration hors contrôle, à nos provinces qui se déchirent comme des vautours sur une carcasse.
Prenons un verre, ou dix. Parce que ce n’est pas juste un gouvernement que nous avons élu: c’est le déclin de notre propre pays que nous avons embrassé.
Ce pays n’aura finalement qu’été vendu, à crédit, par une génération ventrue, lâche et nombriliste, qui aura troqué l’avenir de ses enfants et petits-enfants pour un BBQ Napoléon sur une terrasse en composite, les deux pieds dans la piscine, les yeux rivés sur son relevé de pension.













