Une victoire facile pour Pierre Poilievre?

Pierre Poilievre durant un rassemblement partisan, le 14 juillet 2022. Photo: page Facebook officielle de Pierre Poilievre.

Jeudi le 28 juillet 2022, à 12:30

Selon notre chroniqueur politique Simon Leduc, Pierre Poilievre devrait remporter facilement la course à la chefferie du Parti conservateur pour trois raisons centrales. 


La course à la chefferie du Parti conservateur du Canada se termine le 10 septembre prochain. Pierre Poilievre est toujours le grand favori pour succéder à Erin O’Toole.  

Pierre Poilièvre devrait remporter haut la main cette course, et ce, dès le premier tour, pour trois raisons principales. 


Le rejet de l'establishment 


Jean Charest représente parfaitement la vieille classe politique. Ce dernier a une longue feuille de route tant sur la scène fédérale que provinciale: ancien ministre conservateur sous Mulroney, ancien chef du défunt Parti progressiste-conservateur et bien sûr, ancien premier ministre du Québec.  

Cependant, les nouvelles générations rejettent les politiciens de carrière. La défaite de Denis Coderre lors des élections municipales de 2021 en est un bel exemple. 

La campagne de Jean Charest ne lève pas vraiment, car la plupart des militants conservateurs ont soif de changement.  Ils veulent comme chef une personne de la nouvelle génération qui n’a pas la langue de bois et qui a un discours populiste, dans le sens positif et populaire du terme.

Pour les membres du PCC, l’ancien premier ministre du Québec veut plaire à un auditoire trop large avec son discours qui se veut rassembleur. 

Un grand nombre de militants conservateurs sont séduits par l’authenticité de Pierre Poilievre et par le fait qu’il se préoccupe des enjeux qui les touchent: par exemple, l’inflation, le coût de la vie, la fiscalité, etc.  

Depuis le début de la campagne, Jean Charest a un discours plutôt vague, terne et sans réelle substance. De plus, plusieurs électeurs du parti évoquent son passé trouble lié à des questions éthiques durant son règne au Québec. 

On le soupçonne également de ne pas vraiment adhérer aux valeurs conservatrices. Pour eux, Jean Charest n’est pas un vrai conservateur, mais un libéral. 

Ces éléments handicapent sérieusement ses chances de gagner la course.  


Le retrait de Patrick Brown 


Il y a quelques jours, les instances du parti ont expulsé le candidat Patrick Brown de la campagne à la chefferie. Ils ont évoqué des problèmes d’éthique du maire sortant de la ville de Hamilton. 

Le rejet de la candidature de Patrick Brown n’est pas une bonne nouvelle pour Jean Charest.  

Ces deux hommes politiques se définissent comme des progressistes conservateurs. Ils partagent sensiblement la même vision sur les plans économique, social et identitaire.  

Jean Charest aurait pu bénéficier de l’appui des partisans de Brown au deuxième tour. En raison du retrait forcé de son candidat, une majorité des partisans de Brown pourrait bouder les urnes.  

De ce fait, Jean Charest ne pourra pas compter sur le report du vote progressiste de Patrick Brown. En conséquence, Pierre Poilievre peut espérer l’emporter dès le premier tour.


L'appui de Stephen Harper


Le 26 juillet dernier, l’ancien premier ministre canadien a appuyé publiquement Pierre Poilievre. Pour les conservateurs fédéraux, Stephen Harper est le père fondateur du parti. C’est lui, avec l’aide de Peter Mackay, qui a uni la droite canadienne sous la bannière du Parti conservateur du Canada.  

Harper a permis au PCC de prendre le pouvoir et de le conserver pendant dix ans. Alors, aux yeux des conservateurs, Stephen Harper est la conscience de ce parti.  

Cet appui n’est pas une grande surprise, car les deux proviennent de l’aile réformiste du PCC et Poilievre a été ministre sous l’administration Harper. 

Stephen Harper demeure très populaire auprès des militants conservateurs. Le soutien de Harper risque donc de consolider l’avance dont bénéficie Pierre Poilievre sur les autres candidats.  

Pierre Poilievre devrait donc remporter facilement la course à la chefferie du Parti conservateur du Canada. Après sa victoire, il devra toutefois unifier toutes les factions du mouvement conservateur, ce qui ne sera pas aisé du tout.   

Ce sera une rude tâche pour cet homme qui est reconnu pour sa partisannerie exacerbée et son côté bagarreur. Sera-t-il en mesure de modérer son discours et tendre la main à l’aile progressiste?