«Mutilations»: Milei interdit les transitions médicales pour mineurs

Le président argentin Javier Milei quitte le Musée de l'Holocauste après avoir assisté à un événement commémorant la Journée internationale de commémoration de l'Holocauste à Buenos Aires, le 27 janvier 2025. Photo: Luis ROBAYO pour l’AFP.

Jeudi le 6 février 2025, à 11:15

Le gouvernement argentin de Javier Milei a annoncé ce mercredi 5 février l’interdiction des traitements hormonaux et des chirurgies de changement de sexe pour les mineurs. 

 

Cette décision, qui s’inscrit dans une volonté de «lutte frontale contre l’extrémisme de genre», revient sur une loi adoptée en 2012, qui permettait aux personnes transgenres, y compris aux moins de 18 ans, d’avoir recours à ces procédures médicales.

 

Le porte-parole de la présidence, Manuel Adorni, a justifié cette interdiction en mettant en avant les risques pour les jeunes.

 

«Le gouvernement a décidé de modifier la loi sur l’identité de genre et d’interdire les traitements d’hormonothérapie ainsi que les chirurgies d’adaptation du corps pour les mineurs de moins de 18 ans», a-t-il déclaré lors d’une brève allocution.

 

 

 

 

Jusqu’à présent, la loi sur l’identité de genre autorisait les traitements hormonaux et les interventions chirurgicales, y compris pour les mineurs, avec l’accord de leurs parents ou, en cas de litige, par décision judiciaire.

 

«Un risque grave pour la santé des mineurs»

 

Le gouvernement Milei dit ainsi rejoindre plusieurs pays qui ont récemment adopté des restrictions similaires.

 

«Ces interventions auxquelles sont exposés les enfants constituent un risque grave pour leur santé, tant physique que mentale, car elles interrompent leur processus de maturation. De plus, dans de nombreux cas, les effets de ces traitements et chirurgies sont irréversibles», a affirmé Adorni.

 

«Des pays pionniers en matière de changement de genre, comme le Royaume-Uni, la Suède, la Finlande et, plus récemment, les États-Unis, font marche arrière et interdisent aux mineurs d’accéder à ces procédures en raison de leur caractère irréversible et des conséquences dévastatrices à long terme.»

 

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Pour l’exécutif argentin, il s’agit avant tout de protéger les jeunes. «Cette mesure, loin de nuire à un groupe particulier, vise à garantir l’intérêt supérieur de l’enfant et à protéger l’intégrité physique et mentale des mineurs. Il est de la responsabilité de l’État national de garantir les droits de l’enfant, et cette décision s’inscrit dans cette démarche», a poursuivi Adorni.

 

«Pas la maturité nécessaire»

 

Le gouvernement qualifie «l’idéologie de genre poussée à l’extrême et appliquée aux enfants par la force ou la coercition psychologique» d’«abus infantile pur et simple».

 

«Les enfants n’ont pas la maturité cognitive nécessaire pour prendre des décisions concernant des processus irréversibles qui, dans de nombreux cas, impliquent la mutilation d’organes sains et peuvent entraîner l’infertilité, des problèmes cardiovasculaires et des conséquences catastrophiques sur la santé mentale.»

 

Fin des transferts de détenus trans

 

Buenos Aires a aussi annoncé l’interdiction des transferts de détenus en fonction de leur identité de genre autodéclarée. «Un condamné qui se trouve dans une prison pour hommes ne pourra plus demander à être transféré dans une prison pour femmes simplement parce qu’il s’identifie comme tel», a déclaré Adorni.

 

Le porte-parole a évoqué un précédent survenu en 2023 dans la province de Córdoba: «Un homme condamné pour un crime incluant des violences de genre a déclaré s’identifier comme une femme et, après son transfert dans une prison pour femmes, il a agressé sexuellement d’autres détenues.»

 

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Le gouvernement Milei inscrit cette mesure dans une série de réformes plus larges, visant à démanteler ce qu'il considère comme des «privilèges» issus de politiques progressistes récente.

 

«Ce gouvernement a été élu pour mettre fin aux privilèges et promouvoir l’égalité devant la loi. Mettre un terme à l’abus infantile encouragé par une certaine idéologie de genre et empêcher les dérives opportunistes des criminels sont des étapes fondamentales dans cette direction», conclut le communiqué.