Menacée par une sécheresse historique, la Chine a annoncé qu’elle protégera sa récolte de céréales en injectant des produits chimiques dans l’atmosphère dans l’espoir de générer des nuages et de la pluie.
Une «bataille totale» contre les températures élevées et la sécheresse est nécessaire pour sécuriser les récoltes de céréales d’automne, a martelé dimanche dernier le ministre chinois de l’Agriculture et des Affaires rurales, Tang Renjian.
Chaleur historique
C’est l’été le plus chaud et le plus sec depuis le début de l’enregistrement des précipitations et des températures, il y a 61 ans.
La sécheresse a flétri les cultures et a réduit les réservoirs d’eau de moitié.
La production d'hydroélectricité est tellement basse que les entreprises dans la province du Sichuan, incluant des producteurs de panneaux solaires et de ciment, ont dû fermer ou bien réduire leur production après avoir rationné leur approvisionnement d'électricité.
80% de l’approvisionnement énergétique du Sichuan vient de l'hydroélectricité.
Selon le journal Securities Times, les autorités ont ordonné aux immeubles de bureaux à Chengdu de couper l’air conditionné.
Des nuages artificiels
Le ministre Tang explique que les autorités «tenteront d’augmenter la pluie» en ensemençant les nuages avec des produits chimiques et en déversant sur les cultures «un agent de rétention d’eau» pour limiter au maximum l’évaporation, a indiqué le site du ministère de l’Agriculture
Dès que le thermomètre atteindra les 45 degrés Celsius, des substances chimiques connues sous le nom de «noyau glaçogène» devraient être pulvérisées pour modifier les processus microphysiques au sein du nuage.
Le but est que des gouttes de pluie soient formées pour produire des nuages.
Un moment déterminant pour la récolte
Selon Tang Renjian, les 10 prochains jours constitueront une «période clé» pour déterminer l'évolution de la récolte de riz dans le sud de la Chine.
Le ministre de l’Agriculture a affirmé que ces mesures d’urgence sont prises «pour assurer la récolte automnale de céréales».
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L’urgence est d’autant plus cruciale que la récolte automnale de céréales représente 75% du total annuel du secteur agricole en Chine.
L’ensemencement des nuages est de plus en plus déployé à l’échelle mondiale pour faire face aux effets du changement climatique.
Selon l’Organisation météorologique mondiale, en 2013, 42 pays utilisaient l’ensemencement des nuages pour la suppression de la grêle et l’augmentation des précipitations.
L’Empire du Milieu…modifié
La Chine reste championne dans ce domaine.
En 2020, le Conseil d’État chinois avait annoncé que le pays développerait un «système de modification météorologique» d’ici 2025, lequel permettrait à la pluie artificielle de couvrir plus de 5,5 millions de kilomètres carrés sur les 9,6 millions de kilomètres carrés de la Chine (58% de la surface totale).
Par exemple, selon le South China Morning Post, dans le cadre d’un système de modification du temps, la Société de sciences et technologies aérospatiales de Chine, une entreprise d’État, aurait construit des centaines de chambres dans la région montagneuse du Qinghai-Tibet pour injecter des quantités astronomiques d’iodure d’argent dans l’atmosphère.
Ce plan d’hydro-ingénierie du ciel vise à prévenir les pénuries dans le nord sec de la Chine en augmentant les précipitations de plus de 10 milliards de mètres cubes par année, soit 7% de la consommation totale d’eau en Chine.
Chasser les nuages, c’est aussi possible
La technologie est même utilisée pour créer les meilleures conditions météorologiques pour des évènements importants.
En 2008, le pays avait utilisé son système de géoingénierie pour que l’ouverture de cérémonie des Jeux olympiques de Pékin puisse bénéficier des meilleures conditions.
Selon une étude de 2021 de l’Université de Tsinghua, une vaste opération d’ensemencement de nuages avant le centenaire du Parti communiste chinois avait permis un ciel clair et une faible pollution de l’air pour l'événement.













